‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Méthodes analytiques appliquées aux substances agricolesChapitre 27 sur 285 · ANALYSE DU FUMIER DE FERME · texte numérisé non relu

ANALYSE DU FUMIER DE FERME

On prend 1 kilogramme de fumier, après avoir, au préalable, divisé autant que possible, à l’aide de ciseaux, la paille qui s’y trouve, on y ajoute 30 grammes d’acide oxalique sec et très finement pulvérisé ; on mélange aussi intimement que possible. Cette quantité est généralement suffisante pour le fumier fait. Cet acide oxalique est destiné à retenir l’ammoniaque qui pourrait se dégager pendant la dessiccation ; on porte alors à l’étuve à 100°, dans une grande capsule à fond plat, en remuant de temps en temps pour renouveler les surfaces. Lorsque la matière est devenue cassante et friable par la dessiccation, on la fait passer au moulin à café, à plusieurs reprises, pour la réduire en poudre fine et homogène. On a grand soin de ne pas perdre de matière et on pèse la poudre obtenue, soit p son poids; on la place dans un flacon bien bouché. Cette poudre sert pour l’analyse; mais elle n’est pas entièrement sèche; on en prend 10 grammes qu’on sèche à 100°, jusqu’à ce que le poids soit devenu constant; on obtient ainsi la quantité de matière sèche contenue dans la poudre et on peut calculer celle que contenait le kilogramme de fumier employé.

Dans toutes les analyses il y aura lieu de tenir compte par le calcul, de l’acide oxalique ajouté. Ainsi de la matière sèche totale trouvée il faudra retrancher 30 grammes, et chaque poids de matière employée devra être multiplié par le

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Dosage de l'azote. — Le fumier de ferme contient l’azote sous la forme organique, avec de petites quantités d’azote ammoniacal ; il n’y a généralement pas de traces de nitrate. On prend 1 gramme de poudre, on dose par la chaux sodée, en employant l'acide sulfurique normal, on obtient ainsi l’azote total de la matière.

Si l’on voulait doser séparément l’azote ammoniacal, il faudrait traiter 10 grammes de la matière sèche préalablement délayés dans l’eau, par 4 ou 5 centimètres cubes d’acide chlorhydrique, ajouter de l’eau et former un volume total de 1 litre ; après avoir mélangé on laisse reposer et on prend 200 centimètres cubes de la liqueur claire, qu’on traite dans l’appareil de M. Schlœsing, par 5 grammes de magnésie, en recevant dans de l’acide sulfurique décime l’ammoniaque qui se dégage. On a ainsi l’ammoniaque contenue dans 2 grammes de matière; par différence avec l’azote total, on obtient l’azote organique.

. Dosage de la matière organique et des cendres. — - 1 0 grammes de matière sont incinérés à la mouflle, à basse température ; on prolonge l’incinération jusqu’à ce que le charbon ait complètement disparu ; en retranchant du poids total la somme des poids des cendres et de l’humidité, on obtient, par différences le poids de la matière organique.

Dosage de V acide phosphorique. — Le résidu de l’incinération est traités à chauds par 10 centimètres cubes d’acide chlorhydrique, dans la capsule même qui a servi

à l’incinération ; on évapore à sec, on reprend à chaud par 5 centimètres cubes d’acide chlorhydrique et -15 centimètres cubes d’eau, on filtre sur un petit filtre plat, en lavant la capsule et le filtre avec de très petites quantités d’eau chaude; on reçoit dans un petit verre à pied conique, en ayant soin de ne pas dépasser le volume de 50 à 55 centimètres cubes, on neutralise par l’ammoniaque, on rajoute quelques centimètres cubes d’acide citrique pour redissoudre le précipité floconneux qui a pu se former, et puis 10 centimètres cubes d’ammoniaque concentrée et 5 centimètres cubes de chlorure de magnésium au dixième. On laisse déposer pendant 24 heures, en couvrant le vase avec une plaque de verre, puis on recueille le précipité sur un petit filtre plat, en le faisant tomber au moyen de petites quantités d’eau contenant 1 /5 de son volume d’ammoniaque ; on sèche, on incinère et on pèse. Le poids de pyrophosphate de magnésie obtenu permet de calculer l’acide phosphorique contenu dans la matière.

Il arrive souvent que le phosphate ammoniaco-magnésien adhère si fortement au vase qu’il est presque impossible de l’en détacher. Dans ce cas, après avoir jeté sur le filtre tout ce qu’on a pu enlever, on ajoute dans le verre 4 ou 5 gouttes d’acide chlorhydrique, qu’on promène avec la baguette sur toute la paroi du vase, de manière à dissoudre complètement le phosphate adhérent; on ajoute 5 ou 6 centimètres cubes d’ammoniaque et on attend 2 heures, on obtient ainsi un dépôt de phosphate ammoniaco-magnésien, qu’on rajoute sur le filtre.

Dans ces cendres, il y a généralement une certaine quantité de magnésie, il peut donc arriver que lorsqu’on neutralise la liqueur acide par de l’ammoniaque, il se forme déjà du phosphate ammoniaco-magnésien, que des additions d’acide citrique ne mettent pas en dissolution dans la liqueur ammoniacale ; il n’y a pas lieu de se préoccuper de ce fait. Le dosage de l’acide phosphorique n’en est pas moins exact. t Le précipité cristallin de phosphate ammoniaco-magnésien se distingue d’ailleurs facilement du précipité floconneux, dû à l’oxydé de fer et à l’alumine, que l’acide citrique fera disparaître.

Dosage de la potasse. — On prend 20 grammes de matière, on les incinère à la mouffle à une température aussi basse que possible, sans se préoccuper des parties charbonneuses qni pourraient rester : on ajoute sur les cendres de l’eau bouillante, et on épuise par des lavages. La liqueur recueillie, qui contient la potasse, est additionnée d’eau de baryte; on continue le dosage comme il a été dit plus haut.

Dosage de la matière humique. — Nous appellerons matière humique la subtance organique qui est suffisamment transformée pour former avec les alcalis des combinaisons solubles plus ou moins noires. C’est cet état de la matière organique qui joue dans le sol le rôle important que l’on connaît. 5 grammes de matière sont triturés dans un mortier avec 5 centimètres cubes d’acide chlorhydrique et 5 centimètres cubes d’eau ; on délaye dans un demi-litre d’eau distillée, on décante la liqueur claire, on jette le résidu sur un entonnoir muni d’un tampon d’amiante et on lave à plusieurs reprises avec de l’eau. L’addition d’acide a pour but d’enlever les bases avec lesquelles la matière humique peut se trouver combinée et de mettre ainsi cette dernière en liberté ; on fait tomber la matière égouttée dans un vase jaugé de 4 litre, on y ajoute 50 centimètres cubes d’ammoniaque au tiers, on bouche le vase

ENGRAIS

et on laisse séjourner dans un endroit tiède pendant 2 ou 3 jours, en remuant fréquemment. Au bout de ce temps on complète le volume de 1 litre avec de l’eau distillée, on mélange et on laisse reposer. Lorsque le dépôt s’est produit, on décante la partie claire, on en prend 500 centimètres cubes qu’on additionne d’une quantité d’acide chlorhydrique suffisante pour rendre la liqueur sensiblement acide. La matière humique se dépose en gros flocons ; lorsque le dépôt s’est formé, on décante le liquide clair et'on jette le dépôt sur un filtre plat de 1 décimètre de diamètre qu’on a pesé exactement après l’avoir séché à 100° et introduit encore chaud dans un petit flacon bouché. L’acide humique est lavé 2 ou 3 fois avec de l’eau ; on place le filtre de nouveau dans l’étuve et au bout de 24 heures on l’introduit encore chaud dans le petit flacon bouché et on le pèse de nouveau. L’augmentation de poids représente la matière humique de 2®r,5 de fumier. Mais cette matière humique contient généralement des matières minérales, on incinère, on prend le poids des cendres, qu’on retranche du poids obtenu pour l’acide humique.

Les composts sont échantillonnés et analysés de la même manière, ainsi que les boues de ville, vases, curures d’étangs, etc.

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