‹ Éléments de la théorie des fonctions elliptiquesChapitre 5 sur 72 · Voici le théorème de Cauchy sur lequel nous nous ap · texte numérisé non relu

Voici le théorème de Cauchy sur lequel nous nous ap

lierons principalement :

Hnlégrale, prise le long df un contour simple parcouru is le sens direct, d'une fonction univoque d'une variable

laginaire, régulière en tous les points du contour et de l'aire rjuil renferme, sauf en des points isolés, en nombre fini, non situés sur le contour, est égale au produit par 2 ir^ de la somme des résidus relatifs aux points singuliers. Cette somme est nulle si la fonction est holomorplie sur le contour et à l'intérieur du contour.

Ce théorème va être appliqué à une fonction univoque F(m), régulière en tout point du plan, sauf en des points singuliers que nous supposerons être des pôles^ en nombre fini dans toute portion finie du plan. Nous prendrons pour contour le parallélogramme dont les sommets sont Uq, Wo+2w,, «0+20^1 + 2(03, «0+ acog ; Wq Gst un point quelconque, choisi toutefois de manière que les pôles de F(«) ne soient pas sur les côtés du parallélogramme; les quantités to<, 0)3 sont telles que la partie réelle du rapport — -. soit positive; nous continuerons (n° 86) d'appeler ce parallélogramme : parallélogramme des périodes.

Pour parcourir le contour de ce parallélogramme dans le sens direct, nous supposerons que la variable réelle t croisse de o à i, d'abord dans l'expression «„ + 2 w, <, puis dans l'expression //„ -h 2 w, + 2 0)3 f, puis qu'elle décroisse de 1 à o dans les expressions WqH- 2W3+ 2(0, «, Mo+2t03<; nous rencontrerons ainsi les sommets du parallélogramme dans l'ordre spécifié plus haut, et, à cause de l'hjpothèse faite sur le rapport —-.-, nous aurons parcouru son contour dans le sens direct.

D'après cela, le théorème de Cauchy nous donnera l'égalité fondamentale

20), / [F(Mo-!- 2Wi^) F(i/o->- 2W3-I- 20)1^)] C^f

— 2103 / [F(j<o+ 2CO3O — F("o-l-2Wi-t- awjO] c^iî = 2iir£,R,

011 Sc'îl désigne la somme des résidus relatifs aux pôles de la fonction F(m) à l'intérieur du parallélogramme des périodes.

353. Avant d'aborder notre objet principal, nous ferons une application de ce théorème, qui en montrera la portée.

La fonction univoque ^(u) n'admet dans le parallélogramme des périodes qu'un pôle, congru à o, modulis '2.^3i^, 20)3, et le résidu relatif à ce pôle est i , comme il résulte de la formule (Il2)- D'ailleurs, il résulte de la formule (VI3) que l'on a

Uuo

-+- 1tX>it)

— 2-rii

l'égalité fondamentale nous donne ainsi, et de la façon la plus aisée, la relation du n" 108,

•ir]iW3— r^soj, = — .

3o4. Arrivons maintenant à la théorie des fonctions doublement périodiques et rappelons d'abord que nous entendons toujours par là des fonctions univoques, n'admettant pas d'autre singularité que des pôles. Les périodes seront toujours désignées par 2 w, , 2(1)3, à moins qu'on ne prévienne du contraire; elles seront regardées comme données, et la partie réelle du rapport — -. sera supposée positive.

Si/(w) est une fonction doublement périodique, le premier membre de l'égalité fondamentale (n^352), où l'on remplace V{u) Y>air f{ II) est évidemment nul. Donc :

La somme des résidus dUine fonction doublement périodique, à l'intérieur du parallélogramme des périodes, est nulle.

Il n'existe pas de fonction doublement périodique n'admettant qu'un pôle simple dans le parallélogramme des périodes. En effet, le résidu de ce pôle devrait être nul; le pôle n'existerait pas; la fonction serait entière ; elle se réduirait à une constante (n° 84).

3oo. La dérivée logarithmique d'une fonction doublement périodique/(m) est elle-même une fonction doublement périodique. Mais la somme des résidus de la fonction •^.; .■ est la différence

entre le nombre des zéros (') et le nombre des pôles de la fonc-

(*) Un zéro (ou une racine) d'une fonction /(m) est une valeur de u pour laquelle celte fonction est nulle.

lion /(a), chaque zéro ou chaque pôle étant compté autant de fois qu'il y a d'unités dans son ordre de multiplicité. Donc :

A l'intérieur du parallélogramme des périodes, une fonction doublement périodique a autant de zéros que de pôles, les zéi'os et les pôles étant comptés comme on vient de l'expliquer.

356. Appliquons encore l'égalité fondamentale du n° 3o2 à la fonction

désignant toujours par f{u) une fonction doublement périoique. Al'inlérieurdu parallélogramme des périodes, la somme S,^ îs résidus de cette fonction sera la différence entre la somme des 5ros et la somme des pôles de la fonction /(w); chaque zéro ou laque pôle doit figurer dans la somme autant de fois qu'il y a ['unités dans son ordre de multiplicité. On a immédiatement

F(« -f- 2 0») - F(«) = 2^1 -^Çf^,

F(m + 20)3) — h (u) = 2W3 -— — ; en sorte que le premier membre de l'égalité fondamentale devient

— 2Wi / "HHz-— —dt-\-%iàz I

OU encore

— 2W3 / 4?^—^ ^ du ^21^1 / :^~^^ ^ du.

Les deux intégrales qui figurent dans cette expression sont rectilignes; elles sont respectivement égales à quelqu'une des déterminations des quantités

/(;<„+ 2 Mit /(uq-^ims)^

^ puisque la fonction f{u) admet les périodes 2w,, 20)3, chacun des logarithmes est égal à un multiple entier de 2uî. Donc : A l'intérieur du parallélogramme des périodes, la somme

des zéros cl' une fonction doublement périodique, diminuée de la somme des pôles, est congrue à zéro, modulis 2co,, 20)3.

Ce ihéorème est dû à Liouville.

3o7. Comme les pôles de la fonction doublement périodique f{u) — C, où C désigne une constante, coïncident avec les pôles de la fonction doublement périodique /(w), on voit que le nombre des racines de l'équation /(a) = C, contenues à l'intérieur du parallélogramme des périodes, est égal au nombre des pôles de f{u), et que la somme de ces racines est congrue à la somme des pôles de f{u). Cette somme des racines, si l'on ne tient pas compte des multiples entiers des périodes, est donc, comme leur nombre, indépendante de C ('). fl

II. — Décomposition des fonctions doublement périodiques en éléments simples.

358. On doit à M. Hermite (-) une formule capitale qui donne l'expression de toutes les fonctions doublement périodiques. En raison de son analogie avec la formule de décomposition des fractions rationnelles en fractions simples, il convient de donner à

C) On observera que l'équation /(m) = z définit u comme fonction implicite de z. En se reportant à la théorie des fonctions implicites, ou, ce qui revient au même, à la théorie du retour des suites, on apercevra immédiatement la vérité de la proposition suivante. Supposons marqués, dans le plan qui sert à figurer la variable z, les points dont les affixes sont les valeurs de /{u) pour les racines de l'équation /'■ (m) = 0, et considérons une aire (A) limitée par un contour simple et ne contenant aucun de ces points : si z„ appartient à l'aire (A) et si «;„ est une racine de l'équation f{u) — z^, il existe une fonction (et une seule) u — (p(^), se réduisant à w„ pour z = z^, holomorphe dans (A), et qui est telle enfin, que l'on ait identiquement, dans cette aire,

Il y aura, dans l'aire ( A ), autant de fonctions holomorphes, distinctes entre elles^ jouissant de cette dernière propriété, que la fonction /(m) a de pôles. Elles se réduiront, pour z-=z^, aux valeurs des racines de l'équation f {u) = z^. k l'une quelconque d'entre elles on peut ajouter d'ailleurs 2mto,-i- arau^ où m et n sont des entiers quelconques, sans que la dernière relation cesse d'avoir lieu.

(") Note sur la Théorie des fonctions elliptiques ajoutée à la sixième édition du Traité de Calcul différentiel et intégral de Lacroix.

celle formule le nom de décomposition d' une fonction périodique en éléments simples. C'est la fonclion "C^u qui va y jouer le

rôle d'élémenl simple, le même rôle que joue la fonction - dans la théorie des fonctions rationnelles.

Considérons la fonclion

où f{(i) est une fonction doublement périodique, et où x désigne pour le moment une constante quelconque; on aura

F(«-^2Wi) — F(«) = —2iqif(u),

si donc on applique à la fonclion F(w) l'égalité fondamentale, on voit que la somme de ses résidus à l'intérieur du parallélogramme des périodes, multipliée par 21^, est égale à

'2(iist)dt,

et que, par conséquent, elle est indépendante de œ.

Si, maintenant, l'on désigne par a l'un quelconque des pôles de la fonclion /(u) et par a l'ordre de multiplicité de ce pôle, on aura, aux environs du point «, un développement de la forme

/(« + /0 = A^ + A,D^^ -i-A2D(2^ ^t... + Aa-iD('^-i)^ -\-(S{h),

où <J? (/i) désigne une série entière en h, où A, A, , ... , Aa i sont des constantes, où enfin D, D^-', . . . , D^^'"'^ sont des symboles de dérivation par rapport à h. On a d'ailleurs, aux environs du même point rt,

^{x — a — h) = ^(a- — a) — il'(x — a) -i ^" {x — a) — ... ;

en désignant par "Ç' (x — a),i^"{x — a), ... les dérivées successives de ^u par rapport à m, dans lesquelles on a remplacé u par X — a. Le résidu de la fonclion F{u) = /{u)^{x — u), relatif

au pôle rt, c'est-à-dire le coefficient de j dans le développement

de y(« -\- h)^{x — a — h), ordonné suivant les puissances croissantes de A, est donc

A!;(a7 — a) + AiÇ'(^ — a)+...+ Aa-i^<^-"(^ — a).

Les résidus de la fonction F(w), relatifs aux divers pôles de f{u), s'obtiendront de la même façon; mais cette fonction F(w) admet encore comme pôles les pôles de ^{x — u). Dans le parallélogramme des périodes, ces pôles se réduisent à un seul , à savoir le point congruent à ^ ; ce pôle, pour la fonction ^{x — u)^ est simple et son résidu est — i ; le résidu correspondant de la fonction/(?^) ^{x — u) sera donc — /(^)-

Ainsi, la somme des résidus de la fonction F(«), à l'intérieur du parallélogramme des périodes, est égale à

2[A<'' ^(^ - ai) + A'" C (^ - Ci) + . . . + A'^., ^(^-1^ {X - ai)] -f{x),

où les pôles distincts, à l'intérieur du parallélogramme des périodes, sont désignés par as, a^. ...,«,, . . . , «v, où a/ désigne l'ordre de multiplicité du pôle «/, où enfin A^'\ A',", . . ., A^.L, désignent des constantes qui dépendent, comme on l'a expliqué, du développement de la fonction /(«/ 4- /i), suivant les puissances ascendantes de h.

Cette somme ne dépend pas de x; en la désignant par C, et en remettant enfin u à la place de x, on voit que toute fonction doublement périodique /(a) peut être mise sous la forme

C'est la formule annoncée. Réciproquement, une expression telle que le second membre, lorsqu'on y remplace u par m + aW), ou par u -\- awà, se reproduit augmentée du produit de 27|,, ou de aT,3, par la somme des résidus A^'^ + A^-' + . . . + A^''^ relatifs aux pôles du parallélogramme. Elle sera donc une fonction doublement périodique si la somme des résidus est nulle. Nous savions déjà que cette condition est nécessaire.

Page 1