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II. - RÉCRÉATIONS ET JEUX

Dans les internats, le moment et la durée des récréations sont d'ordinaire fixés comme suit : une heure entière après le repas de midi, une demi-heure vers quatre heures, puis, en été, une demi-heure avant le souper. — Deux récréations d'un quart d'heure sont placées l'une après le déjeuner du matin et l'autre vers dix heures. Pour éviter les sorties pendant les classes, deux repos de dix minutes sont accordés vers trois heures et six heures du soir, surtout aux jeunes enfants.

Dans les écoles paroissiales, ù moins que les élèves n'y prennent leur repas de midi, il n'y a souvent pas d'autres récréations que les repos d'un quart d'heure qui coupent en deux la matinée et l'après-midi.

Le jeu est l'emploi le plus hygif'-nique et le plus moral des récréations ; les conversations et les promenades par groupes sont interdites pendant ce temps.

EXERCICES PHYSIQUES t I

Rôle des jeux dans l'éducation. — On a parfois exagéré rimportance éducative des jeux; par une erreur signalée à maintes reprises, on est allé jusqu'à leur attribuer une intlucnce décisive sur la lorniation murale des jeunes gens. Toutefois il est juste d'affirmer qu'ils sont indispensables.

Les jeux constituent la meilleure gymnastique. Ils détendent et délassent l'esprit ; ils sauvegardent la santé en favorisant le fonctionnement des organes ; ils développent la force et l'agilité musculaires, l'énergie, l'ardeur, l'initiative et le sang-froid; ils dissipent la rêverie et ses suggestions malsaines ; ils contribuent à la formation du caractère, par les petites contestations qu'ils suscitent; ils mettent de l'intérêt dans la vie scolaire: ils maintiennent une joyeuse et franche intimité entre tous les élèves d'une classe, et le bon esprit dans une maison. L'hygiène du corps, de l'esprit et du cœur réclame donc que les jeux soient l)ien organisés, surtout dans un internat : rien n'est pire qu'une maison d'éducation où l'on joue peu et mal.

Org-anisation des jeux. — L'une des principales sollicitudes des éducateurs est d'exciter, dès le début de l'année, une grande animation dans les jeux pour amener les élèves à jouer beaucoup et volontiers, sans toutefois paraître les y contraindre.

Dans ce but, on emploie les diverses industries que l'expérience a jugées les meilleures : initiative laissée parfois aux élèves dans le choix d'un jeu, d'ailleurs habilement suggéré ; division des joueurs en groupes rivaux; établissement d'un jury; attribution de notes et de récompenses; préparation de séances solennelles ou fêtes des jeux.

Les jeux sédentaires ne sont à recommander, ni au point de vue hygiénique, ni au point de vue moral. — Le jeu de billes ne provoque sans doute guère les enfants à des mouvements violents, mais il ne manque pas d'animation ; il exerce l'œil, autant peut-être qu'aucun autre jeu et il intéresse beaucoup les joueurs, surtout en certaines saisons de l'année. — Dans les cours de l'école, les meilleurs jeux sont les barres, la balle, la course et les échasses, A la campagne, les grands

jeux, tels que balle, cerceaux, ballon, font régner une animation vive et générale '.

Surveillance pendant les récréations. — Plusieurs raisons, et des plus graves, font au maître une obligation d'exercer une exacte surveillance pendant les récréations. Il doit : empocher les élèves de s'isoler, de former des groupes, et de s'éloigner de la cour; — ranimer le jeu qui viendrait à languir ; — ne pas perdre d(^ vue les aboids des cabinets ; — étudier le caractère des enfants, qui se font connaître surtout dans l'expansion du jeu.

C(H important sujet recevra, au IV^ livre, les développements quil réclame.

Retenues pendant les récréations. — Puisque la récréation et le jeu sont si utiles à l'élève, on ne l'en privera que très rarement, et qu'une seule fois dans la même journée. On n'écoulera pas volontiers les demandes d'enfants qui, sans raison valable, voudraient rester à la salle de garde ; on n'y envfira (jiie les élèves indit-posés.

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