‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Méthodes analytiques appliquées aux substances agricolesChapitre 19 sur 285 · DOSAGE DE L'AZOTE TOTAL (PROCÉDÉ DE M. PAGNOUL · texte numérisé non relu

DOSAGE DE L'AZOTE TOTAL (PROCÉDÉ DE M. PAGNOUL

Ce procédé, qui se recommande par une grande simplicité et par le peu de temps qu’il exige, est une modification de la méthode de M. Dumas. Dans un tube en verre vert T (fig. 14), d’environ 70 centimètres de longueur, étiré en pointe relevée à l’une de ses extrémités, on place, sur une longueur de 5 ou 4 centimètres, de l’oxyde dë cuivre, puis, sur une longueur de 20 centimètres à peu près, un mélange d’oxyde de cuivre et de la matière à analyser ; suivant la richesse présumée de la matière en azote, on en prend 0er,5 ou 1 gramme ; après ce mélange on place encore, sur 1 décimètre de longueur, de l’oxyde de cuivre, et on achève de remplir le tube avec du cuivre venant de l’oxyde réduit ; on termine par une colonne d’oxyde de cuivre de 5 centimètres. Ce tube est entouré de clinquant et placé sur une grille à combustion. La partie étirée E du tube est reliée, par un caoutchouc muni d’une pince, h un générateur d’acide carbonique G. L’extrémité ouverte du tube porte un bouchon dans lequel est fixé un tube, recourbé presque à angle droit et dont la

Si ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

branche verticale a 20 ou 25 centimètres de longueur. Ce tube se relie par un caoutchouc, muni d’une pince P, à un mesureur C, destiné à recueillir l’azote ; ce mesureur, qui a une capacité d'environ 100 centimètres cubes, et qui est gradué en fractions de centimètres cubes, porte à la partie inférieure un tube latéral b, destiné

h amener les gaz; on introduit du mercure de manière à dépasser de quelques millimètres l’orifice de ce tube. Un autre tube latéral L se trouve placé à 2 ou 5 centimètres plus haut et communique, au moyen d’un caoutchouc long et mobile, avec un flacon F tubulé dans le bas et contenant une solution de potasse. La partie supérieure du mesureur porte un robinet R, surmonté d’un entonnoir D.

Tout l’appareil étant ajusté, le mesureur ayant son robinet R ouvert et ne contenant pas de potasse, on détermine le passage de l’acide carbonique de manière à balayer les gaz. Àu bout d’un certain temps, lorsqu’on juge que tout l’air a été chassé, on ferme le robinet R, et on arrête le dégagement de l’acide carbonique ; puis on soulève le flacon F de manière à faire entrer la potasse dans le mesureur; si l’air a été chassé complètement, l’absorption du gaz a été complète; on peut, d’ailleurs, l’activer en versant dans l’entonnoir D une solution concentrée de potasse et ouvrant légèrement le robinet R. Cette potasse s’introduit dans le mesureur en coulant le long des parois et détermine ainsi une absorption plus rapide. Si le gaz n’était pas complètement absorbé, cela montrerait que l’air n’a pas été chassé en totalité, et il faudrait continuer le balayage par l’acide carbonique.

Le mesureur étant complètement rempli de potasse et le dégagement d’acide carbonique étant arrêté, la pince E' étant fermée, on chauffe au rouge la partie du tube contenant le cuivre métallique et l’oxyde de cuivre, puis on attaque graduellement la matière, de manière à déterminer un dégagement lent et continu de gaz. Lorsque ce dégagement a cessé, et que, par suite, on peut regarder la combustion comme étant complète, on ouvre de nouveau la pince E' et on détermine un courant d’acide carbonique destiné à chasser tous les gaz dans le mesureur.

Si l’acide carbonique n’est pas absorbé assez rapidement, on use encore de l’artifice précédemment décrit, en introduisant delà potasse concentrée par le robinet R. Lorsque le volume des gaz non absorbables n’augmente plus, on arrêté le dégage-

ENGRAIS

ment d'aeide carbonique, on ferme la pince P, et, par l’entonnoir D, on fait couler dans le mesureur de l'eau dont on a pris la température; cette eau, coulant le long des parois du mesureur, communique sa température propre au gaz ; puis on soulève le flacon F, de manière à faire coïncider le niveau du liquide dans le flacon avec celui du liquide dans l’intérieur du mesureur, et on lit le volume de gaz qu’on ramène à 0 et 760, après avoir pris la hauteur barométrique du moment.

Cette méthode s’applique surtout aux engrais complexes dans lesquels l'azote peut se trouver sous les trois états; il ne demande pas sensiblement plus de temps que le dosage de l’azote par la chaux sodée.

Page 1