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S. — DÉTERMINATION ET DOSAGE DU GLUCOSE

Les sucres réducteurs, qui se rencontrent en quantité considérable dans presque tous les organes des plantes, et qui sont surtout abondants dans les tiges et les feuilles à l’époque de la plus grande activité végétale, constituent la forme la plus ordinaire sous laquelle passe la matière carbonée, pour s’approcher ou s’éloigner du maximum d’organisation. Ces sucres réducteurs ne sont pas ordinairement constitués par le glucose proprement dit, mais bien par le mélange à parties égales de glucose et de lévulose auquel on a donné le nom de sucre interverti, et qui est identique avec celui que produit le sucre de canne par son dédoublement.

Le glucose proprement dit qui, à l’état isolé, ne se rencontre pour ainsi dire jamais dans les plantes, et qui, au contraire, s’y trouve en abondance à l’état de mélange, peut être défini de la manière suivante :

Il cristallise de sa solution aqueuse en masses sphéroïdales ou en grains opaques blancs contenant une molécule d’eau qu’ils perdent lorsqu on les chauffe à 60° dans l’air see. — La solution aqueuse reste sirupeuse pendant très longtemps, surtout lorsque le glucose n’est pas tout à fait pur. Mais lorsque à sa solution on ajoute du sel marin dissous dans l’eau, en proportion telle qu’il y ait à peu près 20 parties de sel pour 100 de glucose et qu’on évapore ensuite doucement la liqueur, on obtient très facilement des cristaux prismatiques parfaitement définis qui sont formés d’une

combinaison de glucose et de chlorure de sodium et à laquelle on donne communément le nom de glucosale de sel marin.

Le glucose fermente directement au contact de la levure de bière.

Il réduit les solutions de tartrate cupro-potassique, proportionnellement à son poids et de la même manière que le sucre de canne interverti.

Sous l’action des alcalis, et surtout à chaud, il s’altère en formant des combinaisons brunes.

Ce pouvoir rotatoire du glucose est dextrogyre et situé au voisinage de 4- 48° ; mais ce pouvoir rotatoire ne devient stable qu’après quelques heures de dissolution, si celle-ci a lieu h froid ; il le devient immédiatement lorsqu’on a porté le liquide à l’ébullition.

Le glucose se produit dans une foule de circonstances ; l’amidon, la cellulose et beaucoup d’autres parties constituantes des végétaux se transforment en glucose lorsqu’on les traite à chaud pendant quelque temps par les acides minéraux étendus,

Ceci étant dit, voici la marche qu’il conviendra de suivre pour rechercher le glucose dans un mélange qui en contient. On fera d’abord un traitement par le sousacétate de plomb, qui éliminera les matières gommeuses, les acides organiques, etc. Dans la liqueur, l’excès de plomb sera séparé par l’hydrogène sulfuré, puis la solution évaporée après avoir été clarifiée par le noir animal. On attendra pendant quelque temps la cristallisation delà solution sirupeuse. Si celle-ci ne se produit pas, on ajoutera une certaine quantité, correspondant à environ 20 pour 100 du glucose supposé, de sel marin préalablement dissous, et on évaporera de nouveau, en consistance de sirop. Le glucosate de sel marin cristallise assez facilement; en exprimant les cristaux, on les débarrasse de toute la matière adhérente ; le glucose étant ainsi isolé, mais sous forme d’une combinaison d’où il est difficile de l’extraire, on vérifie sur cette combinaison elle-même les principaux caractères, tels que le pouvoir rotatoire. Celui-ci en effet est proportionnel à la quantité de glucose renfermée dans la combinaison, et de même le pouvoir réducteur de ce glucosate est proportionnel à la quantité de glucose qui s’y trouve renfermée; on prend donc la déviation d’une solution contenant environ 10 pour 100 de ces cristaux, après avoir fait bouillir quelques, instants et laissé refroidir ensuite. Cette même liqueur étendue à 10 pour 100 servira à doser la proportion de glucose contenue dans la solution. On aura ainsi des éléments pour calculer le pouvoir rotatoire de ce glucose, qui, comme on l’a dit plus haut, est de -H 48°.

Si l’on traite une partie de glucose, préalablement dissoute dans 2 parties d’eau, par 6 ou 7 parties d’acide azotique et qu’on évapore à consistance sirupeuse, comme dans le cas où l’on cherche à produire l’acide mucique, on n’obtiendra pas ce dernier corps.

Tous les caractères du glucose sont d’ailleurs pour ainsi dire négatifs; ilnya en réalité que son pouvoir rotatoire et sa combinaison avec le sel marin qui permettent de le différencier d’avec ses congénères, dont il a toutes les réactions générales, telles que précipitation par l’acétate de plomb ammoniacal, fermentation, réductions des liqueurs cuivriques, altération par les alcalis, difficulté de cristallisation.

Dosage. —Le seul moyen de doser le glucose, lorsqu’il est séparé davec.d autres sucres réducteurs, est d’opérer directement avec lui la réduction de la liqueur e

Fchling, qui aura été elle-même titrée par une solution de sucre de canne interverti .

Lorsqu il se trouve à l’état de mélange avec d’autres glucoses d'un pouvoir rotatoire connu, on peut encore dans une certaine mesure en déterminer la proportion; en faisant entrer dans le calcul la quantité totale des deux glucoses et la déviation résultant de leur mélange.

Soit un mélange de glucose et de lévulose en proportion telle que leur somme dans la liqueur soit égale à A; soient d’ailleurs K la quantité de glucose, G celle de lévulose ; la déviation de la liqueur sera représentée par B, qui comprendra la somme des déviations des deux sucres, que cette déviation soit d’ailleurs lévogyre ou dextrogyre. Nous savons d’ailleurs que le pouvoir rotatoire du glucose est égal à -+- 48°, que celui de la lévulose est égal à — 96°.

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