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PROCÉDÉS D’EXTRACTION DES SUCRES

Dessiccation par l'alcool. — En général dans l’analyse complète des matières végétales il faut procéder à une dessiccation pour amener la matière à un degré de division qui permette d’en prendre uu échantillon moyen. Souvent cette dessiccation amène une altération des principes existant originairement dans la plante. Ainsi les saccharoses peuvent s’invertir ; des matières azotées peuvent s’altérer ; certains corps peuvent passer de l’état soluble dans lequel ils existaient à l’état insoluble. En outre il est souvent impossible de réduire en poudre les matières végétales desséchées à l’étuve ; ainsi la betterave desséchée par ce dernier procédé se prend en une masse compacte dont la pulvérisation est impossible.

Pour obvier à ces inconvénients M. Schlœsing a imaginé d’opérer la dessiccation par .un procédé tout à fait différent, en plaçant simplement les parties végétales plus ou moins divisées dans de l’alcool concentré et en laissant le contact se prolonger pendant un temps assez long. On obtient d’un côté le liquide alcoolique qui a dissous des résines, des sucres, des acides gras, etc., et de l’autre des parties dures et sèches qu’on peut facilement pulvériser au moulin. On peut faire séparément l’analyse de la solution alcoolique et du résidu insoluble pulvérisé. Mais, sauf dans des cas spéciaux, pour ne pas multiplier les dosages, on peut diviser en lots proportionnels, qu’on réunit ensuite et qu’on soumet à une seule analyse. Ainsi si l’on opère sur la jL partie de la solution alcoolique, à laquelle après l’évaporation de l’alcool on aura ajouté la partie de la matière pulvérulente, on aura un ensemble qui représentera le -fe du poids total de substances végétales qu’on aura immergées dans l’alcool.

Sur ce mélange on peut opérer toutes les déterminations eomme on l’eût fait sur chacun des lots séparés.

Épuisement continu des substances solubles. — L’extraction d’une substance soluble, telle qu’un sucre, peut se faire avantageusement par l’appareil suivant, dû à M. Schlœsing.

Admettons qu’il s’agisse d’extraire par l’alcool une matière suerée contenue dans une plante préalablement séchée et amenée à un certain état de division par la mouture.

La poudre à épuiser est placée dans une allonge dont l’extrémité est garnie de

mèche de coton et se termine par un tube recourbé, se rendant dans un bouchon qui ferme un ballon. La poudre est elle-même recouverte de mèche de coton effilochée destinée à répartir uniformément le liquide qui se déverse à sa surface. Le col de l'allonge est fermé imparfaitement par un bouchon qui porte un serpentin formé par un tube de verre recourbé, comme le montre la figure 78 et qui plonge dans une cuve d’eau froide. L’autre extrémité de ce serpentin se rend dans le ballon placé au bain-marie qui doit recevoir la solution.

Fig. 78.

On commence par verser sur la matière la quantité voulue d’alcool, soit 3 à 4 fois le poids de la matière et on allume le bain-marie à niveau constant qu’on chauffe h une température telle que l’alcool puisse bouillir. Lorsque le liquide chargé de matières solubles coule dans le ballon, il se volatilise, se condense dans le serpentin et retombe dans l’allonge. Cet effet se produit d’une manière continue et on peut ainsi, avec une quantité limitée d’alcool, épuiser entièrement une notable quantité de matière.

C’est surtout dans le cas de déterminations quantitatives que ce mode d’extraction est à recommander.

Appareil à distiller dans le vide. — 11 arrive fréquemment qu’on ait en solution une matière sucrée très altérable, que l’évaporation à une température élevée pourrait transformer. C’est surtout après avoir épuisé par l’alcool qu’il convient de substituer à l'évaporation à l’air la distillation dans le vide, qui permet de recueillir l’alcool.

L’appareil représenté par la figure 79 est très commode pour opérer rapidement la distillation de grandes quantités de liquide.

La distillation se fait dans un ballon fermé par un bouchon à deux trous, dont

Fig. 79.

Le liquide distillé se rend dans un flacon qui communique lui-même avec une trompe h eau pei’mettant de faire le vide. Entre la trompe et le flacon il est utile de placer un manomètre à mercure permettant de mesurer la pression et une petite soupape en caoutchouc empêchant l’eau de la trompe de refluer dans le flacon.

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