EMPLOI DE LA LUMIÈRE OXHYDRIQUE
Lorsqu’on peut disposer du gaz d’éclairage, en même temps que d’un sac rempli d’oxygène, la production de la lumière oxhydrique est très simple.
En effet, tous les éléments réunis sous la main, on n’a plus qu’à mettre un bâton de chaux en place, adapter les deux tuyaux de caoutchouc au robinet, et allumer.
Cette manière d’opérer n’offre absolument aucun danger.
La ^figure 3 représente le sac rempli d’oxygène, engagé sous son pressoir. Ce pressoir se compose de deux fortes planches réunies par des charnières et ayant une
Fig. 3.
échancrure, pour laisser passer le robinet du sac. Vers l’extrémité supérieure de la planche de dessus se trouve une traverse, contre laquelle on met pour, qu’ils ne glissent pas les poids qui doivent comprimer le gaz et le chasser dans le chalumeau.
Sur un sac de 280 litres, il est bon de mettre, en moyenne, de 70 à 80 kilogr. ; cette pression, du reste, varie suivant l’intensité lumineuse que l’on veut obtenir. On trouvera plus loin des renseignements précis à cet égard.
Avec une charge de 80 k., un sac de 280 litres dure de 1 h. 1/2 à 2 heures, suivant la façon dont on règle les robinets du chalumeau.
Sur un sac plus petit, le poids à mettre sera nécessairement moindre.
Le chalumeau, représenté par la fig. 4, permet d’éviter tout mélange des gaz. C’est celui qui convient le mieux pour que les deux gaz soient complèteme^ séparés l’un de l’autre, puisque les deux tuyaux D et L sont indépendants et que les gaz ne peuvent se reunir qu’à la sortie, en F, c’est-à-dire à l’air libre.
Cette disposition a de plus le grand avantage de permettre d’employer les deux gaz à des pressions très différentes, ce qui est particulièrement indispensable
Fig. 4.
dans le cas qui nous occupe; puisque le gaz des villes n’arrive à destination qu’avec une pression de 2, 3, 4, 5 centimètres d’eau, pression bien inférieure à celle à laquelle est soumis ce même gaz dans le gazomètre de la Compagnie, tandis que l’oxygène, chargé comme ôn vient de l’indiquer, subit une pression variant entre 12 et 20 centimètres d’eau.
Sur la broche B, fig. 4, se place le bâton de chaux, percé à l’avance d’un trou ad hoc; au robinet O s’adapte le tuyau de caoutchouc venant du sac, et au robinet H, celui qui amène le gaz d’éclairage. Pour faire arriver celui-ci en abondance, il est préférable de prendre le gaz sur une amorce spéciale, donnant un large débit ; pour cela, un robinet d’un centimètre d’ouverture est suffisant. Si l’on ne possède pas cette prise spéciale, on dévisse le bec de gaz le plus voisin, sur le pas de vis duquel on fixe le tuyau de caoutchouc.
On ouvre en premier le robinet H, et on allume l’hydrogène. Puis doucement, on ouvre le robinet O, afin que l’oxygène n’arrive que graduellement. Sous l’influence du jet simultamé des deux gaz, la chaux devient incandescente.
Mais il ne suffit pas d’avoir de la lumière; il faut encore l’obtenir avec le plus d’intensité possible. De là, la nécessité de procéder au réglage des robinets. De ce réglage, qui a une très grande importance, dépend la quantité de lumière que l’on doit obtenir.
Réglage des robinets.
Si l’on opérait toujours avec de l’hydrogène pur, soumis à la même pression que l’oxygène, on pourrait pratiquer, dans les robinets, des ouvertures ayant des dimensions dans le rapport de 1 à 2, afin de laisser arriver deux fois plus d’hydrogène. 11 suffirait de les tenir tous les deux grands ouverts pour produire le maximum de lumière. Il n’en est pas ainsi, lorsqu’on fait usage du gaz d’éclairage pris sur la tuyauterie d’un établissement ; non seulement le gaz est plus ou moins carburé suivant les villes, mais la pression varie d’un endroit à un autre. Dans une même maison, elle varie continuellement, suivant que les becs des alentours sont en activité ou non. De là l’impossibilité de pratiquer à l’avance les ouvertures convenables aux chalumeaux ; de là aussi la nécessité de régler les ouvertures de robinet au moment d’opérer, et même, si une séance se prolonge un peu, il faut de temps à autre modifier le réglage.
Ce n’est pas en regardant le bâton de chaux, qui est éblouissant, qu’on peut se rendre compte sérieusement des changements d’intensité, mais bien plutôt en se guidant d’après le disque lumineux projeté par l’appareil sur l’écran.
Ceci dit, les figures 8, 6, 7 nous aideront à comprendre la marche à suivre pour le réglage.
Chaque figure représente les deux robinets d’un même chalumeau ; les robinets sont respectivement marqués O, pour celui de l’oxygène, et H, pour celui de l’hydro-
Supposons d’abord que les deux robinets soient grands ouverts, comme l’indique la position des clés dans la figure 8. Il s’agit de savoir si nous devons les main-