‹ Élements d'analyse mathématique à l'usage des ingénieurs et des physiciens, cours professé à l'École centrale des arts et manufacturesChapitre 67 sur 231 · CALCUL DE CERTAINES INTÉGRALES · texte numérisé non relu

CALCUL DE CERTAINES INTÉGRALES

On peut exprimer les coordonnées d'un point M de la courbe en fonction d'un paramètre it en posant

r = a cos it, t/= bs'in n.

Pour // = 0, on a le sommet A; et, pour //=-—-, le sommet B. Calculons l'arc AM = s. On a

ds = \/d.v--^(hf = si a' sm' H -ir h' cos' H du.

Remplaçons sin^ 11 par 1 — cos ^//, a- — b^ par c* et désignons par c Ve.rccntricité de l'ellipse

a Nous pourrons écrire

ds = a Vi — e^cos" u du , s = a \ V^ 1 — é' COS" u du.

L'intégrale ainsi obtenue ne peut pas être calculée sous forme finie à l'aide des fonctions élémentaires algébriques, exponentielles et logarithmiques^ circulaires directes ou inverses. C'est un cas particulier des intégrales elliptiques. On la calculera par les méthodes d'approximation que nous donnerons plus tard; on pourrait aussi la calculer en la développant en série procédant suivant les puissances de e-.

Faisons le calcul pour le quadrant d'ellipse AB ; il faudra

intégrer de Oh -y . On a donc, en appelant / le périmètre de Tellipse.

—-== a j Vi — e' cos^u du .

Comme e^ cos^ u est moindre que 1 , on peut développer

Vl — e^cos'u par la formule du binôme

(1 — e^ cos* u)^ =i — Tj-f^^ cos-^ u

igo COURS D'ASALYSE

Kn multipliant par a du et intégrant terme à terme de 0 à-^, on

aura une série donnant -j- 1. Pour avoir le terme général de cette

série, il faut calculer l'intégrale

Kcrivons-la

/ cos*"~'//r/ (sin //),

et intégrons par parties; nous aurons

W (/i) = (cos* "-* //. sin u) ^ -- (r--- "-'

(2/1 — 1) r ' cos*"-'/^ sin^ // du.

La partie intégrée s'annule aux limites; l'intégrale du second membre peut s'écrire

r * cos' ""' // (1 — cos^ //) du

c'est-îi-dire

Donc on a

En donnant l\n successivement les valeurs 1, 2, ..., w, on a ainsi les relations

V(l)=iv(0),

CALCl'L DE CEHTAiy I s l .\ i l- (, i: a 1. 1. s 191

d'où, «Il imiltij)liant membre à membre,

traillciirs

Le coeflTicient de e'" clans la série donnant -,- est donc

ou. (riiprrs la valoiii- de ^r(/î),

On a donc enfin pour -y la série

Calculons le rayon R d'une circonférence de même longueur que Tellipse.

il vient, en remplaçant / par sa valeur, et calculant les coefficients numériques

On peut obtenir des valeurs approchées de R en fonction desdeux axes a et b de la façon suivante.

iga

COURS D'ASALYSE

Une première valeur de R, approchée par défaut, est -^(rtH-^).

En effet,

développant par la formule du binôme, on a

On en conclut la valeur suivante de — ^ — que nous écrivons

en réduisant les coefficients numériques aux mêmes dénominateurs que dans le développement de R :

On voit que — ^ — est une valeur approchée de R par défaut,

et que la différence R ^ — est de l'ordre de e\

Une deuxième valeur de R, approchée également par défaut,

mais un peu moins, est v/ri/>. Kn effet h étant égal h a^i — e', on a

V/^l = a (1 — >)^= a \\ — ^e'— -^ c*— 4^e« ^ ' L 4 (>4 25b

Kn combinant ces deux formules donnant -. — et \ ah, on

4>btient, d'après M. Boussinesq, une valeur de R approchée par excès. On a en eflel

16:384 < xpression qui ne diffère de R que par le terme en e*.

CALCUL DE CERTAINES I .\ T i:(; RALES 19^

On tJ*ou\'cra des renseignements détaillés sur cette question de la rectificalioiî do l'ellipse dans un article intitulé Essai teclinique sur la rec/i //(■(/ //on rie l'ellipse j par M. Williot [Annales des Ponts etChanssrrs. jniUrl 1S96).

117. Intégrale elliptique H(^). — Nous avons trouvé dans le juiinéio pKncvlent ([ue l'arc d'ellipse AM est donne par

s=a 1 vi — e^ cos- u du .

Donc l'arc BM, compté à partir du sommet du petit axe, est

arc BM =a \ V i — e' cos" u du.

Fn faisant u = -^y — cp, dit = — d-^^ et remarquant que les limites de ^ sont cp et 0, on a, après avoir interverti les limites,

arc BM = a j v 1 — e- sin'" 'j do.

On pose, habituellement,

E('f , k) = CWi — kWin'o d'^,

A étant un nombre positif plus petit que 1. Avec cette notation

arc BM =flE(^, e).

L'intégrale E('^, k) est une intégrale elliptique qui a été étudiée par Legendre et appelée par lui intégrale elliptique de seconde espèce. Sa valeur dépend des deux nombres ^ et k. Comme k est moindre que i, on peut poser

A==sine.

On appelle cp l'amplitude. A* le module, H l'angle du module. On trouvera (hins les tables de Ilouël (p. 58) les valeurs de APPELL. Analyse. i3

E(tp, X) cl de logE('f , k) pour les valeurs successives des angles cp et 0 exprimées en parties du quadrant, de dixième en dixième de quadrant.

Ces tables pourront donc servir h la rectification de l'ellipse.

118. Autre exemple d* intégrale elliptique. Pendule simple. Intégrale elliptique de première espèce. — Imaginons un pendule simple de longueur 0M = / oscillant dans le vide entre les

deux positions extrêmes OA et OB, symétri(|ucs par rapport à la verticale OM^, et Taisant avec la verticale l'angle a. Soit A l'angle rOM que fait le pendule avec la verticale ii l'instant /. On démontre, en mécanique rationnelle, que l'on a

;- = ±:v2;cos y. —

a (Il ^

cos a .

nous aurons

Remplaçons cos X et cos a par 1 — 2 sin- -^j- et 1 — 2sin-~

\/ sur Ty sin*-;y-

où nous prenons le signe -f- en supposant que le pendule monte. Kn intégrant et c<»mptant le temps Ix partir de l'instant où le mobile est en .M„, on a

I y/sin'A^sin.^

CALCUL DE CE HT AI si: s I \ I r.GRALES igS

C'est encore là uih' ind i^iale ellij)li(|iit'. Illle se ramt'iir lacileinciil il la Idiiiif <|iie Legeiidre a iioiuiikm' inlri^rnlc de [/icmière cspcLC. Faisons iiii chanprenient de vaiiable en posant

sin-^

■ — ^ = sin=,

cp désignant une nouvelle variable qui part de zéro avec A et qui devient égale à~ pour ). = a. En posant, pour abréger,

sin — = A*, on a

sin-7T- = A- sin cp, -— - = arc sin(Asin »),

A Acoscp^/'v / ^ \

^^•^—777 /./ • '. -> V sin-—- — sin^-:^ = /:cos'^.

-^ Vl — A- sur 'j y 1 1

V / Jo \/l/,^ singes

C'est là l'intégrale elliptique de première espèce, désigné( par Legendrc par la notation

La quantité k est le module, '^ l'amplitude. On trouve dans les tables de IIouôl (p. 58) les valeurs de cette intégrale : dans ces tables on a posé

A* = sin 9,

et on a calculé les valeurs de F(:p, A) et de son logarithme pour les valeurs des deux angles cp et 8 de dixième en dixième de quadrant. Dans le mouvement du pendule simple, H est égal à la

moitié de l'angle d'écart maximum, 0= — - .

119. Durée d'une oscillation du pendule. Développement en série suivant les puissances du sinus du demi-angle d'écart maximum. — Nous avt)ns trouvé plus haut l'expression du temps / que met le pendule à s'écarter de la verticale d'un angle X. Pour avoir la durée T d'une oscillation simple, il suffit

de doubler le temps que met / à acquérir la valeur ~ .

On a donc

Cette intégrale F (-y>^*) est ce que Legendre appelle inte-

i^rale complète de première espèce. On la désigne ordinairement par K.

Jo VI — A-sin-^'^

On a, avec celte notation,

T = 2 Kv/-^.

Pour calculer K, nous allons le développer en une série procédant suivant les puissances de A ==sin-;r- , comme nous avons

fait pour développer la longueur d'une ellipse en série procédant suivant les puissances de rexcentricité.

Ecrivons

K= p(l — A'^sin^'f)"Trf^,

et développons, par la l'ormulc du binôme, la quantité sous le signe d'intégration

é^ lAXi In

Nous aurons ii calculer les intégrales

V(/i)=jp"sin«"^f/^.

APPLICATIOy AlA FORMES INDÉTERMINÉES 197

Or. on laisanl -^ = -^^ //, r/'^ = — du, r\ o\\ remarquant que, '^

variant de 0 à-^ , ti varie de -^ îi 0, on a, après \\\u\v changé le signe et interverti les limites,

W 'n^= I * cos""// (lu.

Jo

Cette intégrale est celle que nous avons calculée au n° 1 16.

^ ' 1 l.-iA) In

Donc enfui

Vil. — APPLICATION DES DÉVELOPPEûIENTS EN SÉRIES DE PUISSANCES A L'ÉTUDE DES FORMES INDÉTERMINÉES

120. Formes indéterminées. — Les principaux types de formes indéterminées sont

-J, f-, OXx, 0% X», r, x-x.

Forme — p . — Soient f{x) et cp (x) deux fonctions de x qui s'annulent toutes deux pour x = fl. Le rapport

n*a aucun sens pour x=a; mais il peut arriver que ce rapport tende vers une limite quand x tend vers a ; on dit alors que cette limite est la valeur du rapport pour x=a.

1^8 coins D'ANALYSE

On démontre, dans les éléments de Talgèbre, que si le rapport des dérivées

aune limite pour x = rt, le rapport

a également une limite et que ces limites sont les mêmes. Dans un grand nombre de cas, on peut employer les développements en série de la façon suivante. Si Ton pose

le problème est de voir si le rapport

tend vers une limite quand .r' tend vers zéro et de trouver cette limite si elle existe. Si les deux fonctions sont développablcs par la formule de Taylor, on les développera suivant les puissances de x'; on pourra supprimer une certaine puissance de .r', comme facteur commun au numérateur et au dénominateur, et on verra immédiatement s'il existe une limite. Par exemple, prenons le rapport

r — sin .;•

log(l-4-J-)— ^4--^

pour ^' = 0. Ce rapport prend la forme — . Développons les deux termes suivant les puissances de r. On a

sin .r

log (1 -h .r=.r — -^ 4- -TT — -T- -+-.

APPLICATIOTs Al \ lOllMES I .\ D 1! I E lOI I S É K S 199

Le r;n)|)()i'l cofisitléré est donc

Divisant haut et bas par .r' et faisant tendre x vers zéro, on troiivr (Mnnme limite -^ .

Comme deuxième exemple, prenons

pour .r :^=0. C^e rapport prend alors la forme -— , car, v tendant

vers zéro, (1 -|-.r)~ tend vers e. On peut encore développer le

numérateur suivant les puissances croissantes de x. Il suffit de

i;n([uer (juc l'on a identiquement

icm;

^ — log^l+x)

car les deux membres ont même logarithme népérien. Remplaçant log(l H- i) par son développement en série, on a

en posant

Si, dans la série

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