‹ Eléments de pédagogie pratiqueChapitre 147 sur 179 · II. - ROLE DU MANUEL DES ÉLÈVES · texte numérisé non relu

II. - ROLE DU MANUEL DES ÉLÈVES

Un enseignement purement oral fatiguerait le maître, serait monotone et risquerait de ne laisser dans la mémoire des élèves qu'une impression fugitive : il est donc indispensable qu'ils se servent d'un manuel qui confirme et, suivant le cas, développe ou résume la leçon. Sans doute, le livre impressionne moins que la parole convaincue ; mais il permet l'étude attentive et la récapitulation des questions enseignées, et. il donne au maître le n)Oyen d'occuper une section de la classe pendant qu il explique la leçon aux autres.

L'usage exclusif du livre entraîne des inconvénients de plus d'un genre : d'une part, le livre ne fait pas vivre l'idée et il n'est pas assez familier pour l'enfant, qui se dégoûte vite du travail ; de l'autre, la certitude d'avoir toujours « un sujet prêt » fait que le maître se croit volontiers dispensé de consacrer ses loisirs à une préparation minutieuse de la leçon, et de s'ingénier à présenter les idées sous des formes diverses qui les rendent concrètes, ou par l'intuition sensible, ou par des comparaisons frappantes de justesse.

Ce n'est pas se servir d'un manuel que de le faire apprendre par cœur, sans se donner la peine de l'expliquer suffisamment: c'est, pour un professeur, abuser du livre et négliger ses devoirs d'état. H y a deux manières générales de se bien

servir d'un manuel : 1" en lire et en commenter le texie sous forme de leçon; 2° en lire le texte seulement après la leçon orale; cette seconde manière doit obtenir nos préférences. Si les élèves sont très avancés, on peut n'attirer leur attention que sur certains paragraphes difliciles du livre et leur laisser le soin de retrouver pendant l'étude toute la substance de la leçon dans les pages qui la contiennent. On peut aussi remplacer certains développements du manuel par des notes concises qui présentent la même question sous une autre forme, ou ajouter des compléments à un cha| ilre qui semblerait incomplet ou trop résumé.

L'usage du manuel varie selon les spécialités : dans la lecture, Vexplication des textes littéraires et la traduction d'un auteur étranger, le livre est la condition même du travail ; en catéchisme, l'étude du texte suit l'explication orale qui s'est attachée à le faire comprendre ; en histoire^ on n'a recours au texte qu'après la leçon ; en arithmétique, du moins avec de jeunes enfants, l'explication au tableau noir est presque tout; les élèves plus avancés recourent aux ditTérents manuels de mathématiques après que la leçon a été expliquée ; en grammaire, on ne fait étudier aux commençants les définitions et les règles qu'après les avoir déduites des exemples ; en géographie, le livre ne vient ([u'après l'étude de la carte; enfin toute étude textuelle doit être précédée d'une explication, et d'interrogations, afin que les élèves n'apprennent rien qu'ils ne l'aient compris. En résumé, le livre est un auxiliaire indispensable à l'enseignement, mais il n'est ([u'un auxiliaire''.

■■^ « Le meilleur livre élémentaire, écrivait Lhomond dans la préface de sa Grammaire, c'est la voix du maître, llien ne peut tenir lieu de ce secours. Prétendre qu'un livre muet puisse le remplacer, c'est pure charlatanerie. » — Lorsque l'enfant est devenu un homme, il peut, s'il a su apprendre à travailler, se passer alors de l'enseignement oral pour bien drs questions, et les étudier dans un livre qu'il interroge et fait parler.

FIN DE LA DEUXIEME l'AKTIE.

SUR LÉTUDE DE CERTALNS CARACTÈRES D'ÉLÈVES

D APRES LES AN(;lEN^'ES EDITIONS

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