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I. - LES CONVICTIONS CHRÉTIENNES, FONDEIBENT DE LA PIÉTÉ

Les conviclions chrétiennes son! des principes de loi qui règlent les pensées et les actes du chrélien. Elles doivent être si profondément entrées dans l'ànie, qu'elles lui soient poui* ainsi dire assimilées, toujours présentes, comme un esprit qui la dirige, une lumière ([ui l'éclairé et une force qui la soutient. La vraie piété est la conformitt' habiluelle de la vie aux conclusions pratiques qui découlent de ccsi)rincipesde foi. Ainsi, je erois (pie Dieu- voit tout, se souvient de tout et jugera tout : de cette vérité spéculative, je conclus que je dois toujours respecter la présence de Dieu, toujours craindre sa justice si je transgresse sa loi, toujours me contier en lui parce qu'il est près de moi pour m'assister.

Les convictions justifient et souliennent les pratiques de la piét(''. Par exemple, il ne suftirait pas à un ('ducateur de recommander aux élèves d'honorer chaque jour la très sainte 'Vierge, par une pratique^ de dévotion ; il doit leur rappeler fréquemment que Marie ayant été associée à l'œuvre de noire Rédemption, Dieu lait passer par elle toutes les grâces

'• " Les maîtres n'oublieront pas qu'ils tiennent une école chrétienne, une pension religieuse qui doit différer d'une pension séculière ; ils se croiront toujours obligés de la rendre une école de vertu, un lieu de salut, une sauvegarde contre la corruption du siècle, par leurs soins assidus à former les pensionnaires à la piété. » Conduik' pour les Pensions^ Manuscrit n" 42, p. '.'A.

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qu'il nous destine, et que la Mère de J(''sus-Ciirist étant aussi Mère des liommes, elle nous aime el elle accueille toujours favorablement nos prières. Ces principes an'ermissent ladévotion des jeunes <^ens envers la très sainte Vierge, en leur donnant les motifs d'avoir eu elle une inébranlable confiance.

Sans convictions profondes, la piété demeure superficielle : c'est une disposition passa,u;ère. que la versatilité de l'humeur changera bient<H en'une autre contraire ; c'est l'illusion d'une sentimentalité religieuse, que dissiperont sans résistance les assauts des basses convoitises ; c'est peut-être l'hypocrisie d'une âme qui cherche à vous tromper. Pour former ;i la piété ceux que la Providence vous confie, nous dit saint Jean- Baptiste de la Salle, « la première de >os obligations est d'imprimer dans leur esprit, d'une manière ferme et solide, les vérités de la foi, qui sont le fondement de notre sainte religion '. » Sans convictions arrêtées, il n'y a pas de vie chrétienne chez un jeune homme. Elles sont à sa conduite ce que sont au navire en pleine mer les ma>chines qui le meuvent : solidement construites, elles déploient une force victorieuse contre les vents et les flots; avariées en l'une quelconque de leurs parties pi-incipales, elles laissent le bâtiment allei" à la dériv(% au grand risque d'^iu irréparable naufrage.

Par les instructions catéchistiques et les réflexions quotidiennes, cherchez à iinprim(»r profondément dans l'espril el le cœur des élèves la foi aux vérités fondamentales du christianisme. Dans ces enfants, voyez des hommes qui, demain, sentiront le be'soin de se justifier à eux-mêmes les pratiques religieuses dont vous leur aurez fait prendre l'habitude. Choisissez très souvent, fiour sujet de vos entreliens, la vie et les mystères du Sauveur, ses perfections et ses vertus, son droit absolu à être aimé, servi et imité par tous les chrétiens, « puisqu'il s'est ac(|uis à leur égard le droit de I*ère, non seulement par la création, mais aussi par le saint ba[)tême,

' MédilaliOH pour la fêle de sninl Norbert ((J juin). — Noire sainl Fondateur avait tant à cœur d'adermir les convictions rclig:ienses des enfants, qu'il composa et inséra dans le»? livres des Erercices de piété un acte de foi différent pour chacun des jours de la seinuine.

ÉDUCATION RELIGIEUSE — IMÉTl"; l4l

par lequel ils lui sont tous consacrés '. » C'est sur ce fondement stable que notre saint Instituteur veut que nous édifiions la itiélé dans l'àme de nos élèves : ^ Faites en soi-te, nous (lil-ii, que les enfants pensent souvent à Jésus, leur bon et unique Maître ; qu'ils parlent souvent de Jésus ; qu'ils n'aspirent qu'à Jésus et qu'ils ne respirent que pour Jésus -. »

Mais à certaines heures , l'amour de Dieu semble être insuffisant pour retenir les âmes sur la pente du mal ; elles ont besoin de la crainte iju'imprime la méditation des fins dernières. C'est pour(|uoi nous devons insister très particulièrement sur ces redoutables vérités qui, d'après l'Ksprit-Saint lui-même, sont souverainement efficoces pour préserver un homme du péché, c'est-à-dire pour lui faire mener une vie vraiment pieuse.

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