I. — L'ELEMENT DIFFERENTIEL DEVIENT INFINI
127. L'élément différentiel devient infini pour l'une des limites. Quand on a défini l'intégrale
) dx,
on a supposé que la fonction f{x) restait finie, pour toutes les valeurs de x comprise entre a et b ou égales à a ou à ^. L'intégrale représente alors l'aire du segment de la courbe
entre les ordonnées d'abscisses a el b.
Supposons que /(^) reste finie pour x ^= a et pour x compris entre a et b^ mais devienne infinie pour x =^ b. Pour fixer les idées, nous admettrons que la limite supérieure b est plus grande que a, et que/(:r) devienne infinie en conservant un signe constant^ le signe -f- par exemple. La courbe
a alors pour asymptote la droite BB' d'abscisse 6, comme le montre la figure ()3. Nous supposons que l'ordonnée AA' a pour abscisse a. Pour voir si l'on peut attribuer un sens à l'intégrale I, on procède comme il suit. Au lieu d'intégrer àe a k b^ on intègre de a à un nombre plus petit que Z>, mais très voisin de b, c'est-à-dire de a
INTEGRALES DEFINIES. 219
à ^ ^ c^ £ étant un nombre positif irès petit. On a alors l'intégrale
J = / f{x)dx,
qui a un sens parfaitement défini ; si M' M est l'ordonnée ayant pour abscisse b — £, cette intégrale mesure l'aire du segment AA'M'M.
Fig. 63.
On fait ensuite tendre z vers zéro, c'est-à-dire tendre le point M vers le point B.
()iiand £ est très petit, l'ordonnée
est très grande, et, quand s tend vers zéro, l'intégrale J, c'est-à-dire l'aire AA'M'M, va évidemment en augmentant. Deux cas peuvent alors se présenter :
' 1*^ Quand z tend vers zéro, l'intégrale J tend vers une limite : cette limite est, par définition^ ce qu'on appelle la valeur de V intégrale
f'fi^
) dx.
Dans ce cas. Taire co-mprise entre l'ordonnée AA', la courbe et l'asymptote BB' est finie.
2*^ ( )uand £ tend vers zéro, l'intésrale J auamente indéfiniment.
On dit alors qu(î l'intégrale
( X ) dx
est infinie. I.'aire comprise entre la courbe, l'ordonnée AA et l'asymptote est infinie.
220 CHAPITRK IX.
Exemples. — Soit d'abord
y/6 — X voyons si l'intégrale
r' dx
est finie ou non. Pour cela, calculons d'abord
v/6 — X positif et très petit. L'intégrale indéfinie étant
— 2 y/6 — x^ on a
Quand £ tend vers zéro, J tend vers i ^ b — a. L'intégrale proposée a donc un sens et Ton a
r'^ = ,,/îz:77.
./„ y/6 — X Soit maintenant
{b-xY INous allons voir que l'intégrale
r^ dx est infinie. En efTet, calculons d'abord
1 (b-.rf-
L'intéerale indéfinie étant ; , on a
e 6 — a expression qui devient infinie quand i tend vers zéro.
r^' dx
128. Cas particulier où l'intégrale est de la forme / -^— — — •
— Soit n un nombre positif, entier ou fractionnaire ; considérons rintégrale définie
dont Félément différentiel devient infini pour x =^b. Nous allons montrer que celte intégrale est finie quand az < i, infinie quand n>i.
En effet, supposons d'abord n différent de i, et calculons l'intégrale .
j f'-' dx "J,, {b-x)-'
où £ est positif et très petit. L'élément différentiel pouvant s'écrire
l'intégrale indéfinie est
(b — xy-'i
I — n et l'intégrale définie
Si n < I, I — n est positif, s est élevé à une puissance positive, et, quand z tend vers zéro, J tend vers la limité
ib~ay-'^ J — n
L'intégrale proposée est alors égale à cette limite.
Si /z ,>- 1 , I — n est négatif, z est élevé à une puissance négative-, et, quand z tend vers zéro, J augmente indéfiniment. L'intégrale proposée est alors infinie.
Nous avons réservé le cas de /z = i . On a alors
car l'intégrale indéfinie est — L [b — x). Quand z tend vers zéro, J augmente indéfiniment ; l'intégrale proposée est donc infinie pour n =z \.
l!29. Intégrales comparables aux précédentes. — Soit une inté Taie
f f{^)doc,
où f{oc) est finie quand x est égal à a ou compris enlre a et h, mais augmente indéfiniment par valeurs positives quand x tend vers b.
Considérons le produit
OÙ n est un nombre positif . Quand :i? tend vers 6, ce produitprend la forme o x oo. Supposons que l'on puisse déterminer l'exposant /? de telle façon que le produit
{b—x)nf{x)
tende vers une limite / quand x tend vers b. Alors, on peut énoncer la règle suivante : 1° Si, pour une certaine valeur de ii moindre que i, le produit
(^b-xYf{x)
a une limite /, l'intégrale proposée esijinie;
2^ Si, pour une certaine valeur de 7i supérieure ou égale à i , le produit
{h-X)nf{x) ■
a une limite / différente de zéro, l'intégrale proposée est infinie.
Premier cas. — Supposons d'abord qu'il existe un nombre n ndre que i, tel que le produit
moi
{b-xYf{x)
tende vers une limite /, limite qui peut d'ailleurs être nulle, quand X tend vers b. Dans ces conditions, il est évident que ce produit est très voisin de / quand x est très voisin de b. Partageons alors l'intervalle d'intégration (a, b) en deux parties, l'une de a à c cl l'autre de c à ^, c étant plus petit que 6, mais très voisin de b.
L'intégrale I s'écrit
I = f f{x)clx-^ i f(x)dx.
La première intégrale, prise entre les limites a et c, est finie. Il reste à montrer que l'autre intégrale est aussi finie. En effet, le produit
{b-xrf{x)
fendant vers /, si Ton appelle M un nombre positif fixe supérieur à cette limite /, il est évident que, x étant très voisin de />, le pr(^duit (b — x)"f{x)., qui est très voisin de /, est inférieur à M. On peut donc choisir c assez voisin de b pour que, x étant compris entre c et b, on ait
{b — xy^f{x)<m,
Mais on a alors (n'' 37)
f(x)c/x<. I —. —dx.
Comme M est constant, on peut le faire sortir du signe d'intégration, et l'on a, dans le deuxième membre, l'intégrale
r" dx
J (b — xy'
<|ui est finie, car n <l\ . L'intégrale du premier membre / J{x) d^
étant moindre qu'une quantité finie esl finie. Donc, dans ce cas, {n <l i) l'intégrale proposée est finie.
Deuxième cas. — Supposons maintenant qu'il existe un nombre n supérieur ou égal à i, tel que le produit
tende vers une limite / différente de zéro., cpiand x tend vers b. On pourra écrire, comme plus haut,
\= j f{x)dx-^J f{x)dx,
c étant moindre que b. mais très rapproché de b. La première inté- <;;rale est finie ; nous allons montrer que la deuxième est infinie. Soit m un nombre positif moindre que /,
Quand x est très voisin de b^ le produit
{b-xy^f(x)
est très voisin de / et, par suite, supérieur à m. On peut donc prendre c assez voisin de b pour que, dans tout l'intervalle (c, b)y
on ait
{b — xy^f(x)>jn,
On a alors
{b-xy
j:'r">-'>.f"^0if-
Or l'intégrale du deuxième membre est infinie^ car /i ^ i ; celle du premier membre est donc également infinie. Dans ce cas, l'intégrale proposée est infinie.
Remarque . — Nous avons supposé, pour fixer les. idées^ que/(^) devient infinie en restant positive, quand x tend vers b. Les mêmes conclusions s'appliquent au cas où /(^) devient infinie en restant négative quand x tend vers b. En effet, dans cette dernière hypothèse, la courbe
s'éloigne à l'infini pour x ^=^b au-dessous de l'axe Ox. Il suffirait donc de changer le sens de Oy pour être ramené au cas précédent.
130. L'élément différentiel devient infini pour la limite inférieure. — Nous avons supposé que l'élément différentiel j\x) devient iniini quand x est égal à la limite supérieure b. Les mêmes conclusions subsisteraient évidemment si ./(■^) de\enait infinie (juand X est égal à la limite inférieure a. Il suffirait, pour ramener ce cas à celui qui a été traité en détail, de changer le sens de 1 axe O x dans le tracé de la courbe jk =/(^^)-
INTEGRALES DEFINIES. 22D
Pour voir si rinté*yrale
OÙ
/(a) = oc, a un sens (b'^a)^ on considérera le produit
dans lequel on fera tendre x vers a.
S^û existe un nombre positif /?, plus petit que i, tel que ce produit ait une limite, l'intégrale est finie.
S'il existe un nombre 7i égal ou supérieur à i , tel que ce produit ait une limite différente de zéro ^ l'intégrale est infinie.