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CHAPITRE II MÉTHODES D'ENSEIGNEMENI

En pédagogie, il y a lieu de distinguer entre « enseigner avec méthode » et « enseigner selon une méthode donnée ».

Ensekjner avec méthode^ c'est suivre un ordre logique en expliquant une questicm ; c'est exposer les idées dans leurs rapports avec les principes, et les faits dans leurs rapports

" Dans leurs classes si remplies d'élèves (souvent près de deux cents), nos Frères du dix-huitième siècle avaient recours au mode mixte. La Conduite de 1706, celle de 1720 et celle de 1742 n'en font aucune mention: mais les manuscrits postérieurs à 1750 insistent sur ce point.

— « Deux écoliers de la plus haute leçon d'alphabet pourront être chargés par le maître de faire dire la carte d'alphabet aux autres élèves, de la manière qu'il le fait lui-même. » Manuscrit n" AI, p. 116-117.

— « Le maître apprendra à lire les registres (manuscrits) à quelques-uns des meilleurs élèves, jusqu'à ce qu'ils les possèdent parfaitement. Après avoir dressé ces écoliers, il partagera ceux qui sont à cet ordre par bandes de huit à dix élèves chacune, assignera à chaque bande un déchiff'reui'pouv leur apprendre les mots ifu'ils ne savent pas. » Manuscrit n" 43, p. 101.

— " Les cinq ordres d'arithmétique étant organisés, le maître nommera quatre écoliers ou explicateur.s du cinquième ordre, pour faire expliquer chacun des ordres inférieurs, ou bien un écolier du deuxième ou du troisième ordre pour le premier, ou du quatrième pour le troisième. » Manuscrit n° 43, p. 128.

— « Un maître peut avancer quelques écoliers en leur donnant pendant quelques minutes des leçons publiques d'arithmétique avant la classe, et les charger de montrer aux commençants. Ainsi le maître s'épargnera beaucoup de peine. >i Manuscrit n° 44, p. 2il.

avec les lois ; c'est choisir et disposer les idées et les faits que l'on veut étudier, puis les développer suivant leur filiation ou dépendance naturelle ; c'est entin soumettre les élèves à un ensemble d'exercices progressifs qui doivent leur faciliter la connaissanee d'un art ou d'une science". I^^n composition française, par exemple, un professeui' luéthodique ne propose pas tout d'abord aux jeunes enfants des lettres, des narrations, si faciles qu'elles lui paraissent. Une lettre, une narration se compose de phrases, et les phrases de mots : il commencera donc par une série d'exercices ayant pour but de faire comprendre aux élèves le sens des mots usuels dont ils se servent ; d'enrichir, par l'élude de mots nouveaux pour eux, leur vocabidaire si restreint ; de leur faire émettre, sur une idée donnée, des propositions isolées puis des phrases à plusieurs propositions ; enfin de leur faire composer, sur des sujets simples et à leur portée^, un court développement dont les parties soient logiquement enchaînées entre elles, c'est-àdire s'engendrent ou se coniplèlent nmluellement.

Enseigner selon une méthode donnée, cesl suivre une marche déterminée pour donner une leçon avec fruit. Un professeur doit toujours enseigner avec méthode ; mais il peut, selon les cas, employer telle méthode ou telle autre.

Est-il nécessaire au professeur d'étudier la théorie des métliodes d'enseignement ? On ne saurait le mettre en doute. Mais la meilleure mélhode n'est-elle ])as eelle qu'il se fait à lui-même, étant données ses dispositions personnelles et la classe qu'il dirige? Non ; la meilleure méthode, ])Our un maître, est sans doute celle qu'il a depuis longtemps pratiquée, mais

» Cl Coiniiie le dét'aut de mi'-lhude dans les Irçons rebuterait les écoliers, il faut les leur rendre à la l'ois faciles, agréables et prolitables en y mettant la clarté, la précision et l'ordre possil)les. On commence par ce qu'il y a de plus simple, par les éléments ; on les développe bien, on en donne une intelligence entière, eu suivant les perceptions (connaissances) des jeunes gens que l'on conduit ainsi par gradation à la perception (intelligence) des choses qu'ils apprennent ; enfin on ne passe pas à une leçon qu'ils ne possèdent bien ce qui doit y conduire et en particulier celle qui la précède, fictte marche bien observée ne manquera pas d'accélérer les progrès des écoliers, el les principes s'inculqueront mieux dans leur esprit. » Conduite pour les Pensions, Manuscrit n« 4"^, p. 43.

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à condition qu'elle soit bonne. Ici, comme en toutes choses, la pratique doit s'e'clairer de la th/'orie.

Une méthode est bonne : 1° si elle est précise sans sécheresse, courte sans toutefois rien sacrifier d'important, facile et adaptée aux dispositions intellectuelles des élèves; 2° si elle excite en eux le j^oiU pour le travail et si elle exerce leurs facultés, surtout la raison et le jiiç;ement.

De même qu'il y a deux manières d'arriver à la vérité : la recevoir d'un maitro ou la trouver par soi-même, il y a. dans l'enseignement, deux méthodes géïK'rales ' : la méthode dogmatique ou expositive.ei la méthode uiventwe ou socratique. Nous allons les expliquer, et nous étudierons ensuite les formes générales de démonstration : analyse et synthèse.

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