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I. — PRINCIPALES VARIÉTÉS DE CARACTERES

Par cnraclère d'un enlant ou d'un homme, on cnlond sa physionomie inlellccluelle et morale.

Le caractère est formé de plusieurs élémenls : du lempéramont physique; des raculléà intellectuelles et morales avec leurs qualités natives et les habitudes volontairement contractées ; des inclinations naturelles et des passions, les unes bonnes, les autres danj^ereuses ou radicalement mauvaises.

De ces divers élémenls, les passions et les habitudes sont ceux sur lesquels la volonté a le plus d'empire : (|uelle que soit leur violence, nous pouvons. Dieu aidant, les maîtriser, les réformer, les moraliser, c'est-à-dire leur imposer le joug du devoir.

Les dispositions nalur(;llos des enfants, la première ('ducalion morale et religieuse qu'ils oui reçue dans la famille, les e\(Mnples qu'ils ont eus sous les yeux, les fréquentations qu'ils (Mil faites, créent parmi eux des variétés très nombreuses de caractères 'Ces variétés peuvent d'abord se ramener à deux groupes généraux : les bons caractères et les caractères dtM'ectueUX.

.Nous allons eu indiquer les types principaux, ou plutôt les traits dotninanls de chacun deux. Dans la réalité, les caractères sont 1res com|»lexes : ils groupent plusieurs «léfauls secondaires autour d'une passion maîtresse; ils réunissent à une vertu principale d'autres vertus moins développées, et surtout ils joignent, en proportions varié'es comme à l'inlini, les (lualités et les (h'-fauis.

Les bons caractères. — Les bons caractères sont c(nix dans lesquels les tendances et les habitudes vertueuses l'emportent sur leshabitudeset les tendances opposées. (»n peut distinguer: le cnraclère ouvert, le cnractère doux et pacifique, le caractère modeste, le caractère ré-servé, le caractère aflectueux et compatissant, le cara(;lère ferme et actif, le caractère calme et r.''llcclii, le caractère délicat, le caractère noble e| élevé.

Le cavaclere ouvert. — Par un besoin d'expansion et de Il anchise. lenhint qui a ce caractère communique ses ijensées.

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ses projt'is, ses sentimonts, et avouf de même ses torts sans (l»''}i^'iiisement ni calcul. Sa loyautt- cl sa candeur l'exposent à devenir la victime des habiles et des dupeurs, s'il n'y Joint la disen'tinn et la prudence. Il lui faut des rapports alfeelneux avec ses condisciples et ses maîtres; il les crce par ses [ircvenances. sa bonne liumeur et sa docilité. Volontiers il accepte la direction d'un éducateur et d'un confesseur, parce qu'il leur a donné toute sa confiance. L'important est ()u'il ne manque pas d'initiative.

Le earnclcre doii.c et pan'fiquc. — Cliez un enfant vertueux, la douceur n'est pas l'apathie, mais une disposition à la domination sur soi-même et à l'cfT'ort moral. Dans les petits ennuis de la vie scolaire, il ne s'aigrit de rien, non qir'il ne sente pas vivement les manques d'égards, mais parce qu'il est assez bon pour supporter les cimtrariétt's qui peuvent lui venir de la part de ses condisciples. Il est bienveillant tlans les appréciations, conciliant dans les rapi»orls, pacitique dans les paroles ; on l'aime, et il règne par la bonté.

Le cnrartère modesfe. — Le jeune homme modeste s'abstient, par vertu, de tout ce qui sent la jactance et la vanité. Itieu de prétentieux dans sa tenue ; rien d'atledé dans son langage. Il parle peu de lui-même, soit en bien, soit en mal. Ce n'est pas qu'il ignore son mérite ; mais il sait qu'à le publier, il en perdrait la récom])ense devant Dieu, et deviendrait ridicule devant les hommes. Loin d'imposer à ses camarades ses vues, ses goûts et ses projets, il défère volontiers à leurs désirs et, par un juste retour, on le consulte, on se range d'autant mieux à son opinion (pi'elle n'fivait d'abord écarté celle de personne. .Même esprit de simplicité dans le travail : pas d'enflure ni de suffisance dans la réussite ; pas d'abattement dans l'insuccès, mais l'égalité dune Arne que l'humilité préserve des brusques variations d'humeur, et des violences hautaines et méprisantes qui aliènent les cœurs.

Le t.nractèrc a/feclueu.v et coinpathsanl. — Chez l'enfant affectueux et compatissant, dominent les afTeclions familiales, le goût de l'amitié et une sympathie agissante pour ceux qui souffrent. Ces dispositions se traduisent par des paroles affables, des procédés bienveillants, l'empressement à obliger

el un art délicat de se gêner, de s'oublier pour rendre service. Dans la famille, l'obéissance de cet enfant a l'égard de ses parents est prompte el dévouée. Son union cordiale avec ses frères et sœurs lui fait rechercher le plus possible leur compagnie ; elle le rend ingénieux à leur être agréable, patient à supporter leurs défauts, habile à concilier les petits différends. En classe, il se montre aimable à l'égard de tous, sans préférences exclusives pour personne. Un camarade esl-il peiné, il le console; en butte à la taquinerie, il Icdf'fend. Autant que le lui permettent ses ressources, il participe aux œuvres charitables établies dans l'école : donner est pour lui un bonheur.

Le caractère ferme el actif. — L'activité constante, pondérée, courageuse, est Tune des meilleures dispositions qui se puissent rencontrer chez un élève. Elle assure le succès de son éducation intellectuelle et morale ; elle le prépare à se faire plus lard une place honorable, à exercer une influence utile dans la société. Un jeune homme de ce caractère se livre, non avec un goût égal, mais avec une égale ardeur, aux occupations diverses qui lui sont proposées par le règlement. Les obstacles ne le reliutent pas ; il les aborde avec une fermeté patiente qui en vient à bout. Sou intelligence est-elle heureusement douée, il se place en tète de .ses condisciples et s'y maintient; ses dispositions à l'élude ne sont-elles que médiocres, il y supplée par l'obstination au travail et parvient ainsi à devancer des élèves plus brillants, mais moins assidus que lui.

Le caraclère calme et réfléchi, — Beaucoup observer, peser à loisir les motifs avant d'agir, parler avec circonspection : voilà qui révèle, chez un jeune homme, une précoce maturité de jugement. Un tel élève se possède assez déjà pour ne dire que ce qu'il veut, le bien directe faire valoir par des preuves, et le défendre avec ténacité. Les enfants légers traitent peutêtre d'entêtement celle fermeté dans les idées et les résolutions, et cependant ils subissent malgré eux l'ascendant d'un camarade dont le calme déconcerte leur perpétuelle mobilité. Si les dons de l'intelligence et l'ardeur au travail .se joignent à ces heureuses dispositions, les succès scolaires sont assurés,

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particulièrement dans les études qui relèvent du jugement : sciences exactes, histoire et philosophie.

Le rrtrartpre délicat. — La délicatesse du caractère est la chariti' jointe à une exquise sensibilité. Parce que le jeune homme délicat sent vivement, il est ingénieux à ('viter ce qui peut blesser ses condisciples ; il sait s'oublier et au besoin se sacrifier, pour éviter les froissements, les discussions pénibles. Et il le fait avec tant de naturel et de simplicité, que beaucoup ne s'aperçoivent pas des violences réelles qu'il s'impose pour retenir sur ses lèvres une parole désobligeante, supporter en silence un procédé discourtois, et rendre service à ceux mêmes dont le caractère lui est peu sympathique.

Le caractère réservé. — Dans les paroles, l'attitude et les actes d'un jeune homme, la réserve est une vertu complexe, faite de pudeur et de foi. de discrétion, de distinction et de respect. Elle n'exclut pas la joie franche et les libres ébats; elle ne consiste nullement dans les manières contraintes, timides ou guind(''es ; elle n'interdit que le mal et ce qui le provoque : conversations suspectes, langage grossier, fréquentations dangereuses ou mauvaises, lectures trop libres. Elle inspire un tact parfait pour rendre à chacun les égards qui conviennent, pour parler et se taire à propos, en un mot pour garder en tout la mesure qui préserve des sottises et des fautes.

Le caractère voble et élevé. — L'élévation du caractèi^ consiste dans une répugnance instinctive pour ce qui est vulgaire, grossier ou vil, et dans un goût vif et spontané pour ce qui est noble et honorable. Loin de se plaire aux conversations banales, aux plaisanteries triviales , aux lectures futiles, le jeune homme s'éprend d'admiration pour les belles actions, les nobles causes, les héros du dévouement patriotique ou religieux. Est-il besoin de dire qu'il se montre d'une scrupuleuse délicatesse sous le rapport de la loyauté, de la sincérité et de la probité? Le soupçonner de la plus légère faute à cet ('gard serait le blesser au vif. Mais le culte qu'il a pour l'honneur n'est pas platonique ; il ambitionne de remplir un jour sa vie d'actes honorables, éclatants même. La carrière militaire, le sacerdoce, l'apostolat des missions, trouvent leurs

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meilleures recriips parmi les jeune* gen^df re cjiractt're, pour <\\i\ la monohmio, pourtant si mériloiro, ijc la vicronunimoii'a Sduvont aupiiu alli-ait.

Les caractères défectueux. Los cararlères «léfoclueux sont le résultat des tendances de la nature vieiée et dos mauvaisos habitudes contractées. Los lypos principaux sont : le caractère mou, le caraclèro dissimidô, le caractère orgueilleux, le caractère loger et le caractôro passiftniK'.

Ac innirfrrc mon. — L'(''lôve mou saltaudonno à ses iui|iu]sions nalui'ollos ol à rinlUienco du milieu, surtout mauvais, où il est placé. Il répugne à tout ce qui demande im eiïorl et s'adonne à ce qui lui plail, jus(prA la laliguo (>\clusi<^ vement. Il n'étahlil de garde, ni autour (]o son imagination souvent rêveuse, ni autour de son C(eur souvont trop tendre. En classe, pendant les exercices religieux, dans les jeux mémo, il est passif: il suhit. Comhien un tel caractère ollre peu de ressources, à moins qu'une sincère piété no le garde, ne le transforme, ne lui donne la force pour la lutle morale !

Le caracli'ro dissimulé. — L'élève dissimidé cache les motifs de ses actes et, autant qu'il peut, ses actes eux-mêmes. 11 affirme ce qu'il ne croit pas, et feint de ne pas croire ce dont il est certain ; il n'est franc avec personne, pas même avec sa conscience et avec Dieu. Il est souvent orgueilleux, jaloux, dur, et de mœurs douteuses, qui réclament une surveillance parliculiéro. Un enfant peut être dissimulé par timidité ou par hypocrisie. La timidité se dissipe par des témoignages de confiance; mais devant l'hypocrisie invétérée, l'éducateur semble être désarmé.

Le cavaclère orqiieilleux. — N'ayant d'estime que pour luimême, l'enfant orgueilleux cherche à rabaisser ses condisciples. Dans ses paroles, c'est la vantardise, la jactance; dans les jeux, l'esprit de domination (hi la bouderie; devant les obstacles, son dépit se traduit pai" la violence, l'exaspération, les injures peut-être; dans les succès, sa joie est immodérée, méprisante. Il est opiniâtre dans ses idées, querelleur par esprit de contradiction; c'est un cœur sec, duquel l'égoisme a chassé la pitié, le dévouement et la sympathie.

Le mracthe léger. — L'enfant léger est volage, dissipé.

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curieux; il tant qu'il s'agile, qu'il voie, (juil s'enquière. Sa parole est ii-rélléeliie, ])récipitée. Ne se donnant pas le temps de s'iToulcr liii-mcmc, commciil écouterail-il avec altention ce qu'on lui «lif ? Vaniteux, il s'attache aux futilités, aux vanités. Il ju,!;e de tout par l'apparence et r('cial. 11 esl versatile dans son humeur et dans son application au travail, inconstant dans ses relalions et ses amitiés, superficiel dans ses conviclions, même religieuses. Cet enfant, aimable et affectueux quand il est bien disposé, est comiiu' un sable mouvant sur lequel on ne saurait rien édifier de solide. Un tel caractère rend difficile toute formai ion intellectuelle et morale ; il donne bien des craintes pour l'avenir, car souvent l'enfant b'ger devient un homme léger.

Le caractf're passionna. — Les enfants passionnés sont des natures violentes ou d'une extrême impressionnabilité. La colère, l'attrait des plaisirs coupables, excitent en eux de véritables bouleversements. Souvenl leur volonté et leur cœur sont comuie frémissants, dans l'impatience d'une liberté sans limites. Combien ces caractères ont besoin d'un éducateur patient et d'un confesseur éclairé, au moment surtout de la crise morale (|ui nuirque le passage de l'adolescence à la jeunesse ! Plus que d'autres ils sont exposés aux rêveries ardentes, à la séduct'on des mauvaises lectures, à la servitude des maiivai.*es habitudes, à l'entraînement des amis pervers. Et cependant. (|uand leur nature exubérante se tourne vers le bien, une bonne direction aidée de la grâce peut faire d'eux di's chn'-tiens délite, des apôtres et des saints.

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