II. — RÉFORME DU CARACTÈRE
Pour l'éducaleur, l'étude des caractères ne reste pas spéculative ; elle le conduit à, rechercher par quels moyens il peut aifler ses élèves ;'i développer leurs bonnes inclinations et à combattre les mauvaises, en un mot à corriger leurs d('fauts et ;t prati((uer les vertus clinHiennes.
Correction des défauts. — Les tendances funestes dont il vient d'être question engendrent, dans l'âme qui ne les combat pas, des défauts nombreux. Ces tendances et ces défauts sont
des maladies morales, de gravité diverse, auxquelles rr-diicateur doit opposer des remèdes appropriés,
Ln légèrelé. — 11 y a, chez les enfants, deux sories de légèreté : l'une naît de l'âge, et l'âge lui-même se charge de la calmer; l'autre, plus grave, et qui a sa source dans l'absence de qualités sérieuses, rend un ('lève comme incapable de s'arrêter à un raisonnement pour le suivre, et de tenir aucune bonne résolution. Soyez patient et modéré dans la répression de l'une et l'autre forme de ce défaut; car i\ trop punir l'enfant léger, vous risquez de le rendre méchant. Il convient que vous fermiez parfois les yeux sur quelques-unes de ses étourderies irrétlécliies, atin de vous ménager une autorité efficace pour réprimer ses faute? plus volontaires. Faites-lui remarquer quel tort font à ses études, son inconstance, son manque habituel de réflexion et d'application soutenue. Dites-lui que, sans doute, il a d'aimables qualités; mais que la légèreté les tient en échec et que, plus tard, elle créera de sérieux obstacles à sa réussite dans la vie sociale. Proposez-lui l'exemple des élèves les plus calmes et les plus réfléchis; excitez-le h se dominer lui-même et récompensez ses efforts pour l'engager à les continuer".
Le mensonge. — 11 ne faut pas se le dissimuler, les enfants menteurs sont assez nombreux : les uns mentent par timidité, d'autres par vanité; ceux-ci par intérêt, ceux-là par dissimulation et plusieurs même par méchanceté. Aussi, notre saint Instituteur insiste sur la nécessité de corriger les élèves d'une si funeste habitude : «Vous devez, nous dit-il, porter les enfants, avec beaucoup de zèle, à renoncer aux mensonges '.... Efforcez-vous de leur faire sentir combien ces fautes sont opposées à la loi de Dieu... Veillez donc à ce qu'ils disent
■■' « «Juant aux enlanls éventés (évaporés) et légers, leurs défauts ne viennent pas de pure malice, mais de lépèreté d'esprit. 1! faut faire en sorte de les prévenir en leur témoignant de l'affection, sans cependant leur confici' aucun emploi. On les place le plus prcs du maître qu'il est possible, et entre deux écoliers d'un esprit posé. On leur donne de temps en temps quelques récompenses pour les rendre assidus ii l'école, parce qu'ils s'en absentent facilement, et pour les engager, pendant le temps qu'ils y sont, à 96 tenir en repos et en silence. » Conduite (1720), p. 161.
1 Sixième Méditation pour le temps de ln Retraite.
toujours la vérité et que. lorsqu'ils vourlront assurer quelque chose, ils se contentent d'affirmer : cela es/ ou cela n'est pas '.»
En présence d'un^ élève timide que vous surprenez à mentir, demandez-vous si l'excès de votre sévérité n'en serait pas la cause. A celui qui ment par vanité ou par jactance, montrez combien il se rend ridicule. Surveillez et punissez le mensonge d'action, qui prend la forme de la tricherie dans les récitations, les devoirs et les compositions. Avant de flétrir le mensonge de l'enfant hypocrite, dissimulé, mettez-vous en état de le convaincre si bien de sa faute qu'il ne puisse se disculper par une nouvelle tromperie. Enfin, soyez impitoyable contre le mensonge méchant qui tente de calomnier un innocent, dans le but de le faire punir.
Développez chez vos élèves une grande estime de la franchise, de la loyauté, sans lesquelles il n'y a pas de vie honorable. Pardonnez parfois une faute avouée sans détour, en considération de la noblesse de caractère et du courage qu'a montrés le coupable en s'accusant lui-même, et en convenant de ses torts '\
Le respect humam. — S'il ne règne pas à l'école, du moins le respect humain guette-t-il vos élèves dès leur entrée dans la vie sociale, pour les entraîner à des lAchetés de conduite qui sont de véritables apostasies. Dans certains milieux, les milieux ruraux surtout, la crainte d'une raillerie, d'un sourire de mépris ou d'un geste de pitié est souvent l'épouvanlail des esprits dont l'instruction religieuse est trop superficielle. Pour prémunir les enfants contre cette honteuse faiblesse, rappelez-leur les droits de Dieu, les menaees de Jésus-Christ à l'adresse des victimes du respect humain, l'honneur et l'obligation qu'il y a, pour un homme, de s'affranchir du qu'endira-t-on et de l'opinion des impies, des dépravés ou des sots. De bonne heure, développez en vos élèves l'esprit d'initiative,
■' La Condvitp de 1706 et celle de 1720 rangent le mensonge parmi « les vices qu'il ne faut point ordinairement pardonner... Il faut faire connaître aux écoliers qu'il n'y a [•a.ç de petit mensonge devant Dieu... ; et qu'on leur pardonnera plutôt ou qu'ils seront moins punis, lorsqu'ils avoueront ingénument leurs fautes. »
' Dixième Médilalion pour le temps de In Belraife.
l^'l ÉDUCATION
la n<»ble indé[»endance d'iino âme qui rt-mplit son devoir sans so prroccuper ♦!»• ce (\uo l'un peut dir*^ on penser. C'est parlifulii'renienl aux. t'ièves internes (|n'il faul rccoinmander de donnt-r à leur ])iél('', pendant les vataiices, un caclirt, personnel : qu'ils se montrent chréliens alors, non par intlnence de milieu, mais par convictions raisonnées.
La Jalousie. — La jalousie est assez fréquente parmi les enfants, et elle leur inspire des procédés vils et déloyaux : « haine du prochain, joies dans les disgrAces qui lui arrivent, médisances, jugements lénit'rnircs et mauvaises interprétations '. » Un sage éducateur ne loue jamais avec excès aucun élève, et surtout il ne laisse paraître d'afîection parliculièrt» pour qui (|ue ce s<^tit : ces témoignages sei-aient des semences de jalousies et de haines. 11 n'écoute pas les dénonciateurs et les délateurs : ils sont la peste d'une classe. Il s'o[)pose aux persécutions ouveites ou occultes auxquelles un élève jalousé serait en butte, et il s'ingénie à faire régner dans l'école les procédés affables et bienveillants de la charité chrétienne.
La iiuniic du dénif/remenf. — Les enfants sont d'ordinaire si inconsidérés dans leurs paroles, quils répètent tout ce qu'ils ont appris de la conduite de leurs condisciples, le mal surtout. Sans doute, ils ont rarement l'intention de nuire; mais ils n'en contractent pas moins la triste habitude de la médisance. Faites-leur remarquercombien ces fautes Sf)nt considérables devant Dieu, combien les conséquences en sont difficilement r('parées, et combien |)eu on se lierait à eux plus tard, s ils étaient incapables de tenir secrète une faute qui ne doit pas être divulguée.
La manie du dénigrement doit être combattue avec fermeté; une répression exenqdaire s'impose contre la récidive. Kn certains cas d'une spéciale gr,Tvité, si le dénign'ur (exerce une influence funeste sur ses camarades et propage parmi eux le mauvais esprit, le Frère l)ireclenr est juge de li peine à intliger, qui peut aller jusqu'au renvoi. Cherchez à <lévelopper les qualités contraires à ce déplorable penchant : la bienveillance réciproque, l'admiration pour Icuit ce qui est n(»hle, et l'habi-
' Devoirs du Chrétien, l""* partie, 2" traité, chap. XIV, sect. iv (p. 175)
tude de ne voir que le bien dans les actions d'autrui, ou du moins dans ses intenlions.
Le penchant à lamoquene, « la taquinerie. — Par taquinerie, il laul entendre, non les saillies d'un esprit enjoué, mais les vexations, les surnoms ridicules, les allusions blessantes, dont soullriraienl des élèves timides, faibles ou inlirmes, de la part de certains de leurs camarades. Vous mettre/, fin à ces tracasseries en prenant tout de suite et hautement, sous votre protection, ceux qui en sont les victimes.
La mollesse de volonté et la paresse. — « Les paresseux, dit saint Jean-Haptiste de la Salle, ont le malheur d'être privés de toutes les vertus, n'ayant pas le courage de les pratiquer '. » Rendez-vous comi»te d'abord si l'indolence d'un élève ne serait pas causée par un atlaiblissemenl physique qu'expliquent la maladie, l'âge ou la température même : en ce cas, excite/., aiguillonne/, nuiis ne rudoyez pas. Peut-être n'esf-elie que le découragement momentané d'un entant qui ne peut suivre l'allure générale de la classe : aidez-le, el, s'il est nécessaire, demandez qu'il soit placé dans une autre section. Celle paresse provient-elle enlin dune apathie habituelle, ayez recours aux moyens d'émulation, récompensez les moindres succès, cherchez à faire naître le goût du travail et le désir d'occuper dans la classe une place honorable. Servez-vous avee prudence du roncours des parents : le désir de leur être agréable est, pour l'enfjint, un puissant stimulant à corriger son indolence et sa paresse naturelles.
L'emportement. — Opposez le calme, la douceur, la fermeté et la justice à la fougue des caractères emportés. .Ne reprenez pas un élève qui est dans relier vescence de la passion ; ne le brusquez pas, évitez de l'humilier devant toute la classe : vous le pousseriez peut-être à de regrettables insolences. Souvent la prudence et une bonté ferme, aidées de la grâce, transforment ces natures violentes, dont l'heureuse intluence dans la sociéti' dédommage amplement un éducateur des peines qu'il a prises à les former.
l'orgceil. Les manifestations principales de l'orgueil
' heviirn (Viin Chré/ien, 1' ' partie, "^e traité, cliap. XIV, sect. vu (p. 180;.
juvénile sont : la présomption, la susceptibilité, l'hypocrisie, la suffisance, le dédain, l'arrogance, l'obstination, l'indiscipline et l'impertinence.
En général, faites remarquer aux enfants orgueilleux combien ils ont peu de raison de seslimer meilleurs que leurs camarades, et combien surtout leurs dispositions sont peu ehértiennes. Et si vous croyez qu une humiliation modérée leur soit salutaire, infligez-la lorsque l'occasion s'en présente, mais avec calme et sans ironie.
Puisque les présomptueux se croient des talents et des vertus qu'ils n'ont pas, profitez des occasions qui s'ofl'rent à vous pour les ramener à une plus juste appréciation d'euxmêmes.
Les enfants susceptibles s'exagèrent les manques d'égards dont ils souffrent, et ils ne prennent pas garde qu'ils font peut-être souffrir bien davantage leurs condisciples. C'est une leçon dont ils ont besoin, que de leur montrer la nécessité du support mutuel, si l'on veut vivre en bonne harmonie dans toute société, et ne pas se créer à soi-même une existence insupportable.
Il y a plusieurs manières de procéder avec les hypocrites : leur montrer combien est estimable un jeune homme franc, loyal, qui ne cache pas ses actes parce qu'ils peuvent se produire au grand jour, et qui, du moins, s honore par l'aveu d'une faute qu'il a commise ; — ou les convaincre d hypocrisie, pour leur prouver qu'on n'est pas dupe de leurs manœuvres clandestines, et qu'en bonne logique, la droiture est plus habile que les procédés occultes.
Rappelez à l'humilité chrétienne les suffisants et les dédaigneux ; faites-leur comprendre qu'autant la suffisance, la morgue et le dédain déprécient un jeune homme et provoquent, en ceux qui vivent auprès de lui, l'aversion et même le dégoût, autant la simplicité, la modestie et la bonté condescendante lui gagnent les cœurs.
Ne souflFrez pas les attitudes dominatrices des arrogants, car ils prendraient votre tolérance pour une faiblesse ou une approbation, et ils propageraient dans !a classe le plus détestable esprit.
Contre les obstinés, le maître lutte par une inflexible douceur ; il les lasse par son sang-froid, et il maintient les justes décisions prises à leur égard \
Aux indisciplinés, impatients sous la règle, attentifs à tromper la surveillance, il convient d'opposer une vigilance calme el soutenue, une immuable et tranquille fermeté à exiger l'ordre. L'indiscipline se complique-t-elle de bravade ou d'impei'linence formelle '', le coupable doit présenter des excuses qui réparent le scandale donné; s'y refuse-t-il avec obstination, on en réfère à l'autorité supérieure, qui doit l'y contraindre ou prononcer le renvoi.
La vanité. — La vanité revêt, chez les enfants, les formes diverses, sous lesquelles on la voit s'étaler dans la société : amour-propre et vantardise, gloriole et fanfaronnade, fatuité et coquetterie.
Quand l'amour-propre des élèves n'est qu'une ardeur à se distinguer, à occuper le premier rang, il peut être utilisé prudemment en éducation; mais il dégénère vile, et souvent des sentiments coupables viennent s'y mêler : désir immodéré des louanges, mépris hautain dans le succès, déloyauté des moyens pour l'obtenir, irascibilité, insolence même devant le reproche ou l'avertissement le plus modéré, calculs d'une
>' Voici les conseils que donnent au maître la Conduite de 1706 et celle de 1720, pour la direction des enfants obstinés, volontaires : « Il y a des écoliers de la conduite desquels les parents ont très peu de soin : ils ne font, du matin jusqu'au soir, que ce qu'ils veulent ; ils n'obéissent point et murmurent à la moindre chose... S'ils n"ont l'esprit naturellement hardi et hautain, il faut beaucoup les engager (encourager), mais aussi les corriger de leur mauvaise humeur. S'ils ont l'esprit hardi et hautain, il faut les dompter et les rendre soumis... et s'en rendre maître sans -les laisser vivre en quoi que ce soit selon leur volonté... On peut leur confier quelque emploi dans l'école, afin de leur donner de l'affection pour la classe, mais il faut les corriger lorsqu'ils font paraître quelques-uns de leurs défauts. »
•j « Pour ce qui est des élèves insolents, il faut peu leur parier et le faire toujours gravement ; quand ils ont fait quelque faute, les humilier sî l'on croit que cela pourra être utile pour abaisser leur esprit. Il ne faut pas luuffrir en eux de réplique à tout ce qu'un pourra leur dire... Il sera bon de les avertir quelquefois de leurs défauts en particulier, mais toujour., avec gravité et d'une manière qui les retienne dans le respect. » Conduile (1720), p. 161.
astucieust' flatterie qui cherche à surprendre les bonnes grâces du maître, pour s'attirer ses préférences.
Ainsi qu'aux orgueilleux, il faut rappeler aux vaniteux riiuniililé, les abaissements volontaires de Jésus-Christ, et leur faire comprendre que le vrai mérite d<' l'homme ne consiste pas dans les dons naturels qu'il a rerus, mais dans la dignité de son caractère et la noblesse de ses actes.
L'éfjoisnte. — L'expérience montre que rien n'est si sec, si froid, si ingrat, si fermé à la compassion, si rebelle au dévouemi'ut (|u"un enfant égoïste. 11 ne se rtmd compte ni de l'injustice de sa conduite dans la famille el dans la classe, où cependant il devrait se montrer reconnaissant pour tant de bienfaits el de soins dont il est l'objet; ni de l'étroilesse des jugements par lesquels il rapp(U'te tout à lui-même; ni de l'isolement qui est souvent la punition méritée de son défaut; ni de ro|)position où il le place à l'égard du précepte divin : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés'. » Pour préserver les élèves de ce défaut, il convient de faire appel à laraisrm, qui détermine le rôle de l'individu dans la sucidé ; au sentiment, puisque nos meilleures jnics accompagnent nos actes les plus di'voués; à la foi, (|ui nous montre dans le prochain un frère qu'il faut aimer comme nous-mêmes pour ram<uir de Dieu. Kntin un exielleul uioyen, pour déi-aciner cet égoïsme, est d'initier les élèves à l'exercice d'un apostolat |>ro|»orlionné à leur âge, et de leur itispiiei- un amour compatissant et généreux pour les pauvres.
La sensuaiiié. — La sensualité consiste dans la rechercbe désordonni'-e du plaisir, surtout du plaisir coupable. Elle est l'mi des grands obstacles à l'i'ducatimi chrétienne, dont le souci et le suprême honneur sont de garder sur le front des enfants et des adolescents la couronne de pureté que le baptême y a placée. La formation morale de lenfanl déjx'nd de son courage à lutter contre l'attrait du |)laisir dê'feudu, car le cœur est d'autant plus tendre, la volonli' plus forte, la cimscience plus di-licate, que l'âme demeure plus virginale. Mais rtiffaiblissemenl de la foi, la pruirsuite du bien-être suub
' S. Jean, xr», 34; xv, \i.
LE (AHACTKRb; 1^9
toutes ses formes, le manque de surveillance ou de réserve dans les familles, la licence des publications peuvent développer tristement les passions voluptueuses, même chez les l»[us jeunes élèves.
La conduite à tenir à légard des enfants vicieux diffère selon qu'ils sont ou ne sont ]>as, pour leurs condisciples, un sujet de scandale. Les premiers sont un danger permanent dans une classe, par leurs conversations déshonnètes, parleurs conseils pernicieux, et par les livres mauvais qu'ils pourraient faire "irculer. Ce sont des lépreux de Tordre moral : leur état doit t'xciter la tendre commisération d'un éducateur religieux et stimuler ses efforts pour les rendre à la santé ; mais comme leur maladie est contagieuse et peut exercer deifrayants ravages parmi les âmes innocentes, il faut éloigner ceux que des soins dévoués n'auraient pu guérir. Dans ce cas, on doit les faire connaître au Frère Directeur, à l'Inspecteur ou au Frère Préfet, mais à eux seuls, afin que, s'étant rendus compte prudemment du bien fondé des accusations, ils prennent les mesures nécessaires pour corriger le coupable, et, s'il le faut, prononcent contre lui l'exclusion. Un fait grave et bien constaté entraîne inévitablement cette mesure ; attendre, pour s'y résoudre, que le scandaleux ait fait de nouvelles victimes, serait au moins une imprudence injustifiée.
A l'égard des écoliers que le vice aurait atteints, votre rôle se borne à la prière, à une exacte surveillance et à des instructions juMidenles, où vous rappelez, la gravité de ces fautes, leurs conséquences désastreuses, et les moyens de s'en préserver i»u de s'en corriger : le confesseur est le médecin auprès <luquel ces âmes devront cliercber leur guérison.
Les écoliers que I nu croit les plus candides ont parfois d'étranges luttes à soutenir. Il inq)orte donc que le surveillant ne se relâche de son devoir à l'égard de personne, et qu'il di'noue prudemment, s;ins l)ruit, les amitiés molles et trop exclusives, quels que soîchI les enfants qu'elles rapprochent: deux élèves suspects en deviennent pires ; un mauvais, lié avec un bon, b; rendra mauvais; deux bons même se communiquent leurs défauts, ou du moins la sensibilité s'exagère in eux aux dépens de l'énergie de la volonté.