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RECHERCHES DES FALSIFICATIONS DES HUILES

Les huiles sont très souvent falsifiées ou pour mieux dire fraudées. — On mélange en effet le plus fréquemment, a une huile d’un prix élevé, une huile d’une qualité inférieure et par conséquent d’un prix plus bas; quelquefois aussi, la fraude

consiste à ajouter à l'huile des graisses, des cires ou des résines. Depuis quelques années, l’abondance des huiles minérales, la facilité avec laquelle elles se mêlent aux huiles végétales, les ont fait employer pour falsifier ces dernières. Les fraudes dont sont l’objet les principales huiles comestibles ou industrielles sont donc nombreuses ; elles ont jeté un grand trouble dans le commerce de ces denrées et porté de graves préjudices aux producteurs. L’huile d’olive dont la consommation est si grande et dont le prix est élevé, a été celle sur laquelle la fraude s’est exercée sur la plus grande échelle. Nous insisterons donc plus sur cette huile que sur les autres.

L’examen des huiles peut se faire à plusieurs points de vue :

1° Étant donnée une huile quelconque déterminer sa nature, c'est-à-dire rechercher si l’huile devant laquelle on se trouve est de l’huile d’olive, ou de l’huile d’œillette, ete.

2° Étant donnée une huile indiquée comme d’origine déterminée, constater si cette huile correspond bien à l’indication de la provenance. C’est le cas le plus facile à étudier.

5° Une huile étant donnée avec son nom d’origine et devant être par suite regardée comme pure de tout mélange avec d’autres huiles, rechercher si elle est en effet dans ces conditions de pureté. Si une huile est dite huile d’olive, huile d’œillette, etc., cette désignation équivaut à celle d’huile d’olive exempte de mélange, huile d'œillette exempte de mélange. Du moment que la présence d'une huile étrangère y est constatée, elle ment à sa désignation et par suite doit être regardée comme fraudée, le mélange ne pouvant s’effectuer qu’intentionnellement.

4° Un pareil mélange étant constaté, déterminer quelle est la nature de la falsification, c’est-à-dire quelle est l’espèce d’huile qui entre dans le mélange. Ainsi, une huile d’olive étant convaincue d’addition, rechercher si l’addition consiste en huile de colon, en huile de sésame, etc.

5° Enfin, fixer la proportion de la falsification, en indiquant quelle est la quantité d’huile étrangère qui se trouve mélangée à l’huile incriminée. Une huile d’olive étant convaincue de falsification avec de l'huile de coton, dire s’il entre dans ce mélange 10 pour 100, 20 pour 100, 30 pour 100 de cette huile étrangère.

Dans le premier cas, il faut passer en revue les propriétés physiques et chimiques des diverses huiles. On s'arrêtera à celle dont l’ensemble des caractères correspond à l’huile examinée; ordinairement un examen sommaire suffit pour éliminer un grand nombre d’huiles et l’hésitation n’existe plus qu’entre un petit nombre d’espèces; on vérifie alors comparativement, avec plus de précautions, les caractères spécifiques de chacune d’elles.

Cette recherche n’offre pas de grandes difficultés.

Dans le deuxième cas, il suffit de passer en revue les propriétés physiques et les réactions chimiques de l’huile désignée. Si la concordance existe entre celles qui sont indiquées et celles qu’on observe, on a la certitude que la nature de l’huile est conforme à la déclaration. Mais si cette concordance n’a pas lieu, on rentre dans le cas précédent ou dans les cas suivants.

Le troisième cas nécessite un examen approfondi des caractères spécifiques, qui se trouvent atténués ou modifiés par l’addition d’huiles étrangères. Lorsque la proportion des huiles ajoutées est faible, il peut arriver que les caractères ne soient que faiblement changés et que par suite cette addition passe inaperçue ou tout au moins ne soit pas suffisamment démontrée. Mais dans le cas de mélange en plus forte quantité, l’altération des caractères spécifiques permet de dire à coup sûr que l’huile est impure.

Dans le quatrième cas, qui est le plus fréquent dans l’applieation, il faut passer en revue les différentes propriétés des huiles qu’on soupçonne être entrées dans le mélange; ces propriétés se retrouvent dans ce mélange, mais atténuées d’autant plus qu’elles sont en plus petite proportion. Il convient alors, comme d’ailleurs chaque fois qu’on s’occupe de recherches sur les huiles, d’opérer comparativement avec des huiles authentiques employées isolément ou en mélanges connus.

On aura ainsi des points de repère précieux, qui permettront de s’assurer de la réalité de la falsification et de la nature de l’huile qui a servi à cet effet.

Lorsque, enfin, on veut déterminer la proportion dans laquelle une huile étrangère se trouve mélangée à l’huile examinée, il est nécessaire de procéder par comparaison avec des types connus, qu’on aura préparés avec des huiles authentiques. Les caractères physiques tels que la densité, auront une assez grande valeur; les réactions colorimétriques comparées à celles des types préparés, seront également d’un grand secours. Mais la constatation de la quantité exacte d’huile ajoutée est difficile, sinon impossible ; on ne pourra avoir qu’une approximation et dans bien des cas, il faut se contenter d’une approximation supérieure à 10 pour 100, c’est-à-dire que si la proportion réelle se trouve être 30 pour 100 d’huile ajoutée, le chimiste pourra hésiter entre 20 et 40 pour 100. 11 faut apporter un soin très minutieux à cette recherche et se garder d’affirmer des chiffres trop absolus.

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