Pour que le souvenir d'un objet se fixe dans notre mé
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moire, cet objet doit s'èli-e présenté clairement à l'esprit et l'avdir occupé un lecnps suftisanl. On ne relient bien que ce qu'on a bien compris; on relient mieux encore ce qu'on a soi-même laborieusement trouvé; ou n'oublie guère ce qu'on revoit souvent. La fidélité des souvenirs dépend donc, chez les élèves, de la clarté des leçons du maître, de l'atlention qu'ils y apportent, de la vivacité des impressions et des images qu'ils y reçoivent, enlin des répétilions et des revisions qu'ils en font.
7. Plus on fait concourir de sens à la formation d'un souvenir, plus il y a de chances qu'il soit lidèle. 'Ainsi, faire écrire un mot au tableau, le faire lire, i>uis le faire copier, c'est ajouter au souvenir visuel un s-ouvenir auditif et un souvenir moteur ou gi-aphique, et tous trois concourent à fixer ce mot dans la mémoire de l'enfant.
Conseils relatifs à réducation de la mémoire. — 1. Ne pas attendre que les jeunes enfants sachent liie pour leur faire apprendre par cœur de courtes prières, de petites poésies, des récits très simples et intéressants, pourvu qu'ils soient à la portée de leur intelligence.
2. Pour ne pas laisser les enfants « se payer de mots », dans ce qu'ils étudient par cœur, commencez toujours ]>ar bien lire et par expliquer le texte à retenir; puis assurez-vous, par des interrogations, que tous les mots en sont intelligibles aux élèves. Que votre règle soit : « Ne rien faire apprendre sans l'avoir fait comprendre-'. »
3. Imposez chaque jour une étude textuelle : poésie, fragment du saint Evangile, prières, délinitions du catéchisme et des sciences exactes, résumt'-s ou sommaires d'histoire, lois des sciences physiques et naturelles.
■' On sait avec quel soin saint Jeaii-Baptisle de la Salle s'est tenu à la portés des enfants dans tout ce qu'il composa pour leur usage, et avec quelle insistance il nous recommande de chercher avant tout à l'aire comprendre aux élèves ce que nous leur enseignons : « 11 faut que vous leur donniez des insiructions conformes •'i leur portée. C'est pourquoi vous devez vous étudier à bien fn>re compren Ire vos demandes et vos réponses dans les catéchismt's, à les expliquer nettement, à vous servir de mots qui soient aisés à entendre. • Md'/ilnlwn pour te II' Dminchr après Pâques.
— « Les enfants, ayant l'esprit plus borné que les hommes, parce qu'il est
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■4. Ne donne/ d'abord à ai)prcndro par cœur que des leçons très courtes, mais exigez quelle!? soient bien sues ; augmentez ensuite progressivement leur lungueur, sans toutefois excéder. Six à huit lignes ou vers, par jour, avec répétdion des deux ou trois leçons |irécédentes, constituent une moyenne raisonnable pour les enfants, avant l'âge de dix ans". C'est par l'expérience surtout que vous vous rendrez compte de ce que vous pouvez demander à la majorité de vos élèves.
o. As-urez la fidélité des souvenirs par de fréquentes répétitions " et des exercices variés de révision.
6. Les souvenirs Hyant une influence considérable sur la direcli(m des pensées, ne confiez à la mémoire des enfants que des lexies irréprochables quant à la forme, et réellement ('ducatifs par les idées qu'ils expriment.
7. Ne laissez pas étudier à haute voix dans les classes. Les enfants apprennent sans doute plus vite en prononçant les mots (|u"en les lisant seulement des yeux ; mais recommandez leur de prononcer sans se faire entendre.
8. Proscrivez de votre enseignement tout procédé mnémonique, s'il ne repose pas sur l'enchaînement logique des idées.
moins dégagé des sens et de la matière, ont l)esoin qu'on leur développe les vérités d'une maniè-e pins sensible... Vous devez les leur exposer et expliquer fimiliéreuient... Vous devez les leur taire comprendre clairement et complètement. » Cinquiètne et sixième Méailutions pour le temps de la Ue traite.
— « Le maître interrogera les élèves par plusieurs demandes et sousdemandes, alin de leur faire comprendre ce qu'il leur enseignera. » Conduite {ilZ(J), p. 99.
■' '< (l'est au maître à examiner, de concert avec l'Inspecteur, quelle tâche de devoir (reciiation par cœur) il peut raisiimablcnient exiger de chaque éciilier, relalivemenl à ses dispositions intellectuelles et naturelles (santé). » Conduite en quiUre parties. Manuscrit n" 44, p. 1G3.
'' L'un des principes pédagogiques sur lesquels nos anciennes Conduites sont le plus explicites est l'emploi très fréquent de la répétition, pour graver dans l'esprit des enfants ce qu'il leur imiiorle de savoir. La méthode d'enscignemenl du catéchisme introduite dans 1 Institut par notre saint Fondateur, les caléchismes spéciaux des dimanches el fêtes, réservent une très large part aux répéliliuns. On peut encore s'en rendre parliculièrement compte, en éliidianl le système établi dès l'origine pour faire répéter les prières « pendant le d'^Ji-uner et le ginucr. » Con laite (1706). p. 12; (1720;, p. y ; tl7'i2j, p. 18. — Les procédés de revision sont étudiés dans la II'' partie.
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î». La fonclionde la mémoire appliquée;! une étude Icxluelle exige une activité cérébrale très intense; elle s'accomplit mieux et avec moins de fatigue après le repos de la nuit: c'est donc le matin qu'il faut placer de préférence ces sortes d'études. Toutefois il est utile de faire, le soir, la lecture attentive d'une leçon qu'on doit apprendre le lendemain matin : il se produit, pendant le sommeil, une sorle de travail inconscient qui facilite l'étude.
10. Donnez à vos élèves une bonne méthode pour apprendre par cœur. Le plus souvent, ils se fatiguent à lire la leçon entière autant de fois qu'il est nécessaire pour quelle se grave dans leur esprit; en cela, ils ont tort. Procédez comme il suit :
— Aux enfants qui ne savent pas lire, expliquez;, racontez tout d'abord ce qu'il s'agit d'apprendre de mémoire. Prononcez ensuite distinctement une proposition, et faites-la répéter lentement et séparément par deux ou trois élèves, puis collectivement deux ou trois fois par toute la classe. Agissez de même pour la seconde proposition, que vous joignez ensuite à la première, afin que les deux ensemble soient répétées suivant le même mode. Procédez ainsi jusqu'à la fin du texte imposé pour le jour, et terminez en demandant à quelques élèves de réciter isolément le tout.
— Aux élèves qui savent lire, recommandez l'emploi d'un procé'dé analogue : Lire attentivement tout le texte à apprendre et, pour en bien saisir le sens, se souvenir des explications qui en ont été données. Reprendre la première phrase et la réciter lentement deux ou trois fois ; à cette phrase, en joindre une seconde et répéter de même les deux ensemble; continuer ainsi, en ajoutant toujours une phrase nouvelle à celles déjà étudiées.
— Aux jeunes gens, vous pouvez conseiller l'emploi du procédé suivant,' concurremment à celui qui précède : Lire attentivement tout le texte à étudier; l'analyser afin de se rendre compte de la liaison logique des idées, de la raison qui justifie telle construction, telle expression caractéristiques. Le relire lentement, puis essayer de le reproduire de mémoire.
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Porter une attention spéciale aux endroits où la me'nioire a faibli, et reprendre le texte jusqu'à ce qu'on en soit maître.