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I. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA RÉPRESSION

La répression est un acte d'autorité par lequel l'éducateur s'oppose aux infractions à la discipline et les punit, afin d'en empêcher le retour et d'obtenir Tamendement des coupables.

Légitimité et nécessité de la répression. — La répression est non seulement un droit pour l'éducateur, elle est aussi un devoir. En voici plusieurs raisons :

1° L'autorité du maître est une délégation de l'autorité paternelle ; or, il n'est personne qui ne reconnaisse aux parents le droit de répression sur leurs enfants.

2° Le maître a la mission de guider ses élèves vers le bien : le pourrait-il, s'il n'avait le droit de ramener dans le bon chemin ceux qui s'en écartent?

S° La crainte est un frein nécessaire aux hommes ; à plus forte raison aux enfants : or, la crainte n'existe pas à l'égard d'une autorité privée du droit de répression.

■4° Quoi que fasse le maître pour exciter ses élèves au travail, à la soumission et à l'efTort personnel, il ne saurait compter sur une fidélité sans défaillance. Leurs fautes, les saillies plus ou moins violentes de leur caractère, leur indolence ou leur relâchement dans le travail, exigent une répression.

5" Ne pas réprimer les infractions notables à la règle, équivaut, pour un grand nombre d'enfants, à une approbation tacite des actes délictueux.

6" Enfin^ les enseignements de la divine Sagesse sont formels sur celte question : « Celui qui épargne la correction à son lils le hait, disent les Provey^bes ; celui qui l'aime s'applique à le corriger *. — La réprimande qui retient dans la discipline est le chemin delà vie'. — Pères, élevez les enfants en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur '. »

Aussi notre saint Instituteur nous rappelle-t-il souvent ce devoir : a Appliquez-vous, dit-il, à reprendre vos élèves, car

' Prov., XIV. 24. — - Prov., vi, 23. — 3 Ephés., vi, 4.

c'est là une des marques de votre zèle pour leurs âmes '... Le moyen] de délivrer du mal l'âme d'un enfant, c'est de se servir avec pradence du remède de la correction, qui lui procurera la sagesse ; au lieu que si on l'abandonne à sa volonté, il courra risque de se perdre et de causer bien des chagrins à ses parents. La raison en est t[ue les fautes qu'il commettra tourneront en habitudes, et qu'il aura plus tard l)ien de la peine'à s'en corriger. C'est donc un impérieux devoir pour ceux^qui ont la conduite des jeunes enfants de les reprendre avec modération, comme dit saint Paul-, afin qu'ils rentrent en eux-mêmes et se retirent des filets du démon qui les tenait esclaves de sa volonté \ »

Modes généraux de la répression. — Les trois modes généraux de la répression sont l'avertissement, la menace et la punition ''.

L'avertissement est un simple rappel de la prescription enfreinte. Il suit, sans trop tarder, le manquement qui le motive, atin que rélève ne croie pas que le maître n'attache aucune importance aux légères infractions à la discipline. Il est fait sans amertume ni sécheresse, d'un ton bienveillant qui semble attribuer la faute plutôt à l'oubli qu'à la préméditation. Les enfants qui ont bonne volonté sont rarement insensibles à ce procédé.

La menace est l'annonce de la punition qui suivrait une faute, si elle était commise.

La punition est une pénalité infligée à l'élève pour mieux lui faire sentir la gravité de sa faute, et la nécessité de prendre les moyens de n'y plus retomber.

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