‹ Eléments de pédagogie pratiqueChapitre 42 sur 179 · I. — ÉDUCATION DE L'ATTENTION · texte numérisé non relu

I. — ÉDUCATION DE L'ATTENTION

Principes, — L'attention est un regard actif de l'intelligence, jirrèté consciemment sur un objet pour l'étudier. C'est une

•' L'attention n'est pas une lacullé intellectuelle; c'ebl lacté par lequel l'esprit concentre volontairement ses forces sur un objet. Au sens strict, on ne fait donc pas l'éducation de l'attention, mais l'éducation de l'esprit quant à l'acte de l'attention. La même remarque s'applique à l'association des idées, et au langage. — Cette explication étant donnée, nous conservons cependant l'expression.

ii'l tDUCATluN

Sourie de i-ecueillemenL de l'esprit;, qui se déprend dv loule application étrangère à l'idée dont il veut s occuper.

Tout travail inleliecluel commence, continue et se soulif'nl par l'attention; c'est pourquoi l'éilucaleur clierclie à exciter, à enlrt'lenir, à accroître en ses élèves le pouvoir d'allenlion, (|ui est la grande furce de l'espril.

L'altenlion e.«t spoulanée, quiind l'esprit s'applique de luimême à un objet; provoquée^ quanil il s'y porte par une excilalion extérieure. Avec les jeunes enfants, il ne faut guère compter sur In prnmiére de ces deux formes : leur légèreté,^ leur indifférence puur les élud^-s dont ils ne voient pas l'utilité, leur besoin de mouvement, leur propension à la r»''veric on à la dislraclion. le p^'U de puissaure 'le leurs laeultés, la faligue causée par l'applicaliiui intiUecluelle, tout leur rend pénible cet ell'ort peisonnel. Mais en ])rovoqiianl l'altenlion de ses élèves, l'éducateur développe en eux le goût et la volonté d'être attenllfs.

L'attention e-t parfaite dans la mesure où el'e est prompte, directe, fort'', soutenue et exclu-ive : prompte, elle sii lixe de suite sur l'objet qu'on lui propose ; directe, elle va droit à lui et sappli(|ue à tout ce qu'il est; lorte, elle s'en occupe avec intensité ; soutenue, elle persévère autant (|u'il est utile ; exclusive, elle attache l'esprit uniquement à l'étude présente.

Conseils relatifs à réducation de rattention. — Le grand secret pour r(Mi(lre les élèves allenlifs, c'est de les iulére;S<'r '. Voici quelques moyens prati(|ues pour y réussir :

1. Les élèves écoulent volontiers un maître qu'ils respecleiit

' « Le maîire aura égard de ne point parler d'une man'ère molle et qui soil capable de duuner du dégoût. » Cundade des E'o/en ChréUrniKis (IT^u;, p. 102. — R ]>our se concilier rattention des écoliers, le maître doit l'aiie ses lublruclions d'une manière intéressante. » Conduite des Ecoles Chirtienws (i838 . p. 113. — Ce qui est dit ici du catéchisme s'applique à tout l'enseignement,

— « Le peu de cas que les écoliers l'ont de ce que disent les maîtres, la négligence des élèves à suivre les leçons, leur délaut d'altenlixn aux instructions, bont les Huiles oi'dinaii'es de la nonchalance et du peu de soin des mailres. » Cundude de" Foi-i>i"i-i"-^ MuMii-iiM n» 4 i, [>. 2:5; Coaduile (1828), p. 280.

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et qu'ils aiment : efforcez- vous donc de gagner leur conliance et d'a«quérir sur eux l'ascendant moral que donnant la vertu et la science.

2. Préparez soigneusement vos leçons, puisque c'est le seul moyen de les rendre claires et intéressantes. Ingéniez-vous à donner de la vie et du relief à votre enseignement, par des interrogations, des comparaisons, des rapprochements: quand les élèves prennent plaisir à écouter, leurs distractions sont moins nombreuses et moins persislantes.

3. Procédez l<>gi(^uement du connu à l'inconnu : intéressé par ce qu'il sait déjà, l'enfant se porte comme de lui même au-devfint du nouvel objet proposé à son élude ; au contraire, faute de connaître les notions que suppose la leçon présente, il ne peut suivre les explications, il se décourage et s'abandonne aux distractions.

4. Faites en sorte d'occuper souvent l'attention des jeunes enfants par un objet matériel, concret, ou par sa représentation ; sinon, leurs regards errent de tous cùtôs et leur esprit demeure étranger à votre enseignement.

5. Pour >\ue la communication se maintienne entre les élèves et vous, ne les perdez pas de vue pend mt que vous leur parlez. Possédez si parfaitement la question que vous traitez, que vous n'ayez pas besoin de recourir sans cesse au livre. Soy^z tout à la leçon aciuelle, expliquez-la avec entrain, et ne vous occupez de rinn qui lui soit étranger ^

(>. Ne commencez pas avant que l'ordre et la tranquillité régnent d.ms la classe, et que tous les élèves aient les yeux lixés sur vous. Pendant que vous parlez, écartez toute cause de distraction ; au besoin, arrêtez-vous un instant pour faire lesser 1 inattention. Si vous avez aff.ire à de jeunes élèves, ne manquez pas de récompenser souvent les plus attentifs.

7. Parlez ordinairement à demi-voix, avec calme, clarté et érieux. Pouvez-vous raisonnablement exiger, après de brusques et trop fréquentes saillies d'une humeur joyeuse, que vos élèves se remettent spontanément à l'ordre et au silence?

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