‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Méthodes analytiques appliquées aux substances agricolesChapitre 191 sur 285 · I. — EXAMEN DU HOUBLON · texte numérisé non relu

I. — EXAMEN DU HOUBLON

Pour apprécier la valeur du houblon on prélève un échantillon moyen de 100 cônes ; le poids de cet échantillon varie entre 10 et 20 grammes ; on note ce poids. On procède ensuite au triage des cônes sur un tamis, en s’aidant d’une petite pince pour détacher les folioles une à une. On place à part dans une capsule la tige médiane et les fragments des semences, débarrassés au préalable de la poussière jaune ou lupuline qui pourrait y adhérer.

On frotte ensuite les folioles sur le tamis à l’aide d’un pinceau, de façon a détacher entièrement la lupuline, que l’on recueille sous le tamis, sur un papier glacé noir. On pèse la lupuline rassemblée sur le papier et, d’autre part, on prend aussi le poids des tiges, des folioles et des semences.

La teneur en lupuline doit être aussi élevée que possible, et celle des semences au contraire très faible ; la couleur de la lupuline doit être d’un beau jaune, si la teinte est brune, et si la matière est grasse au toucher, cela indique que le houblon est trop vieux.

Mais la qualité du houblon ne varie pas toujours en raison directe de sa teneur en lupuline.

Extrait alcoolique. — On se sert à cet effet de l’appareil Soxhlet, consistant en un petit ballon surmonté d’un appareil à épuisement vertical, se continuant par un réfrigérant ascendant ; le houblon, fortement tassé (envii’on 7 à 8 grammes) est mis dans un tube cylindrique ouvert aux deux bouts ; à la partie inférieure, on ferme ce tube par une rondelle de papier à filtrer bien ficelé ; à la partie supérieure on le recouvre tout simplement d’une rondelle de papier semblable, on épuise par l'alcool jusqu'à ce que celui-ci passe tout à fait clair à travers le siphon aboutissant au ballon (l’opération nécessite toujours plusieurs heures); l’extrait est calculé par différence de poids du petit tube cylindrique au commencement et à la fin de l’expérience, plus il y a d’extrait, plus le houblon passe pour être bon.

Essai du soufrage. — On emploie souvent l’acide sulfureux pour blanchir et désinfecter les houblons vieux ou avariés. Pour savoir si un houblon a été soufré, on prend une dizaine de cônes de houblon que l’on introduit dans un ballon à col étroit avec 50 centimètres cubes d’eau, on ajoute ensuite du zinc et de l'acide chlorhydrique. L’hydrogène naissant transforme l’acide sulfureux en acide sulfhydrique que l’on caractérise en suspendant dans le col du ballon une bandelette de papier imprégné d’acétate de plomb. Si le papier se colore en brun ou en noir, cela indique que le houblon a été soufré.

11 est essentiel de faire une opération semblable à blanc pour s’assurer de la pureté des réactifs, et de ne pas laisser l'extrait de houblon en contact trop prolongé avec l’hydrogène naissant, il pourrait se dégager de l’acide sulfhydrique au bout d’un certain temps, même avec le houblon naturel. Lè houblon soufré donne déjà, au bout de quelques minutes (quinze minutes au plus), un dégagement d’acide sulfhydrique.

On a observé quelquefois des additions d’absinthe faites au houblon avant de le mettre en vente. Pour rechercher l’absinthe il faut se servir des méthodes que nous indiquerons plus loin, au sujet des succédanés du houblon.

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