FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES — HOMOGÉNÉITÉ
ÎM50- Une grandeur dépend souvent de plusieurs autres; ainsi le poids d’un corps est une fonction de quatre variables, ses trois dimensions et sa densité. Outre les variables, il entre quelquefois dans la détermination d’une fonction des quantités qui restent constantes dans la question que l’on traite; aussi, pour un lieu donné, l’intensité g de la pesanteur ne varie pas, et la durée des oscillations du pendule dépend de sa longueur variable et de la constante g. Pour exprimer qu’une quantité u est «ne fonction de plusieurs variables x , y, z,..., on emploie la notation
et l’on écrit
GÉNÉRALITÉS SUS LUS FONCTIONS. 23 1
pour montrer que la fonction contient en outre des constantes ou paramètres a. , 6,7 ,....
Les fonctions mathématiques se subdivisent en algébriques et transcendantes : les premières sont celles où les seules opérations indiquées sont des additions, soustractions, multiplications, divisions, élévations à des puissances entières ou fractionnaires, mais de degrés connus; les autres sont celles qui renferment d’autres opérations indiquées sur les variables; tels sont, par exemple, les quantités exponentielles a x , les logarithmes, les lignes trigonométriques, ....
261 . On dit en général qu’une fonction f(u, b , c, . . .) est homogène par rapport aux lettres a , b , c , . . ., lorsqu’on a
/{ha, Ab, hc, ... = h"‘/{a, b, c, . . .),
où X désigne un nombre indéterminé quelconque; l’exposant m est dit le degré d’homogénéité.
Exemples. — La fonction ~,-h- -g, est homogène et de degré — 2 , car on a
De même, la fonction
3 a — |— \Jab 2 a —J— 5 c
est homogène et de degré
car on a
3 { ha ) -t- yx« . hb Z a \J ab 3 a -t- \jab
2 ha -t- 5 hc 2 a -i- 5 b 2 a 5 b
Dans' le cas d'un polynôme entier, tous les termes doivent avoir même degré, et l’on retrouve la définition du n° 29.
Théorème. — Lorsqu'on traite par l'algcbrc une question quelconque de géométrie en laissant indéterminée l'unité de longueur.
toutes les relations telles que fi(a , b, c , . . .) = o, auxquelles on parvient entre les nombres a , b, c, . . qui mesurent les diverses lignes A, B, C,... de la figure, ont leur premier membre fi [a, b, c, . . .) homogène.
En effet, les raisonnements et les calculs qui ont conduit à la relation
sont indépendants de l’unité de longueur adoptée ; si donc on avait choisi la ligne A pour unité de longueur, on eût trouvé entre les nombres i, b', d , . . . qui auraient mesuré les diverses lignes de la ligure, la relation de même forme
( 2 ) /(i, b', c', . . .) = o; or on a
puisque le rapport des nombres qui mesurent deux grandeurs est indépendant de l’unité choisie. L’équation ( 2 ) devient donc
et comme cette nouvelle relation est homogène et de degré zéro, l'équation ( 1 ) qu’on obtient en multipliant ( 3) par la plus haute puissance a’" de a qui entre au dénominateur, est homogène et de degré m.
262. La démonstration ne suppose pas que la fonction fi(a , b, c ,. . .) soit algébrique. Elle indique, en outre, le moyen de rétablir l’homogénéité dans une équation qui provient d’un problème où l’on a pris pour unité l’une des lignes de la figure. Il faut, en désignant l’unité pari, diviser par i chaque lettre qui représente une ligne, puis chasser les dénominateurs. Ajoutons que les lettres qui désignent des surfaces ou des volumes doivent, conformément aux règles de la géométrie, être traitées comme des produits de deux ou de trois lignes; enfin les lettres qui repre-
GÉNÉRALITÉS SUR LES FONCTIONS
sentent des angles ou des fonctions circulaires n’exprimant que des rapports de deux lignes, sont des facteurs du degré zéro, et l’on doit en faire abstraction dans l’application du théorème précédent.
Ainsi entendu , le principe de l’homogénéité. offre un moyen très-précieux de vérification. Dans toute recherche géométrique où l’unité est restée indéterminée, si l’on rencontre dans le cours du calcul une équation non homogène, il faut s’arrêter et conconclure que les raisonnements ou les calculs sont fautifs.
Ce principe fournit même les démonstrations les plus simples et les plus directes de certaines propositions fondamentales de la géométrie et de la mécanique ( voir la Note II de la Géométrie de Legendre, et le n° 26 de la Mécanique de Poisson, 2 e édition). Nous ne citerons qu’un exemple :
La surface d’un triangle est évidemment une fonction de ses côtés a, b, c et de ses angles A, B, C; d’ailleurs cette fonction ç(a, b , c, A, B, C) étant homogène et du second degré, on doit avoir
<f ( ka , kb , kc , A , B, C) = k* y [a , b , c , A, B, C).
Or le premier membre représente la surfaee de tous les triangles semblables au triangle proposé, puisque les angles sont les mêmes, et que les côtés sont proportionnels ; la relation précédente ex prime donc que les aires de deux, triangles semblables ont un rapport égal à c’est-à-dire au rapport des carn'-s de deux côtés homologues quelconques.
EXERCICES
I. Soit V une fonction homogène et du second degré de n quantités a , , a, , . . . , a„ ; démontrer qu’on a
V,, V, ,. .., V„ étant des fonctions linéaires qui renferment respectivement n , n — 1,. . . , 1 quantités.
II. Trouver sur une courbe donnée un point M tel , que le tri-