‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Méthodes analytiques appliquées aux substances agricolesChapitre 115 sur 285 · ANALYSE DU TOPINAMBOUR · texte numérisé non relu

ANALYSE DU TOPINAMBOUR

On coupe en tranches minces un certain nombre de tubercules préalablement lavés et essuyés, et choisis de manière à représenter la moyenne. 100 grammes de ces tranches sont desséchés à 105° jusqua ce que le poids ne varie plus; on a ainsi l’eau. On incinère le résidu sec à basse température, et on obtient les cendres dont l’analyse peut se faire par la méthode indiquée plus haut pour les cendres végétales.

Un autre lot moyen de tranches, de 200 à 300 grammes, est desséché dans les mêmes conditions et le résidu sec soumis à la mouture. On enferme, dans un flacon bien bouché, la matière moulue qui reste pour les analyses ultérieures.

On y détermine d’abord sur 5 grammes l’eau hygrométrique qu’elle a pu absorber, de manière à pouvoir rapporter tous les chiffres à la matière sèche ou au tubercule frais.

Ces S grammes parfaitement secs sont introduits dans un tube étiré et traités, à plusieurs reprises, par de l’éther anhydre. La solution éthérée laisse, par évaporation, un faible résidu contenant principalement des matières grasses et résineuses, et qu’on pèse après dessiccation .

Le topinambour contient, en très grande abondance, un sucre particulier, le synanthrose, souvent accompagné de petites quantités de glucose; il contient en outre de 1 ’inuline. Pour déterminer le synanthrose, on traite le résidu resté dans le tube, par de l’alcool à 80°, en prolongeant le lavage jusqu’à ce que quelques gouttes d’alcool évaporées sur une lame de verre ne laissent plus de résidu appréciable. L’inuline reste à l’état insoluble dans le tube. La solution alcoolique est évaporée à un petit volume, de manière à chasser tout l’alcool et le résidu est additionné de 20 centimètres cubes d’acide sulfurique à 1 dixième, puis amenée à un volume de 100 centimètres cubes. On met cette solution dans un flacon bouché et on chauffe au bain-marie, à 100°, pendant un quart d’heure; le synanthrose s’intervertit et se transforme en glucoses réductrices ; dans la solution refroidie on dose ces glucoses au moyen de la liqueur de Fehling, en employant la méthode par décoloration, si l’on ne cherche pas une très grande précision, ou la méthode par pesée du cuivre réduit pour des recherches plus délicates. On a ainsi dosé en bloc les glucoses venant de la transformation du synanthrose et les glucoses qui ont pu préexister dans le tubercule.

Lorsque l’on tient à connaître cette quantité de glucose existant originairement, il faut la déterminer directement dans le jus de topinambour, parce que, pendant la série des opérations précédentes, une partie du synanthrose a pu s’intervertir. Dans ce but on râpe quelques tubercules, on en exprime le jus; on en prend 100 centimètres cubes qu’on additionne d’une quantité suffisante de sous-acétate de plomb et on ramène le volume total à 200 centimètres cubes; on agite fortement, on

filtre et on. détermine par la liqueur deFehling, en employant le procédé par décoloration, le glucose existant originairement. Celte quantité dé glucose est toujours très faible, et on peut sans erreur sensible rapporter à 100 de tubercule la quantité trouvée pour 100 de jus. En retranchant là glucose ainsi dosée, de là glucose totale trouvée dans la première opération et qu’on a, par le calcul, rapportée au tubercule frais, et multipliant la différence par 0,95, on obtient le poids du synanthrose, sucre analogue au sucre de canne.

L’inuline est restée insoluble dans le résidu épuisé par l'alcool ; pour la doser il faut la transformer en glucose en employant le procédé suivant. La matière contenue dans le tube est versée dans un petit ballon avec 30 centimètres cubes d’eau et 5 centimètres cubes d’acide acétique ; on chauffe au bain-marie, en bouchant le ballon, pendant une heure; on filtre sur un petit tampon d’amiante; on lave et on amène le volume à 50 centimètres cubes ; on filtre et, dans la liqueur filtrée, on dose la glucose formée par l’inuline, au moyen de la liqueur de Fehling et par décoloration. Si la solution obtenue était trop colorée pour ce dosage, on la décolorerait au préalable en y mettant 2 grammes de noir animal en poudre. La glucose dosée est multipliée par 0,90 et donne ainsi la quantité d’inuline.

Par l’emploi de l’acide acétique on arrive à séparer très exactement l’inuline de l’amidon et des gommes, ces deux derniers n 'étant pas transformés par cet acide.

La glucose dite sucre de fruits, qui se produit par l’inversion du sucre de canne, est formée de parties égales de glucose dextrogyre et de lévulose; mais le sucre réducteur précipitant dans le topinambour est un mélange de deux parties de lévulose et d’une de glucose normale dextrogyre. Le synanthrose, par son inversion, donne naissance au même mélange. L’inuline intervertie ne donne que du lévulose. Mais les glucoses de nature différente ayant le même pouvoir réducteur, il n’y a pas lieu de tenir compte de leur nature pour la détermination de leurs proportions.

Le résidu insoluble dont on a séparé l’inuline est traité comme d’ordinaire pour le dosage de la cellulose brute.

La matière azotée est dosée sur 1 gramme de matière sèche par la méthode habituelle, en employant l’acide sulfurique titré aü dixième.

Les tiges de topinambour, qui sont souvent employées comme fourragé vert, sont échantillonnées et analysées comme s’il s’agissait d’une herbe de prairie.

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