Objets à distribuer
Plan des leçons. — La préparation morale de la leçon est un exercice mental ; mais la préparation intellectuelle est un exercice écrit. Pourquoi, dira-t-on, rédiger des plans de leçons alors que les manuels dont se servent les élèves contiennent, divisée en chapitres, la suite des questions à enseigner ? N'est-ce pas « défaire pour refaire ?» — Oui ; mais les manuels les mieux faits ont besoin d'une adaptation à la classe et à la leçon actuelle; puis ce travail de dissection, de reconstitution et d'assimilation est pour vous, professeur, le moyen de reridre personnelle votre leçon. Parce que vous présenterez le sujet d'une manière analogue, mais non identique à celle du livre, vous éviterez la routine; et parce que vous aurez écrit un plan qui est le vôtre, la leçon sera plus intéressante et mieux donnée : vous y aurez mis quelque chose de vous-même.
Comment établir un plan de leçon ? — Cela dépend des élèves auxquels on s'adresse et de la spécialité que l'on enseigne. Le professeur doit toujours préparer un plan en vue d'ordonner sa leçon, mais ce n'est pas toujours nécessaire de le dicter aux élèves. Ainsi, on ne fait pas rédiger de plans aux commençants ; nous lavons dit, on cherche surtout à leur présenter des notions sensibles, concrètes et intelligibles. L'enseignement des mathématiques n'exige pas de plans écrits par les élèves, si le manuel est très bien composé, parfaitement adapté à la classe, et si le professeur ne s'écarte pas de l'enchaînement des propositions; mais il faut que l'ordre des
propositions successives soit rigoureux et que, dans chaque démonstration, la suite des idées soit bien celle qu'impose la méthode analytique ou synthétique dont on a fait choix. Il en est à peu près de même dans l'enseignement des sciences physiques. Les plans écrits sont très utiles en histoire, en littérature, dans toutes les questions synthétiques et les leçons de revision. Ces plans, toujours courts, seront d'autant plus travaillés, d'autant plus rigoureux quant à l'ordonnance logique, qu'ils sont destinés à des élèves plus avancés.
Si Ton a composé un plan pour les élèves, à quel moment faut-il le leur donner? Il est utile, ou de l'écrire au tableau, ou de le dicter avant la leçon, si l'on choisit la méthode expositive ; après la leçon, si l'on procède par interrogations socratiques. On donne les références qui renvoient aux pages du manuel à étudier ; dans les cours supérieurs, on ajoute l'indication des chapitres à consulter dans les ouvrages de la bibliothèque scolaire où les élèves pourront trouver d'utiles développements.
Résumés de cours. — Pour la presque totalité des élèves de nos classes, dicter un cours c'est leur faire perdre un temps précieux ; mais rédiger pour son usage propre des résumés de cours est un travail qui s'impose au professeur, car il est indispensable à la préparation des plans. Ces résumés renferment l'analyse de plusieurs ouvrages dont on combine les idées, selon une ordonnance personnelle ; on y introduit les remarques et les modifications que suggère l'expérience de l'enseignement.
Il est matériellement impossible qu'un maître qui donne plusieurs leçons chaque jour en prépare chaque jour et par écrit les résumés ou les plans ; aussi n'est-ce pas ce qu'on lui demande. Mais qu'il s'applique chaque année à la rédaction de résumés ou de plans relatifs à une spécialité, et il sera bientôt muni de notes suffisantes ; il les modifiera selon que ses études, la pratique du professorat ou les variations introduites dans les programmes lui en montreront l'utilité.
Nous terminons cette question de la préparation des
leçons par une série de plans, disposés par ordre de difficulté croissante.
I, — Exercices tVélocution sur « le bois » icoiirs élémentaire).
1. Faire l'echercher Pt nommer les objets de l'école, de la maison et de l'église qui sont fabriqués avec du bois : tables, bureaux, fenêtres, armoires, poutres, planchers, lits, chaises, stalles, chaire, etc.
2. Faire nommer les principales espèces de bois dont on s'est servi pour ces divers objets : chêne, sapin, noyer, etc.
3. Fau'e nommer les corporations d'ouvriers qui ont travaillé pour faire, d'un chêne, d'un sapin ou d'un noyer, une porte, une armoire, une chaise, etc.
4. Faire nommer les principaux instruments dont ils se sont servis.
Matériel à préparer. — Spécimens de bois divers, pour en faire comparer le poids, le poli, la couleur, les veines.
Devoirs. — Ecrire au tableau quelques noms d'arbres, d'objets et d'outils et les faire copier.
II. — Donner au cours moyen une leçon d'agriculture élémentaire sur les légumineuses.
Observations. — La fleur : Montrer des fleurs de légumineuses ; faire remarquer leur ressemblance générale avec un papilloa au repos, ressemblance qui a fait donner à ces plantes le nom de papilionacées.
La racine : Montrer les renflements ou nodosités que porte la racine.
Le fruit : renfermé dans une gousse.
L'aclion de ces plantes sur le sol : Après avoir semé du blé dans un champ qui a contenu de la luzerne, du trèfle ou du sainfoin (trois légumineuses , les cultivateurs observent qu'il croît plus vert et plus dru.
Expériences. — 1° Je dissèque une fleur de légumineuse pour en montrer les parties : l'étendard, les ailes et la carène ; je montre que cette fleur est irrégulière, parce que les parties ne sont pas symétriques entre elles. Je fais remarquer que les étamines, au nombre de dix, sont groupées neuf et une. (J'ai distribué à chacun des élèves une fleur qu'ils dissèquent eux-mêmes.)
•2" En prévision de cette leçon, j'ai planté des haricots dans deux pots remplis d'une terre pauvre en éléments azotés. Dans le premier, j'ai mis de l'engrais complet (azoté, potassique et phosphaté) et dans le second, un engrais non azoté ; or, dans les deux
vases, les plaaies sont prospères : c'est doue que la plante a puisé dans l'air l'azote qui manquait à l'une des terres.
Conclusions ou résumé. — Les papilionacées sont des plantes à fleurs irrégulières... Les principales espèces sont : le trèfle, la luzerne, l'esparcette, la lupuline, les haricots, les pois, les lentilles et les fèves. Cette famille renferme donc des fourrages précieux et des légumes; ce dernier usage lui a fait donner le nom de famille des légumineuses. »
Sur les racines, se forment des renflements ou nœuds dans lesquels se dévelo])pent des organismes ou bactéries., qui soutirent l'azote a l'atmosphère pour le faire passer dans la plante et dans le sol qu'elles améliorent ainsi : c'est pourquoi ces plantes sont appelées améliorantes.
Matériel à préparer. — Quelques tiges complètes de légumineuses (avec fleurs, fruits et racines).
Devoir à donner. — Pourquoi le trèfle, l'esparcette et la luzerne sont-ils appelés papilionacées ? Dans quels buts divers les cultive-t-on ?
III. — Soit à faire, au cours supérieur, un erercice d'élocution sur la famille du mot « doux » .
Trouver la famille du mot. — C'est en rechercher les dérivés et les composés.
Racine: dulcis = doux. Radicaux : doue, dulc, dulg. Vidée dominante dans tous les mots de cette famille est l'idée de douceur ; Vidée subséquente en plusieurs est celle de moyen d'amener la douceur.
Dérivés simples : doux, doue eu/*, doucereux, douceâtre; — doue ir, doue 2, doue me; — doucei, doucette.
Composés par les préfixes : odoucir, a doueissement ; édulcorer; — /n dulgence, n? dulgemment, indulgent.
Surcomposés : r adoucir.
Composés avec adjonction de mots simples : dulei fier, sain doux.
Exercice oral. — Faire entrer chacun de ces mots dans une phrase appropriée.
Devoir. — Composer une phrase sur chacun des mots douceur, doucette, adoucissement, indulgence.
IV. — Plan d'une leçon, à donner au cours supérieur, sur les caractères généraux de la France physique.
Caractères. — Les caractères que l'on va étudier sont relatifs à la forme, au relief, aux cours d'eau et à la situation. Forme. — Un hexagone presque régulier, à trois frontières ma-
ritimeè et trois frontières terrestres. Faire indiquer sur la carte la ville ou l'accident géographique situé aux sommets de cet hexagone. Comparer cette régularité avec la forme de l'Angleterre, de l'Italie, de la Grèce.
Relief. — Des massifs, dont un central et trois ])éripbériques ; des plaines communiquant entre elles.
Cours d'eau. — Aucune région n'est privée d'eau. Les grandes artères fluviales débouchent l'une sur la Manche, deux sur l'Océan et une sur la Méditerranée : donc, il y a de grandps facilités de navigation vers des points très différents.
Situation. — Par le nord et l'est, la France communique avec la grande plaine flamande et allemande ; par ses frontières maritimes, elle est tournée vers le Nouveau-Monde et le bassin méditerranéen. Comparaison avec l'Autriche, par exemple, si mal partagée quant aux frontières maritimes.
Conclusion. — La France doit en partie à ces caractères physiques, son unité politique et son développement commercial.
Matériel à préparer. — Une carte murale de France, carte en relief, si l'école en possède une.
Devoir. — Faire un croquis aux trois crayons (noir, bleu, bistre) : indiquer les frontières, les inastii^ montagneux et les quatre grands fleuves.