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IV. — 4" SOUTIEN DE L'AUTORITÉ : L'APPUI DES FAMILLES

Puisque lautorilé de l'éducateur est une délégation du droit primordial qu'ont les parents d'élever et d'instruire leurs enfants, le maître doit donc rechercher, pour fortifier son œuvre, l'appui des familles. Celles-ci ont d'ailleurs tout intérêt à l'accorder ; leur indifférence ou la divergence des vues mettrait en péril la formation du caractère des élèves.

Le moyen de réaliser cette entente est de faire connaître aux parents la conduite de leurs enfants en classe. On y pour-

voit par la délivrance régulière des billets hebdomadaires et mensuels, par la communication des bulletins, et, dans les pensionnats, par la correspondance des internes.

Communication des notes et bulletins de classe '. — La communication aux parents des notes de leurs enfants peut se faire par l'envoi des carnets hebdomadaires ou des carnets de quinzaine, et des bulletins mensuels ou trimestriels.

Les carnets hebdomadaires et les carnets de quinzaine renferment les notes de conduite et de travail, ainsi que les résultats obtenus dans les compositions et les examens. Ils sont, ou rédigés par le maître, ou écrits par l'élève et revus par le professeur. Les parents les signent, en témoignage de leur contrôle ; et les élèves les rapportent ensuite à l'école le jour fixé.

Les billets hebdomadaires^ de divers degrés [Très Bien, Bien, Assez Bien ou Passable), sont remis par le Frère Directeur. Dans plusieurs maisons, l'usage s'est introduit de les faire également viser par les familles, et alors l'élève écrit sur le verso du billet le détail des notes obtenues.

Les bulletins mensuels et les bulletins Irlmeslriels présentent l'ensemble des notes ou des places obtenues par un élève pendant un mois ou un trimestre. Ils permettent aux parents de se rendre un compte exact de la situation de leurs enfants dans la classe ; ils sont ainsi un puissant moyen d'émulation. Dans la rédaction de ces bulletins, un professeur judicieux évite un double écueil : la franchise brutale, dont s'irriteraient les parents, et la trop grande indulgence qui les tromperait sur les dispositions de leurs enfants, ainsi privés des conseils ou des réprimandes qui leur seraient utiles. D'ailleurs, les vérités pénibles à entendre peuvent et doivent toujours être exprimées sous une forme bienveillante.

Moyens réservés. — La Conduite des Ecoles indique qu'en certains cas dune exceptionnelle gravité, la communication des notes à la famille peut être imposi'C parle Frère Directeur

' Le mode de rédaction de ces bulletins fera, dans la II'' Partie, l'objet d'indications particulières. Il n'est ici question que de leur communication aux familles.

l'autorité morale DR L'ÉDUCATEUR 177

à un élève coupable. Il lui fait rédiger une lettre, dans laquelle le délinquant informe lui-même ses parents des fautes qu'il a commises, des réprimandes et de la punition qu'il a encourues.

Le Frère Directeur, mais lui seul, peut écrire aux parents d'un enfant dont la conduite est très réprébensible, ou dont l'assiduité à l'école est irréguiière, sans que des motifs acceptables aient été allégués.

Correspondance des internes. — Il importe, dans les pensionnats, que les professeurs veillent à la régularité de la correspondance des internes avec leur famille. Cette régularité assure à l'éducation un appui nécessaire: elle entretient chez les élèves les sentiments de reconnaissance filiale et d'aiïectueux abandon envers leurs parents, dont elle leur procure les conseils et les encouragements.

La réserve et la discrétion s'imposent aux maîtres chargés de ce service : il doit toujours être permis à un enfant d'écrire à sa famille et de dire ce quil veut, "et les professeurs ne sont jamais autorisés à écrire sur les lettres envoyées par les élèves''.

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