Il reste enfin à prouver que, si la série
est convergente, le produit infini
ne peut être nul que si l'un de ses facteurs est nul. Supposons d'abord que l'on ait, quel que soit ai,
nous allons montrer que P ne peut être nul. On a, en effet, en conservant toujours les mêmes notations,
P« \ n-ai/\ i-t-oj/ \ i-Ha„/'
d^ailleurs le produit infini
est absolument convergent : en effet, les séries à termes positifs
sont convergentes en même temps, puisque le rapport des termes de rang n dans ces deux séries est | i-f- a/i |, quantité qui a pour limite Tunité quand n augmente indéfiniment. Il résulte de là que le produit des n premiers facteurs de ce produit infini tend vers une limite; par conséquent, P/j tend vers une limite qui rCest pas nulle; c'est ce qu'il fallait établir.
Ne faisons maintenant aucune restriction sur les facteurs i-}-a,i, en supposant toujours convergente la série
n = ao
Si l'on suppose /w > /?, on a évidemment d'où, en faisant grandir m indéfiniment,
V = oo
P = (i 4- ai) (i -+- a,) . . . (i -H «/») JJ (ï + ««+v) ;
or, puisque l'on a
lim. au = o,
on peut prendre n assez grand pour que l'on ail, quel que soit v,
dès lors le produit infini
V = ae
JJ(i-t-a«+v)
SÉRIES ET PRODUITS IlfFINIS A TERMES GOI^STÀNTS. II
aura une valeur différente de zéro ; P ne pourra donc être nul que
si le produit
est nul, et, par conséquent, si Tun des facteurs
est nul. C^est ce qu*il fallait démontrer.
9. Nous ajouterons encore la remarque suivante, relative à la possibilité de grouper les facteurs d^un produit infini absolument convergent.
Tout d'abord, si ai, aj, . . . , a/i, . . . sont des nombres positifs ou nuls, on aperçoit immédiatement la vérité de la proposition suivante :
Soient aI|, ai2, ..., rip, ... des entiers positifs croissants; posons
( I 4- «1 ) ( I -+- aj ) . . . ( i -+- a„, ) = 1 4- ^1 ,
(i4-a„,-Hi)(i-+-a«,4-i) ... (n-aii,) = i-+-^î,
(i -t- a„^,+i) (i -4- anj,^^^t) . . . (i 4- «ii^) = I -h Ôp,
Si le produit infini
IJ(i-+-«/.)
est convergent, il en sera de même du produit infini
et les deux produits infinis auront la même valeur. C'est une conséquence immédiate des définitions.
Supposons ensuite que le produit infini
JJ(l-t-«/»)
soit absolument convergent, les nombres a^, a^t •••7 ci/ty •••
étant d'ailleurs réels ou imaginaires, et désignons par i + B|,
1 -h B2, . . . , I -f- B^, ... ce que deviennent les premiers membres
des égalités qui définissent i -h 6| , i -f- 62, . . . , 1 -j- bp^ . . . quand
on y remplace a\ , a^, . . . , anpi • - • par leurs valeurs absolues.
L'égalité
6i = ai + aj + ... -+- O/i, -4- «1 ai -h ...
et les égalités analogues montrent que Ton a
Baillai (a = i,a, ...).
Le produit infini