DIFFÉRE.NTIATION SOIS LE SIGNE
avonsrdcsigiire par A. Nous avons trou\é, dans ce numéro.
e-^-«^sina7 dx
On a donc
Connaissant la dérivée de I par rapport à A, nous aurons I en prenant les fonctions primitives des deux meml)res regardés comme fonctions de À,
(4) I =— arc langA -h C,
C désignant une constante indépendante de A.
Il reste à déterminer celte constante. Pour cela, remarquonc i{ue l'intégrale I, définie par la relation (3), s'annule quand À augmente indéfiniment, car le facteur e~^'^ tend vers zéro. La nouvelle expression (4) de cette même intégrale doit également
s'annuler, pour }. z= oo. Comme arc tang:>^ =1= -, on doit donc
avoir
ce qui donne définitivement,
I = - — arc tanirÀ.
L'intégrale l est ainsi calculée en fonction de X.
Casparticulier. Faisons tendre a vers zéro. Le facteur e-^-^ tend vers i : on peut démontrer rigoureusement que l'intégrale ï
tend vers / dx\ d'autre part, arctano), tend vers zéro, on a
donc
dx — - X -1
Nous avons étudié cette intégrale délinie, dans le iV" 138, poui montrer qu'elle a un sens; mais jusqu'ici nous n'avions pas donné sa valeur numérique.
281. Exemple d'un cas où la règle ne peut s'appliquer. — Comme iiôus Favoiis dit, la règle exi<^e que l'iiitéi;rale
ait un sens. Si celle intégrale n'a pas de sens, cela ne veut pas dire que Tinté" raie
■ï = / /(a?, À) dx
n"a pas de dérivée, mais seulement que cette dérivée n'est plus fournie par la règle simple que nous avons donnée. Prenons, par exemple, l'intégrale
r^ sin À
- dx.
En prenant la dérivée par rap[)ort à A sous le signe / > on est
(Conduit à l'intégrale
qui lia pas de sens. C'est ce qu'on verrait, en construisant la courbe sinusoïdale
y = COSÀX,
qui se compose d'ondes toutes égales entre elles, et en remarquant que Taire de cette courbe, de o à oc, n'a j)as de valeur déterminée (voir n^' 135).
On ne peut donr pas, acluellemenl, ealculer la dérivée — ])ar
la règle de la diflférentiation sous le signe / • Mais cela ne \eul pas dire que cette dérivée n'existe pas. jNous allons voir, en effet, que cette dérivée est nulle.
Supposons, pour fixer les idées, À ^ o, et faisons, dans J, le changement de variable
À V = Il ^ À dx =^ du ; les nouvelles limites, pour w, sont encore o et -}- x ; on a donc
DIFFÉRENTIATION SOUS LE SIGNE f. 44^
expression uid(' pendante de K. Doiu , (juaiid a varie crime manier coiiliiiue par valeurs positives, ,) i-estc; eonstant et Fou a
On arrive à un résultat analogue pour A < o. On fera alors
, dit
AX ~ — K, dx — ^
(Juand X varie de o à + oo, u varie aussi de o à + ^c et Ton a
J =: / du ,
expression indépendante de A.
Il se [)résente iei une cireonstanec; eurieuse, sur laquelle il est bon <ralLirer l'attention. L'intégrale
/ dx ou / du
est. d'après le numéro [)récédent, égale à - • L'inlégrale
dé|)cnd de A de telle sorte que :
A ayanl une vAievw positive quelconque^ J = -;
A avant une \aleur négati^^e quelconque^ .1 = — -; A a\anl une valeur nulle ^ J rz= o.
Ce dernier point est évident, ear, pour A = o, tous les éléments de l'intégrale sont nuls.
^8^2. Différentiation d'une intégrale définie par rapport à un paramètre qui figure sous le signe / et dans les limites. — Considérons une intégrale définie
/ /ly^, >^
) dx,
444 CIIAPITRK XIV.
OÙ A est un paramùtie Indépendant de x. Nous avons supposé, dans ce qui précède, que les limites a ei b étaient indépendantes de X. Supposons maintenant que a et b soient des fonctions de A et proposons-nous de calculer la dérivée de I par rapport à A.
Appelons cp(:r, A) une fonction primitive de/(.'r, A) par rapport à X, c'est-à-dire une fonction telle que
Par définition, l'intégrale délinie 1 a pour valeur
on voit qu'elle dépend de A directement et par l'intermédiaire de a et ^, qui sont supposés fonctions de A. On a donc, d'après la règle de dérivation des fonctions composées,
dï d\ da d\ db d\ dk ôa dk ' db dk âk
Calculons successivement ces trois termes. La dérivée partielle
de !, par rapport a ci-, -r-y est égale a '— , c esl-a-dire,
d'après l'identité (5), à — /(«, A); la dérivée partielle de T, par rapport a />, -j, est ' . — -) c est-a-dire, d après 1 identité (.)), /'(6, a); enfin, la dérivée partielle de I, par rapport à la lettre a, qui ligure explicitement dans l'expression (6), — ^ c'est la dérivée de l'intégrale I, par rapport à A, quand on regarde les limites a et b comme des constantes; cette dérivée, -— » est donnée par la
règle de dérivatiini sous le signe /
d\ r''àf(.r. X)
dx.
dX . / dk
En définitive, on a la formule suivante :
d\ ^, . da ... .^dh C àf(x,k).
INTÉGRATION DES DIFFÉRENTIELLES TOTALES. 4 i^
II. - INTEGRATION DES DIFFERENTIELLES TOTALES. 283. Différentielles totales à deux variables. — Soit
une fonction de deiuc variables indépendantes x el y : nous avons appelé diffi'ri'iitielle totale de a l'expression
du , du ,
du = — - d.i- H- -— av. ax ày
T>. • du du 1 f •
Dans cette expression, — - et — - sont des lonctions connues ^ ^ ôx ôy
de ^ et r; ce sont les dérivées partielles de z/, par rapport à x
et à y.
Problème inverse. — • In\ersement, étant donnée une expression de la forme
( 7 ) /(.r, y) dx^c(x, y)dy,
on peut se demander s'il existe une fonction «, de x et j', admettant cette expression pour différentielle totale, c'est-à-dire s'il existe une fonction a telle que l'on ait identicpu^menl
du=f{x,y)dx-^z{x,y)dy.
Cette question peut aussi être posée sous une autre forme :
comme
c)u du
du = — dx -h — dy.
ox ^y
la question revient à demander s'il existe une fonction ^/, de x
et r, telle que
du ., , du ,
;:;=/(•'■•. r), jp = 9(-^-r)-
Lorsque la fonction a existe, on dit que l'expression (-) est une différentielle totale exacte. La fonction a est V intégrale de cette différentielle totale.
Nous allons montrer que, les fonctions / et cp étant quelconques, l'expression (-) n'est pas, en général, une différentielle totale
exacte : pour qu'elle en soit une, il faut et il suffit que les fonctions y et cp remplissent une c^ondition (Jonnée par le théorème suivant :
Théorèmi':. — Pour que V expression
f{x,y)dx-^-o{x,y)dy
soit une différentielle totale exacte, il faut et il suffit que l'on ait identiquement
df Oo dy ox
i*^ La condition est nécessaire. — En elTel, supposons qu'il existe une fonction m, de x et y, telle que
du = f{x, y)dx-h^{ X, y ) dy
ou, ce qui revient au même, telle ([ue ()u du
En dérivant la première de ces relations par rapport à x^ la <leuxième par rapport à )', on a
(f^u âf <Pu âo
Ox Oy Oy Oy ôx dx
d^ u d-^ u et comme = —, on a
d,t: dy dy ox
dy dx
i"" La condition est suffisante. — Soient deux fondions f(x.y) et 's(x,j-), Nérifiant cette condition (8j; nous allons montrer qu'il existe une fonction u, admettant
f(x,y)dx-^'^(x,y)dy
pour dillerentielle totale, c'est-à-dira vérifiant les deux relations
(9) dx=-^'-''^^^^^ .>^=?^'^'^)'
et déterminer cette fonction.
INTÉGRATION DKS DIFl'ÉRIiNTIELLES TOTALES. 44/
Pour cela, clierclioiis d'abord la fonction w, de a: el y, la plus i^énérale, vériiiant seulement la première des conditions (9)
au j,, .
Gomme, dans la dérisation par rapport à x. y est traité comme une constante, la fonction la plus générale //, vérifiant cette dernière condition, est une fonction primitive de/(^,j^), par rap- ])ort îix. augmentée d'une constante arl)itraire indépendante de x. i )n a donc
où la constante arbitraire indépendante de x est une fonction quelconque de y que nous désignons par ^'{y)- i^a limite inférieure x\ de l'intégrale, est un nombre quelconque que, dans chaque cas particulier, on clioisira de façon à simplifier les calculs.
La fonction «, ainsi calculée, est la fonction la plus générale ^érifiant la relation
Nous allons maintenant déterminer g'{y)^ de façon que cette fonction a vérifie aussi la relation
du
ây • ^ ■ - ^
Pour calculei^ la dérivée de la fonction (10) par rapport iiy,
remarquons que, sous le signe / ? la lettre y figure comme un
paramètre indépendant de x et ([ue les limites Xq et x sont indépendantes dey, on peut donc appliquer la règle de la dérivation
sous le signe / et Ton a
(hi __ r^' df(x, y) ^ ^/^f.r) ()y J dy ' dy
On doit donc avoir
r'' ô/{.T, y) df^{x, y) ^ ^
/ -" -^dx-\- ' \' -^ ' =z<o(x,y).
448 CHAPITRK XIV.
Remplaçons -^ par la quaulité identique, par hypothèse, y-- La relation devient
Mais l'intégrale indéfinie de ^ ' clx est o[x. y): l'intégrale définie, entre les limites Xq et x, est donc
et l'équation à vérifier devient
ou. en réduisant.
En intégrant par rapport à y, nous aurons g'{y) :
,iy) =/;'
où C est une constante, ne dépendant plus ni de x, ni de j^; la limite inférieure j^^, est un nombre cjuelconque. Remplaçant g{y) par cette détermination dans l'exj^ression (lo), on a enfin
(il) a= f{x, y)dx-\- l o{x^,, y) dy -\- C.
Dans cette formule, la première intégration est faite, en regardant jk comme constant.
JjC problème est ainsi résolu : en supposant remplie la condition
ôy Ox
nous venons de trouver l'expression générale des fonctions «. ayant pour différentielle totale fdx-\-ody] cette expression contient une constante arbitraire C.