Premier cas. Le deuxième membre est un polynôme
— Si on a une équation à coefficients constants, de la forme :
où le deuxième membre est un polynôme P(-^') de degré /^, il existe une solution particulière u de cette équation, qui est un polynôme en x de degré égal ou supérieur à p.
En effet, supposons d'abord <?,, diilerent de zéro : si on substitue, dans l'équation, un polynôme u de degré />, à coefficients indéterminés
on voit que le premier membre devient un polynôme de degré/? : on identifie ce polynôme avec P(.^), en déterminant convenablement \,\,....\,.
Si rt„ est nul, â'„i étant différent de zéro, c'est un polynôme de degré p-\-i qu'il faut essayer ; et ainsi de suite.
KQUArioss i.i.m: AI Hi:s avkc deimeme membre Gr> Exemple I. — Soil réquatioii :
(il-
i/=y--hi.
Le deuxième membre étant un polynôme Je degré 2, essayons de vérifier l'équation par un polynôme
Ecrivant que l'on a identiquement :
dx on a
2\ - {ly + \x + 12 = ^'^ + 1 ,
ce qui exige
On a donc la solution particulière
Faisant alors
on est ramené à l'équation, sans deuxième membre,
(Lv qui a pour intégrale générale
Donc la proposée a pour intégrale générale
Exemple II. — Soit l'équation
dx' "^ dv ' '
On voit qu'en substituant, clans le premier membre, un polynôme du quatrième degré, le résultat serait du troisième degré seulement : substituons alors un polynôme du cinquième degré
on écrivant que ce polynôme vérifie identiquement la relation
a^u du
on a
d'où
Le coefficient A^ peut être pris arbitrairement ; comme, pour le moment, il s'agit seulement de trouver une solution de l'équaiion, nous prendrons
Nous avons ainsi la solution
o Faisant alors
on a, pour déterminer Y, l'écjuation sans deuxième membre,
cU' "^ d.v ^
Faisant Y -^^&'^, on a à résoudre récjuation
dont les racines sont
KQli rioys LISEAIRES AVEC DECXIÈME M E M li H E C, 1;
On en conclut les trois solutions
et riiit<'<4^rale générale
ou
Y= Cj + Acos.r-|-Bsin.r.
L'équation donnée en y a donc pour intégrale générale
y = C, -h A cos.r -f- B sin.r -| ^— .r^ — 4.r' -j- 24 x.
Remarquk. — On pourrait aussi, dans l'équation que nous venons de traiter,
d'y , du ,
dx' "^ iiv ~ ' prendre pour inconnue
du ..
dx ~~^' on aurait alors ii intégrer l'équation du deuxième ordre
Une fois r trouvé, on en conclut y par une quadrature
y =f'dA\
393. Deuxième cas. — Le second membre est une exponentielle Ae'^^, où A et a sont des constantes. Dans ce cas, l'équation est de la forme
(19) ?(y) = Ae-.
En général, on pourra obtenir une solution de la forme
X étant une constante à déterminer.
En effet, écrivant que u vérifie l'équation, on a :
(20) Âcp((?«^) = Ae«^
Mais, nous avons posé, quel que soit /*,
on a donc, en remplaçant /• par «,
et la condition (20) donne
On a donc ainsi la solution
Cas cV exception. — Le calcul précédent serait en, défaut, si a était une racine du polynôme (]/(/•), car, dans ce cas, cp(Ae"^) serait nul, quel que soit ).. Voici comment on obtient alors une solution :
Si a est racine simple de 4'(/), l'équation admet une solution de la forme l^re'^^ ;
Si a est racine double de tj>(/), l'équation, avec deuxième membre admet une solution de la forme )a-^e"^ ;
Et si a est racine d'ordre y;, l'équation avec deuxième membre admet une solution de la forme ')a-''e"^ .
C'est ce qu'on voit immédiatement en se servant des identités établies plus haut (N*' 388)
cp(e-)==:e -,!.(/•),
, 'f(.rO=^^ni^^M+^-+W]'
V ) ^ '^(xV^)=:e-[fX/-)4-2:r1.'(r)+^^+(/-)],
K Q UA fin \ s L 1 V / \IRES AVEC D F I .\ I /. M E M E M li H E 639
Supposons que a soit racine simple de ^ /'j ; alors '}(fl) = 0, •V (rt) étant diilerent de zéro. On a donc, en essayant de vérifier l'équation par
ou
Mais, d'après la deuxième des identités, On a donc
f (.) ' on obtient ainsi la solution
Si a est racine double de 'l (/) on a,
essayant la solution
on a
A(p(.rV^) = Ae'^', d'où, d'après la troisième des identités (21),
on obtient ainsi la solution
Et ainsi de suite.
64o COURS D'ANALYSE
En général, si a est racine d'ordre p de '}(/), l'équation sans deuxième membre admet les p intégrales e"^, xe^^, ...,a:''~* e"^, et l'équation, avec le deuxième membre Ae'^, admet l'intégrale
Exemple I. — Soit l'équation
le polynôme '^ (/•) est ici :
ses racines sont 1 et 2. La deuxième membre contient l'exponentielle e^^ ; comme 3 n'est pas racine de <l/('), l'équation admet une solution de la forme :
en substituant, on trouve, après réduction,
On a donc la solution
Faisant alors on est ramené à Téquation sans deuxième membre
dont l'intégrale générale est
L'intégrale générale de la proposée est donc
i:qvAi 10 y s 1. 1 y /■: aihe s a v e c de uxi k m e m e m n u i: c» i i Exemple II. — Soit réquation ;
où le jn('mi< r incmbie est le même ([ue clans l'exemple ï. Le deuxiènie nicinhic est e^ et le coenicient 1 de .r est racine simple de K/). L'équation admet donc une solution de la forme
ti=\.ve^.
(^'est ce qu'on vérifiera directement : la valeur de A est
L'intégrale générale de l'équation (22^ est alors ij ^= C^e' -j- C.,e-' — j'e^.
394. Cas général où le deuxième membre est un polynôme P (.r y suivi d'une somme d'exponentielles . -r- Soit maintenant une équation de la lorme
( 23) 'f » = P U) -h Ae''^ H- Be'' + . . . H- Le'^
Pour trouver une solution particulière n de cette équation, on détermine d'abord des l'onctions //,, //^ , /'a, •••, ''^o vérifiant les
relations
'^{n,j=.Ae'^%
On sait trouver ces ronctions, d'après les deux cas précédents : //, est un polynôme, ii.,,ti^, .... ii^, des exponentielles multipliées ou non par des puissances de .r suivant que a, b, ..,/ sont ou non des racines de 'h (r).
Une fois //,, //^ ..., u^, trouvées, l'équation proposée (23; admet
la solution
?/ = //^ + //.^+... + Uj,.
APPELL. Analyse. ^*
Oïl a, en effet (N*» 381),
ou
o [u) = P (.r) + Ke"' -\-^e^^-\-...-\- Le'\
Ayant trouvé u, on pose
et on est ramené h l'équation sans deuxième membre
cp(Y) = 0.
Exemple. — Soit l'équation
(24) i|.+y=2.r + cos.r.