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LA RÉCOMPENSE DU RELIGIEUX ÉDUCATEUR

Que recherche l'éducateur religieux par les sollicitudes et les fatigues de son labeur quotidien ? L'affection de ses élèves? Il n'en veut pas pour lui-même; il ne la désire que pour donner leur cœur à Dieu. Sil cultive en ses écoliers le sentiment de la reconnaissance, c'est pour les attacher à Dieu d'abord, puis à leurs parents et à leurs bienfaiteurs. Que désire-t-il encore? L'estime des hommes? Son ambition est de demeurer inconnu ; c'est Dieu qu'il sert en la personne des entants, et le bon plaisir de Dieu lui suffit ''.

Mais quelle sera sa récompense, pour avoir tout quitté et s'être ainsi quitté lui-même? La paix intérieure, la consolation pendant la vie et à la mort, de grands mérites et, selon l'expression de saint Paul, le poids incomparable d'une éternelle gloire, voilà le salaire de son dévouement. Combien la part qui lui est échue est d'un prix inestimable !

Récompense immédiate de l'éducateur religieux. ^ Ce n'est pas en vain (jue vous vous dés'ouez, avec une courageuse persévérance, pour être en tout le modèle et le guide de vos élèves. « Une première récompense que reçoivent dès cette vie ceux (^ui travaillent au salut des âmes, dit saint Jean-

a « Le bon maître fait un sacrifice bien libre, un grand sacrifice, puisqu'il se livre à un objet très essentiel pour le prochain, savoir Tinstruction des enfants, et surtout des enfants pauvres. Pour se mettre en état de mieux instruire, il se consacre à Dieu dans un état où il renonce aux biens de la terre, aux plaisirs légitimes, à sa propre volonté, c'est-à-dire à sa personne même.... Bien qu'il procure des avantages d'une importance infinie, loin d'en retirer aucun émolument temporel, il se fait gloire du plus parfait désintéressement... Il se dévoue, non pas d'une manière momentanée, mais pour toujours, à une fonction très délicate sans doute, mais très laborieuse, et qui loin de paraître relevée aux yeux des hommes, leur paraît au contraire abjecte et basse. « Douze Vertus, p. 168-170.

Baptiste de la Salle, est la consolation qu'ils ont souvent de voir Dieu bien servi par plusieurs de ceux qu'ils ont instruits ; ils y trouvent la preuve (jue leur travail n'a pas été inutile'. »

Le maintien du bon esprit dans votre classe, la soumission respectueuse et confiante de vos élèves, leurs progrès intellectuels, leur action sur des condisciples qu'ils entraînent par l'exemple dans le cbemin de la vertu, leur ardeur à se préparer à occuper une place bonoryble dans la société : voilà encore d'autres résultats promis à votre zèle". Non seulement vous sentirez que par vous, dont il a bien voulu faire son coopérateur, Jésus- Christ agit sur les âmes, mais peut-être honorera-t-il votre apostolat en se clioisissanl parmi vos disciples des prêtres et des religieux: cette consolation vaut bien que vous consumiez vos forces à la mériter. Enfin, chacune de vos journées si laborieusement remplies devient une ample moisson de mérites.

Toutefois, il se peut que bien des élèves ne répondent pas à vos soins, et qu'à cette peine très vive, se joignent les persécutions dont auraient à souffrir votre communauté ou votre Institut : loin de vous décourager, envisagez ces épreuves à la lumière de la foi ; elles vous apparaîtront comme une bénédiction divine. C'est l'enseignement de saint Jean-Baptiste de la Salle : « Ne vous attendez pas à d'autres récompenses, quand vous vous serez bien acquittés de vos devoirs, qu'à souffrir des injures, des outrages, des malédictions, et qu'à entendre dire faussement toute sorte de mal contre vous... Assurez-vous alors que ces persécutions attireront avec abon-

" « Rien n'est si doux à un homme qui aime ses semblables et la société, que la satisfaction de rendre nombre de jeunes }jens propres à tenir dans le monde des étals auxquels ils ne sauraient parvenir sans l'éducation qu'ils reçoivent dans les pensions. » Coîiduile pour les l'efisio7is, Mdnuscr'ûn» i2, p. 18.

— « Point de sujet de joie plus pure que dr former les enfants à la piété, aux bonnes mœurs, aux devoirs de la religion cl de la société ; que de les accoutumer à une vie utilement employée, que de les éloigner de l'oisiveté, maîtresse de tous les vices. » Conduite en quatre parties, Manuscrit n» 44, p. 11.

.1 Quinzième Méditation pour le terniis de la lielraile.

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