III. - CIRCONSTANCES OU DOIT S'EXERCER LA SURVEILLANCE
Les principales circonstances dans lesquelles doit s'exercer la surveillance sont : les mouvements généraux, les allées et venues des élèves, les récréations, les leçons et les études, les prières et les offices religieux.
Surveillance des mouvements généraux dans recelé. — Dans les mouvements généraux, les élèves détilent en rang et ils gardent le silence. Pour bien surveiller, le maître se place de manière à voir le plus d'élèves possible, c'est-à-dire vers les deux tiers du rang. Son attention est particulièrement vigilante dans les escaliers et les endroits qui, par leur disposition, favoriseraient l'indiscipline.
Surveillance des allées et venues. — H iaut tendre à restreindre le plus possible, dans l'école, les allées et venues particulières : elles sont une occasion de rendez-vous funestes. On ne peut interdire absolument aux enfants de sortir pendant les classes ; cependant on ne leur en accorde la permission qu'à bon escient, on veille à ce que les absences soient courtes, et que deux élèves d'une même classe ne soient pas dehors en même temps. Si les élèves connaissent les exigences de leur maître à ce sujet, et si toute classe de trois heures est coupée par quelques minutes de récréation, les demandes de sorties seront très réduites.
■^ Les défauts d'une surveillance mal failo sont indiqués dans les Douze Vertus d'un bon maitre, p. 1ô3-1.j4.
Surveillance pendant les récréations. — <« Dans les récréations, comme partout ailleurs, il faut, autant qu'il se peut, avoir tous les élèves en vue", observer leurs postures, gestes, mouvements, regards, paroles et conversations. Il ne faut pas souffrir que quelques-uns et toujours les mêmes, soient trop souvent ensemble et surtout à l'écart; ceux qui cherchent à se cacher doivent être tenus pour suspects *, » Ainsi, la mission du surveillant est d'exiger que tous les enfants prennent au jeu une part active, de dissiper les groupes, d'interdire d'une façon formelle les tiraillements et les jeux de mains, d'empêcher certains élèves ûv s'écarter de la cour, ou d'entretenir des conversations qu'il juge é({uivoques. « C'est dans ces tête-à-tête que les élèves concertent le mal, qu'ils tiennent de mauvais propos, qu'ils forment des partis, qu'ils s'expliquent sur le compte des maîtres, qu'ils tracent leur portrait, qu'ils évaluent leur mérite et leurs talents, qu'ils passent en revue leurs discours, et qu'ils les comparent entre eux en les critiquant -. »
Le nombre des Frères préposés à la surveillance des récréations dépend du nombre d'enfants qu'ils doivent garder et de la disposition des locaux. Pendant ce temps, les maîtres ne conversent pas entre eux, et ils ne permettent pas aux écoliers de venir leur causer longuement, ou réciter des leçons. Ils ne se laissent pas captiver par certains jeux, car cette attention les empêcherait de se rendre un compte exact de ce que deviennent les élèves.
Surveillance pendant les leçons et les études. — Une préparation sérieuse des spécialités que vous enseignez doit vous permettre de donner les leçons et de procéder aux interrogations sans jamais vous laisser absorber par un livre ou des notes manuscrites. Lorsque vous écrivez ou dessinez au
» « C'est surtout pendant les récréations que les passions se font remarquer : un peu d'attention, dont les jeunes gens ne se doutent pas, lait distinguer dans leur caractère l'inquiétude, la tranquillité, la douceur, la dureté, la chicanerie, la droiture, l'obstination, la souplesse, la malhonnêteté, la complaisance, l'emportement, le sang-froid, la présomption, la modestie. Tout se montre. » Conduite pour les Pensions, Manuscrit n" 42, p. 45.
' Conduite pour les Pensions. Manuscrit n" 42, p. 45. — - Ibid., p. 4<j.
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tableau noir, lorsque vous faites une expérience de physique ou de cliimie, ne soyez pas préoccupé de votre démonstration au point de négliger toute surveillance. Lorsque vous parlez, exigez que les élèves aient toujours une bonne tenue et les mains sur la table ; mais en faisant une recommandation à ce sujet, évitez tout ce qui pourrait éveiller l'idée du mal en des enfants qui n'y ont peut-être jamais songé. Pendant les changements de leçons, ne faites aucune observation et n'admettez personne à venir vous parler ; il faut alors que les écoliers gardent le silence de paroles et le silence d'action, lequel consiste à marcher sans bruit, à ouvrir et fermer de même portes et pupitres, à placer doucement sur la table les livres, règles, cahiers et autres objets dont ils ont besoin. Enfin ne quittez pas votre classe, ne fût-ce qu'un instant, si ce n'est absolument nécessaire, etmême dans ce cas, ouvrez la porte de communication et priez le professeur de la classe contiguë de surveiller vos élèves en même temps que les siens ".
Surveillance à la chapelle ou à l'église — La surveillance des élèves durant les prières et les offices est très importante. Gardez-vous pendant ce temps de vous absenter ou de rester étranger à ce qui se passe sous vos yeux. Souvenez -vous qu'il n'est ni action ni lieu si saints qui puissent retenir les enfants, si vous les abandonnez à eux-mêmes''. Edifiez-
» « Un bon maître ne quittera pas sa classe, sous prétexte que son compagnon, qui tient la sienne auprès de lui, conservera le bon ordre dans les deux classes... En effet, sa seule présence contribue à rendre les enfants plus attentifs, et elle leur épargne bien des distractions et des négligences, qui sont la source de plusieurs fautes qu'ils commettent, et qui donnent lieu ensuite à des réprimandes et à des punitions que le maître aurait pu prévenir. » Douze Vertus, p. 147.
^ « C'est surtout à l'église que l'application, les soins et les regards d'un maître se réunissent sur les écoliers, pour les contenir dans l'ordre, la modestie et le respect qu'exige la sainteté de ce lieu. A cet effet, il évite soigneusement de promener ses yeux et de les fixer sur d'autres objets ; il ■^e tient en garde contre la curiosité et la dissipation, et s'interdit absolument tout ce qui pourrait le distraire de sa vigilance, ne s'arrctant pas même à trop regarder comment se font les cérémonies du culte divin, lorsque cela pourrait affaiblir l'attention qu'il doit à ses disciples. » Douze Vertus, p. 15().
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les par votre piété ; priez à haute voix pendant les prières vocales ; chantez modérément avec eux les chants liturgiques elles cantiques; soyez en tout leur modèle. Assurez-vous qu'ils suivent dans leurs livres l'office du jour, et particulièrement les cérémonies de la sainte Messe, le dimanche.
Les jours de fête, même si les communions ont été nombreuses, ne vous reposez pas dans une trop confiante sécurité.
Surveillez aussi pendant la préparation à la confession, et pendant les visites que les élèves ont l'habitude, en certaines écoles, de faire au très saint Sacrement durant les récréations : les maîtres expérimentés savent combien ces recommandations sont motivées.