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QUALITÉS INTELLECTUELLES DE L'ÉDUCATEUR RELIGIEUX

3. Ne pas chercher à jeter toutes les natures d'enfants dans le même moule". « L'expérience nous apprend, dit notre saint Fondateur, que les hommes et les enfants ne peuvent pas être conduits tous par les mêmes moyens. » Kn conséquence, ne demander à cha<(ue élève qu'un développement raisonnable d'activité volontaire ; comprendre ses défaillances et l'aider dans la lutte qu'il soutient contre ses mauvais penchants ; enfin se rendre compte des difficultés i)articulières que lui créent son lenipéramont et les habitudes acquises.

4. Attendre patiemment les effets de l'éducation, car les meilleurs sont d'ordinaire lents à se produire.

o. Puisque rien de répréliensible, dans la conduite d'un maître, ne demeure lonj^temps caché aux rej^ards perspicaces de ses élèves, il doit se conduire avec eux comme s'ils étaient déjà des hommes : ils en atteindront bientôt rài!,e, et alors ils jugeront en hommes les actes de leurs formateurs.

0. Recevoir avec une parfaite déférence les avis du frère Directeur et de ceux qui, avec lui, ont mission de diriger les classes'*.

Marques de sens pratique dans l'enseig-nement. ^ 1. Dans les leçons, s<; placer toujours à la portée des élèves ([u'on

" « Les écoliers ont des caractères diiïérents : les uns sont hardis, les autres timides, il en est d'élourdis et de turbulents, de posés et de tranquilles ; toutes ces sortes de cariidères ne peuvent être conduits de la même manière. Il y en a qui demandent à être conduits par la douceur, d'autres par la fermeté ; pour beaucoup, il Hiut un mélange de l'un et de l'autre. On en trouvera ([ui peuvent être redressés aussitôt qu'ils ont manqué et plusieurs qui ne le peuvent être avec fruit que dans un autre temps. Tel est rappelé au devoir par une parole, à tel autre une punition est nécessaire... Pour atteindre la lin qu'il se propose, de maître devra régler sa conduite à l'égard de cliacun de ses élèves selon la différence des caractères et des dispositions. » Manuscrit n° -U. Qualités que les jeunes Maîtres doivent acquérir, Sect. Vil, art. xii, p. 5U,

'' « La première qualité que doit avoir celui qui veut se mettre au fait de la manière de faire l'école est la docilité aux avis de l'Inspecteur et des premiers maîtres. » Manuscrit n" 44, p. 5i.

— « L'un des moyens d'avoir de prompts succès, pour un jeune maître, est d'observer attentivement, et autant qu'on le peut raisonnablement, la manière dont les meilleurs maîtres conduisent les écoliers; c'est une leçon muette des plus utiles. >- Manuscrit n" 44, p. 1<>.

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instruit ; mais en même temps se tenir plutôt au-dessus de leur niveau intellectuel moyen, car élever c'est attirer pour l'aire monter.

'1. Etre pratiquement pei'suadé que rien ne dispense un |trulesseur de préparer ses leçons, et qu'elles sont piolitables aux élèves dans la mesure où il en a prévu tous les détails.

Se convaincre que les leçons même les plus élémentaires exigent une très sérieuse préparation, car il est plus difficile d être compris par les petits entants que par des jeunes gens dont les facultés sont déjà développées.

3. Accorder aux diverses spécialités du programme scolaire l'importance relative que les élèves doivent y attacher eux-mêmes. Au-dessus de tout , placer l'enseignement religieux; donner plus de soin, non aux spécialités pour lesquelles on se sentirait un goût marqué, mais à celles qui assurent la formation générale de l'homme et qui seront les plus utiles aux enfants.

i. Chercher à exciter chez l'écolier moins Tellorl de mémoire, qu'il ne faut cependant pas négliger, que l'exercice du bon sens, du jugement personnel.

5. Ne pas tenir pour les meilleurs élèves ni pour les plus attentifs ceux qui assistent calmes et passifs aux leçons, mais ceux dont l'activité intellectuelle est le plus constamment en éveil.

(j. Ne pas exiger de tous les enfants lu même quantité de travail ni surtout le même succès ; *et récompenser la bonne volonté au moins autant que le résultat. Si les élèves voyaient les préférences de leur maître aller aux dons intellectuels plutôt qu'à l'eft'ort même infructueux, s'ils les voyaient se traduire par des sympathies exclusives pour les élèves brillants, auxquels d'ordinaire le travail coûte peu, ils en seraient froissés, et plus d'un sans doute porterait dans la vie sociale ces funestes manières déjuger, qui dénotent un esprit superficiel auquel l'expérience prépare bien des mécomptes.

7. Pour apprécier les efforts intellectuels d'un enfant, le comparer moins à ses condisciples (|u'ù lui-même : il n'est pas tenu de les surpasser, mais seulement de se perfectionner.

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