‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Méthodes analytiques appliquées aux substances agricolesChapitre 30 sur 285 · DOSAGE DU CHLORE DANS LE SEL MARIN · texte numérisé non relu

DOSAGE DU CHLORE DANS LE SEL MARIN

Le sel marin n’est pas à proprement parler une matière fertilisante, cependant il joue un rôle important dans la ferme et il peut y avoir intérêt à l’examiner, surtout lorsqu’il est dénaturé par l’addition de produits étrangers.

1° Par pesée. — On dissout 1 gramme de sel marin dans de l’eau. Lorsque la dissolution est faite on amène le volume à 100 centimètres cubes; on mélange la liqueur et on en prend, à l’aide d’une pipette graduée 20 centimètres cubes, qui représentent 20 centigrammes de sel marin ; on ajoute 5 centimètres cubes d’acide azotique pur, 50 centimètres cubes d’eau et une solution de nitrate d’argent, jusqu’au moment où il ne se forme plus de précipité. On agite fortement, et on laisse déposer dans un endroit chaud, à l’abri de la lumière, puis on jette sur un petit filtre plat en lavant d’abord avec de l’eau légèrement aiguisée d’acide azotique, et à la fin avec un peu d’eau chaude ; les liquides qui passent doivent être parfaitement limpides. On arrête le lavage lorsque les liqueurs qui passent ne se troublent plus par l’acide chlorhydrique ; on sèche à l’étuve, on détache le chlorure d’argent du filtre ; on incinère celui-ci dans une petite capsule à fond rond émaillée complètement, puis on ajoute le chlorure d’argent ; on chauffe à la mouffïe jusqu’au moment où le chlorure commence à fondre sur les bords; on laisse refroidir et on ajoute 5 gouttes d’acide azotique pur et 4 ou 5 gouttes d’acide chlorhydrique, on dessèche et on chauffe de nouveau quelques instants pour chasser l’excès d’acide. Cette opération a pour but de retransformer en chlorure les petites quantités d’argent qui ont pu être ramenées à l'état métallique. On pèse et on multiplie le chiffre trouvé par 0,2472. On obtient ainsi le poids de chlore contenu dans 20 centigrammes de matière analysée. Pour calculer en chlorure de sodium, on multiplie le poids trouvé par 0,407.

2° Par dosage volumétrique. — On prend 1 gramme de chlorure à essayer ; on le dissout dans l’eau et on amène le volume à 100 centimètres cubes. Avec une

ENGRAIS

pipette jaugée, on prend 5 centimètres cubes de cette solution préalablement mélangée; on les met dans un verre à précipiter avec 20 centimètres cubes d’eau et 2 gouttes d’une dissolution saturée de chromate neutre de potasse ; puis à l’aide d’une burette graduée, on y verse, en agitant constamment, une solution titrée d’azotate d’argent, jusqu’au moment où on voit apparaître une coloration rouge brique, due à la formation du chromate d’argent. A ce moment on arrête et on lit le nombre N de centimètres cubes de liqueur d’argent employée. Cette liqueur d’argent contient 4^,79 de nitrate d’argent pur et fondu par litre, et 1 centimètre cube sature exactement 1 centigramme de chlore. Le nombre de centimètres cubes trouvé, multiplié par 20, donnera donc le nombre de milligrammes de chlore contenus dans 1 gramme de matière analysée. L’indice de la réaction est la formation de chromate d’argent qui ne se produit que lorsque tout le chlore est saturé.

§ 2. - ANALYSE D’UN SULFATE DE CUIVRE MIXTE EMPLOYÉ AU CHAULAGE DES BLÉS.

On emploie le sulfate de cuivre pour opérer ce qu’on appelle le chàulage des blés. Le but de cette opération est surtout de tuer les spores des champignons qui peuvent exister sur le grain et produire dans la récolte des maladies, telles que la carie. Le produit employé est un mélange de sulfate de cuivre et de sulfate de fer ; mais le premier de ces deux produits est celui dont l’effet est le plus important.

On dissout 1 gramme de matière dans 50 centimètres cubes d’eau; on ajoute 5 centimètres cubes d’acide chlorhydrique et on filtre si la liqueur est trouble. Dans la liqueur filtrée, on fait passer bulle àbulle un courant d’hydrogène sulfuré, jusqu’au moment où la liqueur conserve une forte odeur. Alors on filtre rapidement sur un petit filtre plat et on lave à plusieurs reprises le précipité avec de l’eau chargée d’hydrogène sulfuré ; on sèche le précipité noir de sulfure de cuivre qui s’est produit, on le détache du filtre, qu’on incinère d’abord dans un petit creuset en porcelaine ; on rajoute la matière et on chauffe au rouge pendant 20 minutes. Le sulfure se trouve ainsi transformé en bioxyde qu’on pèse rapidement. Cet oxyde multiplié par 0,8 donne le cuivre métallique contenu dans 1 gramme de matière. Il pourrait rester avec cet oxyde un peu de protosulfure de cuivre, cela n’a pas d’inconvénient, car le protosulfure et le bioxyde ont le même poids.

Pour doser le fer on prend les liqueurs d’où le cuivre a été séparé, on les fait bouillir pour chasser l’hydrogène sulfuré, on y ajoute 5 centimètres cubes d’acide chlorhydrique et 15 centimètres cubes d’acide azotique ; on fait bouillir de nouveau jusqu’à ce qu’il ne se produise plus de vapeurs rutilantes ; le fer se trouve ainsi amené au maximum d’oxydation ; s’il s’est produit des flocons de soufre, on filtre, on ajoute, dans la liqueur chaude, un excès d’ammoniaque et on fait bouillir pendant quelques minutes ; on jette bouillant sur un filtre et on lave avec de l’eau chaude ; on dessèche, on détache du filtre qu’on incinère d’abord, dans un petit creuset en platine, on rajoute la matière et on chauffe au rouge pendant 20 minutes.

Le poids du sesquioxyde de fer obtenu, multiplié par 0,7, donne le fer contenu dans 1 gramme de matière.

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