PROCÉDÉS D*INTÉG RATION. CAS DES FRACTIONS RATIONNELLES
aussi multipliée par ce facteur. Ces remarques permettent de trouver immédiatement l'intégrale d'un polynôme
eUe est
Ao T-f-A, — -h ... +A„^,-— -hA^-i-C.
333. L'intégrale F(x) d'une fonction f(x) a pour différentielle dF(x) = f(x)dx',
si Ton peut mettre le second membre sous la forme <^(u)du^ u étant une fonction de x, et si Ton sait trouver une fonction 0(u) ayant pour dérivée <p(a), cette fonction est égale à l'intégrale ¥{x) ou n'en diffère que par une constante ; en effet, sa différentielle
(/0(l/) = çp(u)rfu
est identique à celle de F(a;), les deux fonctions sont donc égales à une constante près.
Cette remarque est très utile dans le calcul des intégrales; on aperçoit souvent dans f(x) une quantité a renfermant la variable, et dont la fonction f dépend d'une manière simple ; on remplace alors f(x) et dx par leurs valeurs en fonction de u et de du , on intègre l'expression obtenue et l'on substitue enfin à o, dans le résultat, sa valeur en fonction de x .
Exemple. — Soit à déterminer l'intégrale
dx .
2x — 3' nous poserons 2x — 3 = u ; nous en tirerons 2dx = du , d'où
dx 1 du,
l'intégrale à évaluer sera ainsi égale à
iî|H = |iogB + c = |log(2x-3) + C.
On se dispense souvent d'écrire la lettre o, et l'on pose immédia-
SIO CALCUL INTÉGRAL
tement; dans Texemple précédent, la suite d'égalités
/3c dx --=== ; nous voyons
que le numérateur est, à un facteur près, la différentielle de 1— x'; nous poserons alors 1 — a?* = n , et nous aurons
o 1 j xdx du — 2xdx = an , ^ = - •
L'intégrale cherchée sera égale à i rdu i r -i , i Cl""'"' . r. .1
c'est-à-dire, en remplaçant n par sa valeur, à — v^l — x^^Z,
334. Intégration par substitution. — C'est sur des considérations analogues aux précédentes qu'est fondé le procédé d'intégration par substitution ; supposons que l'on remplace x par une fonction donnée <p(0 d'une nouvelle variable /; nous avons dx = ^'(i)dt, et par conséquent
Il arrive souvent, par un choix convenable de la fonction qQ), que l'expression ainsi obtenue est simple et que l'on sait trouver facilement la fonction (^Q dont elle est la différentielle ; cette fonction et l'intégrale F(x) de f(x), ayant même différentielle, ne diffèrent alors que par une constante ; c'est ce qu'on exprime par l'égalité
ff{x)dx = ff[^{t)]o\l)dt;
il suffit de remplacer dans ^ (t)( par sa valeur en fonction de x pour avoir l'intégrale de f(x).
Exemple, — Soit à déterminer l'intégrale Ty/l — x* dx ; posons
X = sin ^, nous en tirons ^i — x* = cos ( , et dx = cos / dt ; nous
PROCÉDÉS d'intégration. CAS DES FRACTIONS RATIONNELLES 5H
avons par suite
pour déterminer Fintégrale du second membre, nous remplacerons cos* l par "S- (* -^ cos 2(), ce qui nous donnera
Comme / est égal à arcsino; et que sin2^ est égal à 2 sin t cos ^ ou à 2a:v^l — a?* , nous aurons finalement
/l ; , arc sin x , x^i — a?*
\/i—x*dx = h-î^—
335. Intégration par parties. — Si l'élément diiîérentiel f(x)dx est mis sous la forme u dv^ o et v étant des fonctions de x , il y a quelquefois avantage à utiliser l'identité
d(nv) = udv-i-vdu^
qui fournit la différentielle d'un produit ; on en tire, en intégrant les deux membres,
vv= I udv-^ I vda^
d'où
I udv = uv — I vdu;
la recherche de l'intégrale donnée se ramène ainsi à celle de l'intégrale fv du qui peut être plus simple que la proposée ; on dit que l'on fait dans ce cas une intégration par parties.
Exemple. — Soit k déterminer l'intégrale jxsïnxdx] posons
a=x, dv=^sixïxdx; nous en déduisons v = — cosa? et da==idx; nous avons par suite, d'après la formule précédente,
fx sin xdx= — x cos x — | ( — cos x')dx = — x cos a; + sin x -f- C .
La formule d'intégration par parties permet de ramener Tune à l'autre l'intégration de deux fonctions inverses; si par exemple y est
512 CALCUL INTÉGBAL
une fonction de x, on a
Jy dx = xy—Jxdy ;
dans la dernière intégrale, x doit être remplacé par sa valeur qui est la fonction inverse de la première.
386. Intégration des fonctions rationnelles, — Soit à déterminer rintégrale
/ et cp étant deux polynômes en x à coefficients réels. Si le premier est de degré égal ou supérieur au second, nous commencerons par effectuer la division du numérateur par le dénominateur ; en appelant Q(x) et KÇx) le quotient et le reste de l'opération, nous avons
nous sommes alors ramenés à intégrer le polynôme Q(x), ce que nous savons faire (n° 332), et à intégrer une fraction rationnelle dont le numérateur R(ic) est de degré inférieur à celui du dénominateur.
Exemples, — Soit à déterminer l'intégrale
en effectuant la division du numérateur par le dénominateur, le quotient et le reste sont x -+- 1 et 5 ; nous avons alors
la première intégrale est celle d'un polynôme du premier degré et est égale à ~ -f- x ; la deuxième est analogue à celle que nous avons considérée au n» 333, et a pour valeur
|log(2a:-3)-<-C;
nous avons par suite
F(x) = y -t- X + 1 log (2a: - 3) + C.
PROCÉDÉS d'intégration. CAS DES FRACTIONS RATIONNELLES 513
C!oinine autre exemple, soit à détermÎQer Tintégrale
«n ordonnant le numérateur suivant les puissances de x — 2, nous pouvons le mettre sous la forme
de sorte que nous avons, en divisant par 3(a? — 2)',
cous sommes ramenés à la somme des intégrales simples suivantes :
''' ;=|log(a:-2) + C,
-et nous avons finalement
F(x) = llog(x-2)-A±__|L+C,
O désignant, comme toujours, une constante quelconque.
337. Cas Où le dénominateur n*a que des racines réelles. — Nous supposerons désormais que Ton a effectué, comme nous Tavons dit, la division de f(x) par <p(a;), ainsi que l'intégration du polynôme Q(x) ;
nous ne nous occuperons que de la fraction --7-— dont le numérateur
est de degré inférieur au dénominateur. Le procédé général d'intégration de cette fraction consiste à la décomposer en une somme de fractions simples correspondant aux différentes racines du dénominateur, et à intégrer séparément ces fractions ; nous supposerons d'abord que ff(x) n'a que des racines réelles.
Nous commencerons par déterminer les racines du dénominateur ff(x); soient a:,, X2, ... ces racines, /?, gr, ... kurs ordres de multi- VoGT. — Math. sup. 33
ii\i CALCUL LVrÉGRAL
pliciié respectifs, nous pourrons poser
Ao étant une constante.
Nous mettrons ensuite —7-^ sous la forme d'une somme de frac-
tions dont les numérateurs sont des constantes et dont les dénominateurs sont les facteurs linéaires de (f(x) affectés d'eicposants au plus égaux à ceux qu'ils possèdent dans Tégalité précédente ; nous écrirons de cette façon
^(x) X — Xi (X — X|)* (x — XiY
Nous déterminerons les numérateurs A, B, ... de ces fractions par la méthode des coefficients indéterminés ; le procédé ordinaire consiste à multiplier les deux membres de l'égalité précédente par (p(x) et à identifier les polynômes obtenus. Nous serons finalement ramenés à
intégrer des fractions de la forme ou-^ — ; les intégrales
X — — «Tf \X — Xij
sont respectivement A log (x — Xj) -f- C et --^^--- ^ h C.
Nous allons appliquer cette méthode à l'intégration de la fraction 4x« — 6x-hi .
2x» — x« * le dénominateur a une racine double égale à 0 et une racine simple
égale à -^ ; nous poserons alors
4x» — 6a:-hl A . B^ C
•2a:' — x« XX* l
A, B, C étant des coefficients indéterminés. En chassant les dénominateurs, nous aurons l'identité
4a;« — 6x -I- i = A(2x« — x) -h B(2x — 1) -h 2Cx« ; en égalant les coefficients des mêmes puissances de x dans les deux