‹ Eléments de pédagogie pratiqueChapitre 36 sur 179 · I. - HYGIÈNE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

I. - HYGIÈNE GÉNÉRALE

L'hygiène générale règle les conditions de l'alimentation, de l'habillement et de la respiration ; elle prescrit les soins de

propreté et la tempérance ; elle indique les précautions pour assurer Téquililtre des fonctions, pour éloigner les maladies, et prévenir ou corriger certains d('*rauts physiques.

Hygiène de rcdimentation. — Dans les écoles qui ne reçoivent que des externes, le Frère Directeur et les professeurs nont guère à s'occuper de l'alimentation. Leur rôle se borne à rappeler aux élèves quelques principes généraux ; à donner des notions d'enseignement antialcoolique ; à signaler les les imprudences qui le plus ordinairement compromettent la santé ; à faire connaître quelques-unes des substances vénéneuses du règne végétal et du règne minéral.

Le Directeur d'un internat doit faire servir aux élèves une nourriture saine, abondante, variée, sans recherche et convenablement apprêtée. On leur donne de bon pain, de la viande d'excellente qualité, des légumes frais, peu d'aliments lourds, et une boisson rafraîchissante. On se procure de l'eau potable, exempte de toute contamination, et, s'il en est besoin, on la filtre à l'aide d'appareils efficaces.

Hyg-iène de l'habillement. — Même pour les internes, les familles ne se déchargent guère du soin de fournir les vêtements de leurs enfants. Les précautions du maître se réduisent alors aux suivantes :

1° Ne pas permettre, sauf le eas de maladie, que les écoliers conservent, dans une salle chauffée, des pardessus, foulards ou cache-nez, et à plus forte raison leur coiffure. Au contraire, leur recommander d'avoir la tète couverte lorsqu'ils jouent en plein soleil, et ne pas les laisser se dévêtir pendant les récréations, à moins que la chaleur ne soit intense.

2" Faire déposer les vêtements humides dans le vestibule ou le corridor^ et non dans la classe. Il en est de même des sabots et des galoches, si le sol de la classe est planchéié et si les enfants ont une seconde chaussure.

3" Dans les internats, faire changer de chaussure, de vêtements et même de linge au retour d'une promenade, quand les élèves ont eu très chaud ou qu'ils ont été surpris par la pluie.

V Ne pas tolérer (ju'en jouant, les enfants échangent entre

eux leurs coiffures : cette imprudence contribue parfois à une rapide propagation de maladies contagieuses.

Hygiène de la respiration. — La pureté de l'air est indispensables à la santé : il doit par conséquent être fréquemment renouvelé dans les appartements où séjournent les élèves. — Cette question est traitée au paragraphe suivant, à propos de l'hygiène de l'école.

Soins de propreté. — La propreté résulte de l'ensemble des soins qui assurent la bonne tenue du corps. Elle est une marque de dignité personnelle et l'une des formes du respect de soi-même. Elle contribue à la conservation de la santé, à i'éloignement des maladies, au charme des relations; et tous les éducateurs affirment, par expérience, qu'elle est un élément de moralité.

Dans les écoles, les maîtres doivent s'eflbrcer de corriger l'insouciance ordinaire des enfants à l'égard de la propreté. Aux plus pauvres de leurs élèves, ils l'ont comprendre que ia propreté du corps, de la tête et des vêtements, n'est pas un luxe superflu, mais une nécessité^. Chaque malin et dans toutes les classes, à l'égnrd des plus grands élèves comme des plus jeunes, les maîtres procèdent à une visite de propreté ; ils s'assurent que le visage, les oreilles et les mains sont convenablement lavés, que les souliers sont cirés, que les cheveux sont tenus en bon état.

Des fontaines ou lavabos sont établis dans les cours ^, sous

a Les anciennes Conduites sont très explicites sous le rapport de la propreté, surtout à l'égard des élèves appartenant à des familles indigentes. — Le Manuscrit ri» 44 (II« Partie, chap. m, art. 4) dit que « l'on doit exiger des élèves qu'ils ne viennent point à l'école sans être peignés, qu'ils aient le visage et les mains propres et qu'ils ne soient pas déchauts ». Et si, dans la revue de propreté spéciale que l'on fera des écoles tous les mois, quelques enfants « ne sont pas trouvés propres, il est fort utile de les envoyer aux parents ». (p. 294.) — On sait en quels minutieux détails de propreté, saint Jean-Baptiste de la Salle est entré dans la première Partie des Règles de la Bienséance et de la Civilité chrétienne.

^ Il est bien évident que l'on ne parle pas ici des lavabos dans les internats : ils doivent y être établis, comme on le dira plus loin, non dans les cours ou sous un préau, mais dans une salle close, que l'on puisse chauffer l'hiver.

un préau ou dans une salle spéciale ; et les écoliers y sont envoyés pendant la journée, lorsqu'il est utile. Il ne faut pas tolérer que les enfants rentrent dans la famille avec des taches aux mains ou à la figure, avec des vêtements sales ou en désordre.

Dans les internats, la vigilance à l'égard de la propreté s'étend à plus de détails encore : elle s'assure que les élèves changent assez souvent de bas, de chaussettes, de mouchoirs; qu'ils ne portent pas d'habits tachés ou déchirés ; qu'ils procèdent chaque matin à une toilette sérieuse et que, pendant ce temps, ils ne se prêtent pas des objets qui doivent rester absolument personnels, peignes, brosses à cheveux, etc. Il est nécessaire qu'une installation convenable permette aux élèves de prendre assez fréquemment un bain de pieds, et de temps en temps un grand bain et des douches.

Autant l'hygiène prescrit une parfaite propreté, autant elle s'accorde avec la simplicité chrétienne pour répudier tout excès, comme serait l'usage des cosmétiques ou des parfums. L'éducation virile qui convient aux jeunes gens ne saurait tolérer ces vaniteux abus : il faut accorder au corps ce que réclame le développement des forces physiques, mais lui refuser ce qui peut l'amollir en le flattant.

Tempérance chrétienne. — La tempérance chrétienne, qui impose la sobriété et réfrène les passions sensuelles, exerce une influence salutaire sur l'organisme physique. Le corps ressent le contre-coup de tous les excès dans le boire ou le manger, et les passions, surtout les plus tumultueuses qui agitent l'àuie, jettent le trouble dans l'équilibre physiologique. Non seulement le visage d'un jeune homme chaste rayonne d(> la beauté morale de son âme, mais, toutes choses égales d'ailleurs, son corps se développe avec une plus libre s[n)iilanéité.

Précautions contre les maladies. — Les maladies auxquelles If's élèves sont particulièrement exposés peuvent être groupées en Iransmissibles ou contagieuses, et en non contagieuses.

Les maladies contagieuse^ ont été parfois rangées, d'après

ÉDUCATION THYSIQUE 63

leurs premiers symptômes, en quatre catégories : 1° maladies internes avec fièvre initiale assez forte : variole, scarlatine et grippe ; 2° maladies internes avec faible fièvre au début : rougeole, diphtérie ou croup, varicelle et oreillons ; 3° maladies sans fièvre : coqueluche et épilepsie ; A° maladies ayant leur siège à la surface du corps : teigne, gale et pelade.

Il importe de séparer des autres, dès le début, les enfants atteints de Tune de ces affections. Les règlements scolaires sont d'ailleurs formels quant à l'éviction des élèves malades : la négligence à cet égard contribue à développer et à multiplier les foyers d'infection; elle peut faire encourir de graves responsabilités, puis amener le licenciement de l'école, par lautorité compétente. Le Frère Directeur a soin de se conformer aux prescriptions administratives, pour la vaccination des enfants, et pour la réadmission, en classe, de ceux qu'une maladie contagieuse en aurait éloignés.

L'infirmerie des internats est établie dans un local bien aéré; on y installe sinon un pavillon distinct, ce qui serait bien désirable, du moins des chambres spéciales où les contagieux peuvent être isolés des autres malades, lorsqu'il n"a pas été possible de les remettre à leur famille.

Parmi les maladies non contagieuses, nous ne parlerons que de la fatigue intellectuelle causée par le surmenage. Chez les élèves, cette fatigue résulte surtout d'une application trop prolongée pour leur âge, et de l'emploi de mauvai^^es méthodes de travail. Tout travail intellectuel excessif, surtout par la durée, fait affluer le sang à la tète, et cause la fatigue cérébrale. C'est pourquoi une classe de trois heures doit être coupée par une récréation d'un quart d'heure. Aux plus jeunes élèves, on ménage souvent l'occasion de prendre un peu de mouvement pendant la classe même : changer de place, se tenir debout pour lire ou réciter, se ranger le long du mur.

D'une étude abstraite et difficile, faites reposer lès enfants par une leçon agréable. Aidez leur mémoire par le raisonnement, par les classifications naturelles d'idées et les associations logiques. Ne leur permettez pas de travailler aussitôt après les repas; les reténues de midi, consacrées à la rédaction

de pensums, sont antihygiéniques. Enfin ne leur donnez pas, pour être faits dans la famille, des devoirs trop longs et qui les privent du délassement dont ils ont besoin.

Si, dans les internats, un supplément de travail est reconnu nécessaire à l'approche des examens, au lieu de conduire les jeunes gens en classe après le repas du soir , mieux vaut élaborer, pour une courte période^, un règlement spécial qui leur donne une heure d'étude en plus le matin.

— Les enfants sont exposés à des indispositions subites^ à des accidents qu'il importe de soigner immédiatement. Il faut donc qu'il y ait, dans chaque école^ quelques médicaments et liniments, des solutions d'ammoniaque, d'acide phénique et de sublimé, des bandes de toile blanche, de l'amadou, du coton hydrophile, du sparadrap, etc.

Précautions contre certains défauts physiques. — Ces défauts sont la myopie, le bredouillement et les tics.

La myopie des élèves est le plus généralement un défaut acquis. Ses causes ordinaires sont : 1" l'habitude contractée par les enfants de se trop pencher sur leurs cahiers et leurs livres: ils y sont souvent contraints par un système défectueux de tables et de bancs; — 2° l'usage des livres dont les lignes sont trop serrées, les caractères trop fins, peu lisibles ou imprimés avec une encre trop pâle ; — 3" des fenêtres trop petites ou mal placées ; — 4° un éclairage artificiel trop vif, ou insuffisant^ ou mal placé; — 5° la liberté laissée aux enfants de choisir, sans consulter un spécialiste, les lunettes ou binocles qu'ils croient leur convenir.

Le hi^edouillement est l'une des intirmités scolaires les plus répandues ; non corrigé, il s'aggrave et rend presque inintelligible la parole. 11 nait parfois de la timidité, mais le plus souvent de l'habitude de parler trop vite. Pour le prévenir ou le combattre, on oblige les élèves, surtout ceux qui lisent ou récitent trop rapidement, à prononcer très lentement les mots, à bien articuler les consonnes, et à ne pas précipiter certains groupes de syllabes qui semblent oflrir une plus grande difficulté.

Les écoliers sont exposés à contracter certaines habitudes désagréables, qui deviennent inconscientes, certains tics^

ÉDUCATION PHYSrgUE 65

comme de cligner les yeux, de faire des contractions de visage, de se ronger les ongles ; tics encore, mais d'autre nature, la tendance si générale chez les enfants, de répéter pendant les récitations des parties de propositions ou de phrases, de les faire précéder d'interminables eu, eu... Attirez l'attention de vus élèves sur ces défauts, pour les contraindre à s'en corriger.

Il — HYGIÈNE DE L'ÉCOLE — AMÉNAGENIENT DES LOCAUX SCOLAIRES'

Nota. — Un certain nombre de prescriptions renfermées dans ce paragraplie ne sont obligatoires que dan^^ les écoles de France.

Situation de l'école. — Il est à souhaiter que l'école soit établie sur un sol bien sec ou desséché par le drainage ; en un endroit aéré;, dégagé, rapproché de l'église si l'un doit y assister aux offices, éloigné de tout voisinage bruyant, dangereux, insalubre ou malsain '\

Services intérieurs des écoles , spécialement des écoles primaires. — Les services intérieurs d'une école sont : l'entrée, le vestibule, les corridors, les classes, la chapelle ou l'oratoire, le vestiaire, le parloir, la procure ou magasin d'effets classiques, la bibliothèque et le musée scolaire.

■^ Les arrêtés admiiiistralifs précisent la nature des voisinages qui s'opposent à l'ouverture d'une école. — Voici, d'après la Conduite des Ecoles Chrétiennes en deux parties (Manuscrit n" 4o, page 29ij), le résumé des conditions que doit avoir l'emplacement des écoles :

i' 1" Il doit être en grand et bon air ; 2» au rez-de-chaussée ; o" il faut que les cla^9es puissent avoir du Jour de deux côtés parallèles, par quatre fenêtres : 4» qu'elles soient proches de l'Eglise ; 5" qu'on ne soit pas obligé de passer au milieu d'un marché les jours ouvriers, pour conduire les enfants \ la messe : G» qu'on ne soit pas incommodé par le bruit des cloches ou des charrettes ; 7" que les classes soient entre cour et jardin à l'usage des Frères ; ^'> qu'on ne puisse être ni entendu ni vu dans les classes, surtout par des vues directes; \^" que l'on puisse disposer les classes de manière que deux maîtres se voient toujours. « — Nous donnons cerenseignements à titre de souvenir, car au moins une des conditions cidessus, l'éclairage bilatéral d'égale intensité, est aujourd'hui controversée.

' Pour n'y pas revenir dans un paragraphe spécial, nous joignons aux précautions hygiéniques qui concernent les locaux scolaires, de brèves indications sur leur aménagement.

V entrée de l'école doit èlre eiigageanle et d'accès facile.

Le vestibule ou le corridor séparent les classes de la rue ou de la cour. Le vestibule est garni de bancs, car il sert aussi de salle d'attente. Les corridors, larges lau minimum, deux mètres) et bien aérés, garantissent les salles du bruit et des courants d'air; ils facilitent Tordre pendant les mouvements généraux des élèves.

Les classes d'une même école sont indépendantes, c'est-àdire qu'elles ont chacune leur entrée particulière ' ; mais elles sont contiguës au moins deux à deux, el les murs ou cloisons (lui les séparent doivent être munis de vitrages au moins ])artiels. Leur hauteur réglementaire est de quatre mètres; la surface assurée à chaque élève est, au minimum, d'un mètre carré et demi '.

La chapelle dune école devrait être assez spacieuse pour contenir tous les élèves, soit par ses dimensions propres, soil p;ir l'adjonction momentanée de locaux voisins dont elle ne serait séparée que par des cloisons mobiles. On y réunit toute l'école sinon chaque matin, du moins en certaines solennités [larticulières, et l'on fait contracter aux enfants la louable habitude d'aller chaque jour y adorer le très saint Sacrement, lorsqu'on a le bonheur de le posséder.

Le vestiaire, ou le corridor transformé en vestiaire, reçoit les coiffures, les pardessus des élèves et les provisions que plusieurs apportent pour le repas de midi.

Le parloir est une pièce vitrée, meublée simplement el disposée près de l'entrée de l'école Le Frère Directeur ou

* La Conduite en quatre parties (Manuscrit n" 44, p. 363; les Manuscrits n° 4t (p. 251) et n° ■li (p. 207), indiquent les dimensions suivantes, plus restreintes que celles qui sont exigées par les règlements actuels, mais qui constituaient alors un progrès notable sur l'installation ordinaire des écoles au dix-huitième siècle :

Classes d'écrivains : 22 à 23 pieds de larqe sur 2.j de long, pour un maximum de 00 élèves. (Un peu plus d'un mètre carré par élève.)

Petites Classes : 16 pieds de large sur 2ô 'le long, pour un maximum de 80 à 'JO élèves. (On n'y écrivait pas alors, d'où les dimensions exiguës de ces classes.)

1 Conduite (17-30), p. Slî?.

celui qui le remplace y reçoit les parents des élèves et les autres personnes qui ont quelques communications à leur faire.

A défaut d'autre local, on organise dans le parloir ou dans le vestijjule de l'école une exposition, soit temporaire, soit permanente des travaux, des élèves : dessins, cartes, cahiers, travaux manuels.

Dans les écoles paroissiales de quatre ou cinq classes, il serait bien utile d'avoir une grande salle où tout le personnel de la maison put être réuni : elle servirait pourr les distribulions de billets d'honneur et les petites séances qui les accompagnent, pour la proclamation des résultats des examens mensuels et pour l'exposition annuelle des travaux des élèves.

Le magasin scolaire ou procure renferme les livres, cahiers et objets divers dont les écoliers font usage dans les classes. Les fournitures classiques sont vendues à des heures déterminées, par le Frère chargé de cet office.

La bibliothèque des élèves contient les livres de lecture instructive qui leur sont prêtés.

Dans le musée scolaire sont rangés les collections, les objets (le démonstration et le matériel d'enseignement intuitif. Les professeurs viennent les demander avant la classe au Frère qui en a la garde, et il les lui rapportent après s'en être servis.

Dans les écoles primaires éJémenlaires, ce musée se compose : 1° du matériel spécial pour l'arithmétique, le système métrique, la géométrie, le dessin, Ihistoire, la géographie et les projections lumineuses; 2° du musée général, c"est-à-Jire des collections de produits naturels et industriels, des appareils élémentaires pour les expériences de chimie agricole et de physique; 3*^ du musée régional, qui renferme les spécimens des produits caractéristiques de la contrée.

Le musée scolaire prend plus d'extension dans les écoles primaires supérieures, les écoles professionnelles et les internais : on installe dans ces établissements un laboratoire de chimie, un cabinet de physique et un musée d'histoire naturelle.

Services extérieurs des écoles, — Les services extérieurs d'une école sont les cours de récréation, le préau couvert, le jardin et les lieux d'aisances.

Les cours de récréation sont indispensables pour servir aux jeux des élèves, surtout dans les internats ; pour séparer l'école de la rue et des maisons voisines, et pour faciliter l'aération des locaux.

D'après les nouveaux règlements, applicables spécialement aux internats, la surface des cours est de 5 mètres carrés environ par élève.

Le préau couvert est établi dans la cour, et non contre les classes, on il nuirait à l'éclairage et à l'aérage. Il est mis en communication avec les locaux scolaires par un sol cimenté ou carrelé. S'il est vaste, une partie peut être aménagée pour servir à la gymnastique avec appareils.

IjQ jardin comprend deux parties, le jardin de la communauté et le jardin scolaire. Le jardin de la communauté est un terrain de rapport, avec une ou plusieurs allées ombreuses réservées aux Frères. Le jardin scolaire, de surface restreinte dans les écoles primaires, est une portion de terrain consacrée à des expériences d'agriculture et d'horticulture élémentaires. Dans les internats, on peut y joindre utilement un jardin botanique.

Les lieux d'aisances et les urinoirs sont établis dans les cours de récréation, sous un auvent, assez éloignés des classes, en un endroit d'accès commode et bien en vue, pour que la surveillance en soit facile ". Il faut exiger qu'ils soient lavés sou-

^ ISuuvenl les privée cl les urinoirs ne sont pas établis dan^ toutes les conditions liygiéniques désirables : alors surtout lenriploi des substances désinfectantes s'impose, pendant les fortes chaleurs et plus encore dans les temps d'épidémie. — Voici la préparation et i'usiige de quelques-imes de ces substances :

I. Cftiorure de chaux. — (Test le désiiifeclanl h; plus souvent employé; il a^il par contact et par déga}<emenl galeux. On en saupoudre le sol des prives ou des urinoirs. On peut encore le délayer en bouillie épaisse avec laquelle on badigeonne le bas «les parois. L'addition de quelques gouttes de vinaigre active le dégagement du gaz.

H. Chlorure de zinc. — C'est un désinfectant inodore, très actif, ne dégageant pas de produits volatils et agissant seulement par contact. On le trouve dans le commerce, en solution marquant 50" à l'aréomètre tîaumé. .\vanl de s'en servir pour le lavage, on le mélange avec trois fois son volume d'eau.

m. Sulfate de vuiore. — Il présente les mêmes avantages que le cliio-

vent fi grande ftau, que les élpves les maintiennent dans une grande propreté et ne s'y permettent aucune inscription.

Mobilier des classes. — Le mobilier d'une classe comprend : 1° les objets qu'il est nécessaire ou utile d'y exposer ; ^^ le mobilier scolaire proprement dit.

Les objets qu'il est nécessaire d'expo?erdans une classe sont: le crucifix, des statues ou des images pieuses, un bénitier, les sentences en usage dans nos écoles, des cartes murales de géographie et un tableau du système métrique. — On y ajoute le programme et l'horaire de la classe, des tableaux où sont régulièrement inscrits les résultats des compositions, les notes hebdomadaires et mensuelles, et les places obtenues aux examens '.

Les objets qu'il est utile d'exposer dans une classe, à certains jours, sont des caries murales d'histoire et de sciences physiques ou naturelles, des cartes d'échantillons du musée scolaire, des spécimens de travaux d'élèves (dessins, écriture), et tous autres documents i-elatifs à l'enseignement.

Le mobilier scolaire proprement dit comprend : le siège et le bureau du maître, les tables-bancs des élèves, les tableaux noirs, l'armoire-bibliolhèque et les appareils de chaufTage et d'éclairage.

Les estrades des maîtres, hautes de deux ou trois marches.

l'ure de zinc, mais il a l'inconvénient d'attaquer les tuyaux de fer et de lonle. On l'emploie en dissolution : KX) gr. de sulfate pour un litre d'eau.

IV. Sulfate de fer. — Il s'emploie pulvérisé ou en dissolution (250 gr. par litre d'eau). Ce n'est pas un désinfectant assez énergique en temps d'épidémie, mais il est très utilement employé quand les cabinets dégagent une mauvaise odeur, ou quand on veut désinfecter une fosse avant de la faire vider.

V. Acide azotique agissant sur du cuivre. — Celte préparation est utilisable surtout en temps d'épidémie. On place dans le local à désinfecter une petite terrine de grès remplie de tournure de cuivre que l'on arrose avec de l'acide azotique (ou nitrique), et de l'eau, dans les proportions suivantes : 20 gr. de cuivre, 60 gr. d'acide et 250 gr. d'eau. Pendant deux heures environ, ce mélange dégage des vapeurs nilreuses douées de propriétés désinfectantes très énergiques. (Ces vapeurs sont toxiques et dangereuses à respirer). La dissolution bleue d'azotate de cuivre, qui reste après le dégagement du gaz, a les mêmes propriétés que celle du sulfate de cuivre'

» Ces tableaux peuvent aussi être exposés dans le vestibule ou les parloirs.

sont disposées de manière que, dans les classes contiguës, les Frères puissent se voir l'un l'autre '.

Les tables-bancs doivent rendre facile l'attitude correcte des élèves, et leur permettre d'écrire sans fatigue; c'est ce qu'on obtient en disposant sur une même verticale le bord inférieur de la table et le bord antérieur du banc. Il faut que la hauteur du banc soit proportionnée à la (aille des enfants, et sa largeur suffisante pour que la cuisse y repose en grande partie. On le munit d'un dossi' r |)eu élevé, légèrement incliné en arrière. Dans plusieurs dusses de jeunes gens, on fait usage de sièges indépendants de la table ''.

Pour les jeunes enfants, il est nécessaire que la place des encriers soit ménagée dans l'épaisseui* même de la table''.

•■' '< Les Frères seront dans des classes conlignës l'une à l'autre ; ils seront toujours placés de telle manière qu'ils se puissent voir lun l'autre. » lièf/les coimniines, ix, 13.

'' A propos des bancs <( dans les petites classes », la Conduite des Ecoles Cil ré tiennes, eii quatre parties (Manuscrit n» 4i), dit : « Il serait bien commode pour les enfants que les bancs eussent un dossier, et alors il faudrait leur donner plus de largeur » (p. 866). — Le Manuscrit n° 43 (p. .312) et le Manuscrit 11° 4/ (p. 255) déterminent^ avec force détails, la dispo.>ilion de ce dossier, « incliné en arrière pour la commodité des enfants. »

Aujourd'hui, ce n'est pas seulement pour les v petites classes » qu'on yeconnaît la nécessité des sièges à dossier ; elle est admise pour toutes les classes.

— Le Manuscrit n° A>i (p. 368) et la Conduite de 1742 (p. 263) disent que » si, par la suiie, quelque maitre trouvait une manière de rendre les tables plus commodes et plus solides, il la proposerait au Supérieur Général, et prendrait ses ordres avant de l'exécuter. »

<■ Recettes poun la fabrication de l'encre. — L Faites dissoudre 1 kgr. d'extrait de bois de campôche dans 40 lit. d'eau bouillante. Ajoutez au mélange 1 Lgr. 250 gr. d'alun ordinain; et 1 ligr. 250 gr. de sulfate de fer (couperose verte). Faites bouillir jusqu'il complète dissolution des cristaux. Agitez le mélange, et versez-y endn 1 kgr. de gomma arabique, puis laissez refroidir; et ajoutez de l'acide salicyiique, pour éviter la moisissure. En ajoutant une nouv.elle quantité deau, l'encre sera moins épaisse et moin-; noire.

II. Faites bouillir 12 à 15 litres d'eau, ajoutez-y 2 kgr d'extrait de campôche, et agitez le mélange jusqu'.t complète dissolution; versez ensuite ce liquide dans un tonneau contenant déjà 15 lit. d'eau très chaud«. — Faites aussi dissoudre séparément 600 gr. de bichromate rouge de potasse dans 15 lit. d eau bouillante; jetez cette dissolution sur la première; mélangezles et versez-y encore 15 lit. d'eau chaude. Ajoutez aussitôt après 2 lit. d'acide chlorhydrlque dans lequel vous aurez tait dissoudre 2 ou 3 gr. de

Enfin, quel que soit le système de tables- bancs que l'on adopte, il faut que le balayage puisse se faire commodément.

Les tableaux noirs, fixes ou portatifs, occupent une surface notable des parois de la classe, car leur upage est très Iréquent dans l'enseieinement. On peut aussi les placer dans les angles ou de chaque côté du bureau du professeur. Ils sont de grandes dimensions, et le plus ordinairement faljriqués en bois et ardoisés'^. Dans la classe oîi l'on commence la géométrie descriptive et dans les salles de dessin, il est bon de faire ilisposer un tableau à charnières, dont on peut relever la purlie inférieure.

Les caries géographiques peuvent être, ou constamment développées le long de la muraillo, ou enroulées dans un porte-cartes, après la leçon.

Dans chaque classe, une armoire-bibliothèque renferme les livres classiques que l'on prête aux élèves. On y range certains livres à l'usage du professeur, le nécessaire-méirique, parfois des appareils élémentaires de sciences que le maître ou les écoliers auraient construits eux-mêmes; mais on n'y

chlorure de mercure (sublimé corrosif). — CcUe dernière substance, très toxique, a pour efTet d'empêcher la moisissure. Lorsque le méiang'e do toutes ces dissolutions est terminé, on ajoute de l'eau à volonté suivant que l'on veut obtenir de l'encre plus ou moins noire. Les quantités d'ingrédients indiquées ici peuvent produire KXl litres d'encre.

'' Rr.CETTE POUR LE NOIR DES TABLEAUX. — Vcmis à tampon (alcool et gomme laque), 1 litre; noir de vigne, .3u0 gr. ; poudre d'éninri très fine, 100 gr. Passer l'enduit au moyen d'un pinceau large et plat, en faisant manœuvrer le pinceau toujours dans le même sens, sur toute la surface du tableau, sans arrêt. Quand toute la surface est reccuiverte, on promène le pinceau perpendiculairement à la première direction et en continuant jusqu'à ce que l'enduit soit sec. Si le grain que donne l'émeri au tableau était Irop fort, on pourrait l'adoucir avec de la pierre ponce, passée sur la surface préalablement mouillée. — On doit bien se garder de peindre les tableaux à l'huile et de les rendre luisants.

— Les tableaux noirs étaient en usage dans nos écoles au dix-huiiième siècle. A propos des « tables noires », la Conduite en quatre parties (Manuscrit n" 44) dit : « Il y aura dans cha({ue classe, dans laquelle on écrit des discours suivis, une grande table de six pieds de longueur et de trois ou trois pieds et demi de hauteur (environ deux mètres carrés et demi)... Elle sera attachée à la muraille, à l'endroit le plus commode, et peinte en huile de couleur noire, de sorle qu'on puisse écrire dessus avec de la craie. » Le Manuscrit n" 41 (p. 262) demande qu'on donne à ce tableau sept pieds de long et quatre de haut (environ trois mètres carrés).

72 ÉhUCATION

garde rien de co qui a été emprunté au musée de l'école, car on en priverait ainsi d'autres professeurs. Au-dossus de cette armoire, trouvent place les globes terrestres.

Eclairage des classes '. — L'éclairage des classes est naturel ou artificiel.

L'éclairage naturel peut être unilatéral si la classe n'a pas une largeur trop considérable, pourvu que les baies soient de grande ouverture et que la lumière vienne de gauche à droite. Dans le cas d'un éclairage bilatéral, on s'arrange de manière que la lumière la plus abondante soit reçue ù gauclie. On évite de placer les élèves de telle façon qu'ils aient le jour en face.

L'éclairage artificiel est produit par l'buile minérale, le gaz, l'acétylène ou l'électricité. Il importe que la lumière soit suftisaute, fixe, et d'un éclat modéré.

Chauffage des classes, — La température il(^s classes peut varier entre 12" et 16" ; le professeur la règle suivant les indications d'un thermomètre. Le mode de cbautîage le plus hygiénique est celui des calorifères à eau chaude ou à vapeur. Si l'on se sert de poêles, on les choisit k double enveloppe : ils donnent ainsi une température plus uniforme, vicient moins l'air et le renouvellent avec plus d'activité. L'eau d'un large récipient, posé sur le poêle, conserve ù l'atmosphère une humidité suflLsante. — Dans les classes des jeunes enfants, on entoure le poêle d'un grillage en fil de fer, pour éviter les accidents.

Aération des classes. — L'aération des classes est assurée, pendant les récréations et durant l'absence des élèves, par les fenêtres tenues largement ouvertes. Pendant les études, l'air est renouvelé par des orifices d'évacuation placés vers le plafond ou un peu au-dessus du sol'*; on évite ainsi les

* « 11 faut que les classes aient un bon jour et un bon air, et qu'il y ail pour cela des fenêtres aux deux bouts de la classe pour la transpiralion (aération) ». Conduite des Ecoles chrétiennes ^1720).

b L'air chaud occupe les couches supérieures ; il descend s'il esl par trop chargé d'acide carbonique : c'est pourquoi les orifices d'évacuation sont utiles, soit vers le plafond, soit vers le sol. Ils sont préférables aux impostes, lesquelles toutefois étaient déjà un progrès sur les fenêtres qui n'en avaient pas.

courants dair, toujours nuisibles à la santé. On peut aussi faire disposer, dans la partie supérieure des fenêtres, des vasistas s'ouvrant de haut en bas.

Il est à souhaiter que, durant rhiver, le chaulïage et la ventilation des classes se combinent, c'est-à-dire que l'air extérieur entrant dans la salle soit directement conduit vers l'appareil de chauffage, pour de là se répandre dans l'appartement.

Propreté des classes. — La propreté permanente des classes, aussi bien que leur bonne installation, contribue au maintien de la santé des élèves. On entretient la propreté du sol par un balayage quotidien, par des lavages fréquents, et par l'emploi périodique de désinfectants, par exemple d'eau phéniquée.

Si les murs sont recouverts d'un l)adigeon à la chaux, on le renouvelle chaque année ; s'ils ont été vernis ou peints à l'huile, on les lave ileux ou trois fois l'an.

Services spéciaux des internats. — Les services spéciaux des internats sont : les réfectoires, les dortoirs^ les lavabos, les salles de bains, l'intirmerie ei la salle de réunion.

Les réfectoires sont à proximité de la cuisine. Le parquet et le mobilier réclament une très grande propreté ; la disposition des tables des élèves et des professeurs doit, avant tout, faciliter la surveillance.

Les dortoirs bien installés satisfont aux conditions suivantes : 1° être suffisamment vastes pour que 15 mètres cubes y soient assurés à chaque élève; 2° présenter une disposition des lits qui favorise la surveillance et la décence ; 3° être munis d'un bon système de ventilation.

Les lavabos sont ou non établis près des dortoirs; une très grande propreté doit toujours y régner. S'ils sont éloignés du dortoir, on les chauffe pendant la saison froide et l'on veille à ce que les élèves ne s'y rendent pas sans être complètement habillés.

Il est indispensable d'aménager, dans les internats, des salles de bains et d'hydrothérapie. On les tient à une température telle que les refroidissements n'y soient pas à craindre.

l'i ÉDUCATION

On établit Vinfh'mrrie d'un internai dans un endroit pain, calme et facilement accessible aux ])arenls des élèves. Les divers services, olUcine et laboratoire, salle commune et chambres particulières, salles de bciins et d'iiydrolhérapie spéiMales aux malades, doivent y èlre installés dans les meilleures conditions hygiéniques. Quelques chambres d'isolement sont indispensables.

Une salle de réunion est nécessaire dans un internat. On la construit vaste, à |)roximité de la rue, si elle doit servir à des séances publiques, et dans des conditions satisfaisantes de ventilation, de chauffage, d'éclairage et d'acoustique. On y ménage un nombre suffisant de portes de sortie s'ouvrant du d(>dans au dehors, pour parer à toute catastrophe en cas d'incendie. Si elle est à un premier étage, il faut de plus établir des escaliers suffisants, comme nombre et comme dimensions.

Page 1