II. - PRÉPARATION SPÉCIALE ET IMMÉDIATE
Làprt^paration inimcdiai.e d'une leçon consiste à s'en occuper exclusivement, pour la donner le jour même ou à une époque très prochaine. Cette préparation est dite aussi spéciale, parce qu'elle porli' sur un sujet en particulier ; quotidienne, parce
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qu'une leçon, fùt-elle prête depuis longtemps, doit être revue au moment d'entrer en classe.
Pour bien préparer une leçon, suffit-il de parcourir des yeux le livre dont les élèves se servent, afin d'y trouver comme une idée générale des explications à présenter et des questions à faire? Non, car la leçon manquerait d'intérêt. Suffit-il de lire dans un ouvrage étendu le développement du manuel ? Non, car ensuite on ferait peut-être une causerie sans portée précise. Il faut encore prévoir le sujet avec toutes ses divisions et leur développement, les procédés à employer et les devoirs d'application à prescrire, afin d'exciter chez les élèves l'intérêt et l'activ-ité intellectuelle. En un mol, préparer une leçon, c'est, pour le maître, la méditer si bien qu'il la fasse en quelque sorte vivre d'avance dans son intelligence, sa mémoire et son imagination.
Rien ne saurait dispenser un maître de cette préparation quotidienne : ni les connaissances acquises, ni le caractère mémo très élémentaire de la question à traiter, ni la facilité d'élocution, ni l'emploi de manuels excellents ou de directoires spécialement rédigés pour le professeur. Lorsque l'enseignement est bien préparé, le maître commence sa leçon avec joie ; il y apporte la sûreté qui convainc et lanirnalion qui entraîne; il a si bien disposé, coordonné, simplifié le sujet pour l'auditoire, que les élèves écoutent' avec plaisir, comprennent avec facilité, et sont gagnés à celui qui sait ainsi leur rendre la science attrayante. La préparation est-elle insuffisante, le maître entre en classe in([uiet, hésitant ; il parle sans ordre ni méthode ; il enseigne sans goût ni énergie ; il satlarde à des idées secondaires, si le développement lui arrive abondant à l'esprit, et néglige l'essentiel parce qu'il ne la pas prévu : il se perd en digressions inutiles et questionne au hasard ; il simpatienle et fatigue les enfants, qui s'abandonnent aux distractions, à l'ennui, à la dissipation : de là, des menaces intempestives et des répressions regrettables. Dans les deux cas, la leçon vaut ce qu'elle a coûte*.
» « La piudence exige d'un maître qu'il se prépare avec soin, avant de ponner cliaijue leçou à ses écoliers. 11 faut en effet qu'il se rappelle exac-
Méthode pour la préparation des leçons. — La préparation immédiate des leçons est à la fois morale, intellectuelle et matérielle.
La préparation morale est une sorte d'examen par lequel le maître s'interroge lui-même sur son propre enseignement dans telle spécialité, sur les difficultés qu'il y éprouve et les efforts qu'il a faits pour les vaincre ou les tourner, sur lattention des enfants et les moyens d'éveiller leur activité intellectuelle pendant la leçon.
Ld, préparation intellectuelle oa didactiqne s'attaclie au sujet de la leçon et à la manière de l'exposer, c'est-à-dire au fond et à la forme de l'enseignement. Quant au sujet, elle précise son étendue, ses limites et ses divisions, par la rédaction d'un plan; quant à la forme, elle détermine les procédés ou industries pédagogiques dont on fera usage, étant donnés la question à traiter, l'âge des élèves et leurs dispositions intellectuelles; elle prévoit aussi les principales questions à poser^ car une bonne interrogation ou catéchisation socratique est chose assez difficile. Avec les commençants, cette préparation porte spécialement sur la forme, puisque l'habileté du maître
tement les principes qui peuvent aisément e'chapper à la mémoire et dont l'oubli occasionnerait de graves méprises ; il faut qu'il cherche des raisons pour appuyer ces principes, qu'il les rassemble avec discernement et avec choix, et qu'il ne saisisse pas au hasard tout ce qui s'offrirait dans une lecture rapide et peu réfléchie ; il l'aut qu'il donne de la clarté, de l'ordre, de l'arrangement à ses discours, pour en faciliter l'intelligence et écarter l'embarras que la confusion et le désordre produiraient infailliblement dans les esprits ; il faut enfin qu'il se mette en état de s'exprimer avec la dignité, la décence, la clarté, qui conviennent à l'enseignement, sans lesquelles ce qu'il dit excite souvent l'ennui, le dégoût et quelquefois le mépris de ceux qui l'écoutent. Cela demande évidemment une préparation et du travail, et si, en négligeant l'un et l'autre, on attend que Dieu y suppléera par un secours extraordinaire, cette attente ne ressemble-t-elle pas plus à celle d'un homme qui tente Dieu, qu'à la sécurité de celui qui se confie justement en sa bonté et en son pouvoir? » Douze Vertus d'un bon Maître, p. 42-44.
— « Les maîtres se prépareront chaque jour avant de donner les leçons, afin d'en prévenir les difficultés, soit pour eux, soit pour ceux qui les reçoivent, ainsi que la manière de les faire recevoir avec plus de fruit. Leur embarras en ferait faire peu de cas, ferait soupçonner de l'incapacité ; il dégoûterait de la pension et d'une instruction si mal faite. » Conduite pour les Pensions, Manuscrit, n» 42, p. 42.
consiste surtout à trouver le chemin de ces jeunes intelligences et à rendre faciles les notions élémentaires qu'il leur présente.
La préparation matérielle dune leçon consiste à disposer le matériel scolaire dont on aura besoin et, s'il s'agit d'une leçon de chimie ou de physique, à prendre les moyens de réussir les expériences. C'est nuire à la discipline que de quitter la classe^ pour se procurer ce qu'on a négligé d'emprunter avant la leçon, soit au musée scolaire, soit aux collections de l'école ; c'est nuire à sa propre autorité que de s'exposer à des insuccès au cours des expériences, faute de les avoir préparées.
Voici, disposées en tableau synoptique, les principales questions relatives à la préparation des leçons :
Préparation morale.
Préparation intellectuelle.