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III. — ÉDUCATION DE LA CONSCIENCE

Principes. — Le but de l'éducation de la conscience est de l'éclairer vivement touchant le devoir, et de l'empêcher de se fausser ou de s'affaiblir.

La lumière de la conscience est d'autant plus vive dans l'àme des enfants, qu'ils sont mieux instruits de tous leurs devoirs ; aussi, nous dit saint .Jean-Baptiste de la Salle, « vous devez leur enseigner les vérités pratiques de la foi avec au moins autant de zèle que les vérités spéculatives ^ »

' Cinquième Méditation pour le temps de la Retraite. — ^ Troisième Méditation pour le temps de la lietraite.

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L'éducation de la conscience des enfants doit commencer dés l'âge le plus tendre, car il importe que, de bonne heure, elle lixe à leur activité morale des limites infranchissables, celles mêmes que la loi divine prescrit à notre liberté. L'assaut des passions s'ell'orcera de les attaquer, mais si la conscience a été hirn formée, elle les défendra toujours avec énergie. Vous avez tout sauvé dans vos élèves, s'ils ont le culte de ce maître intérieur, et s'ils lui obéissent avec respect et simplicité.

La conscience est droit»' ou défectueuse. La conscience droite est conforme à la loi morale. Elle est éclairée, certaine et délicate. Eclairée, elle instruit du devoir, en tixc l'étendue, et ne se trompe pas .sur la conduite à tenir dans les cas successifs (|ui se présentent ; certaine, elle i)roiujnce sans hésitation sur la valeur des actes ; délicate, elle s'oppose aux moindres fautes. La conscience droite est un juge inexorable, qui condauiue avec force le mal commis; mais elle est notre consolation, quand elle a la certitude morale d être bien avec Dieu.

En certains cas, cette conscience peut être, ou perplexe, ou douteuse. Perplexe, elle hésite entre deux choses permises mais opposées, et qui s'offrent en même temps : elle doit alors, si elle le peut, différer son action et prendre le loi.^ir de -''(■'clairer ; si la décision immédiate s'impose, elle se résouilra au parti qui parait le plus sage. Douteuse, elle suspend ^ou jugement, soit qu'elle doute de l'existence de la loi, soit qu'elle ne voi<' pas si l'acte est permis ou défendu : lorsque le doute est fondé, il importe tle ne pas agir avant de l'avoir dissipé.

La conscience déferiiieasc i)eut être ignorante, relâchée, fausse ou scruj»uleuse. Ignorante, elle ne connaît pas certaines de ses obligations, qu'elle ait ou non des motifs plausibles pour se disculper de cet étal ; relâchée ou large, elle atténue les fautes, trouve des excuses aux actes inexcusables ou, sur de faibles raisons, elle regarde comme permis ce qui ne l'est pas; fausse ou erronée, elle juge licite ce qui est défendu, et réciproquement; scrupuleuse, elle se trouble, s'alfole pour des motifa futiles, tandis qu'elle est souvent d'un surprenant laxisme pour des fautes qui devraient l'inquiéter.

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Conseils relatifs à réduoation de la conscienoe. — 1. 11 iinporle que les élèves soient bien convaincus qu'il n'est jamais permis d"afi,ir contre sa conscience, et qu'on ne doit la suivre que si elle est moralement certaine de l'honnêteté de l'action. Qu'ils sachent en même temps, que, si elle lait loi pour l'individu, on ne peut cependant pas conclure de là qu'elle soit toujours droite : il faut travaillera la rendre telle.

:>. Ce n'est pas seulement une conscience « d honnête homme » que l'éducateur doit former en chacun de ses élèves, mais une conscience de chrétien. Pour cette œuvre, l'appel exclusif cl la raison est insuffisant; il faut sans cesse recourir au.v préceptes positifs de la religion révélée.

3. L'éducation de la conscience se fait par des enseignements qui l'éclairent et des directions pratiques qui la guident. Ces directions et ces enseignements sont donnés à l'enfant par le maître, le prêtre et surtout par le confesseur. Entin, les sacrements sont le grand moyen de formation des consciences : par eux, Jésus-Christ pardonne les fautes, et communique aux âmes la docilité à sa grâce, avec la force de persévérer dans le bien.

4. C'est principalement pendant le catéchisme et les rétlexions que le maître donne à ses élèves les enseignements dont leur conscience a besoin. Autant que le comporte leur âge, on leur explique les devoirs qu'imposent au chrétien la morale naturelle et la morale de Jésus-Christ, afin qu'ils soient bien instruits des conditions qui cimstituent le péché et de celles dont le concours rend une faute grave.

5. L'un des meilleurs moyens de faire léducaliou de la conscience des élèves, c'est de les former à la pratique de l'examen, soit journalier, soit préparatoire à la confession, lis contractent ainsi l'habitude de rentrer en eux-mêmes, de se demander compte de leurs actes, d'en rechercher la cause, d'en juger la nature et les motifs, d'en prévoir et d'en prévenir le retour s ils sont mauvais.

Pour faciliter aux enfants l'exercic de l'examen de conscience, notre saint Instilut'^ur a eu soin d'en indiquer le sujet pour chacuB des jours de la semaine. Il a réparti en quatre articles, de cinq points chacun, les principaux devoirs et les

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fautes les plus ordinaires de l'écolier : ainsi Tentant rétléchit chaque mois sur Tensemble des obligations du chrétien ; il s'examine lui-même, non d'un regard superliciel, mais par une recherche précise qui scrute les replis du cœur.

6. Le moyen suprême de formation pour la conscience est la confession fréquente et sérieusement préparée : par elle, lenfant, le jeune homme acquiert l'habitude de s'examiner, la loyauté pour se juger, l'humilité pour s'accuser, et le courage pour se corriger. Il retrouve dans le sacrement la vie de la grâce, s'il l'avait perdue ; il s'y affermit, s'il l'avait conservée. Il reçoit une direction prudente, appropriée à ses besoins actuels, et qui le maintient dans l'aversion pour le mal.

7. Rien ne fortifie autant l'empire de la conscience sur la volonté du jeune homme, que la pensée fréquente des fins dernières. Dans vos instructions, revenez souvent sur ces graves sujets : « ils sont comme une épée à deux tranchants qui pénètre bien avant, qui atteint jusqu'à la division de l'àme et de l'esprit, jusqu'aux articulations et àla moelle» *, opérant ainsi les séparations nécessaires,' pour détacher le cœur de l'occasion du péché.

S. Ne vous immiscez jamais, et en quoi que ce soit, dans les affaires de conscience de vos élèves. Si leur confiance à voire égard les portait à vous faire certaines confidences, loin de les y encourager, adressez-les à leur confesseur : c'est lui qui a grâce d'état pour résoudre leurs doutes.

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