RECHERCHE ET SÉPARATION DES ACIDES GRAS VOLATILS DU SANG
Les acides formique, acétique, propionique, etc., peuvent être séparés des liquides qui les renferment (urine, sueur, etc.) par simple distillation avec de l’acide sulfurique étendu. Mais il peut se produire en même temps d’autres acides gras, par suite de l’action du réactif sur les divers éléments et en particulier sur les sels du liquide analysé.
Dans le cas des liquides séreux, on doit éliminer toutes les matières albumino'ides qui pourraient être décomposées en partie par la distillation. Pour cela, on ajoute au liquide trois volumes d’alcool à 90°, on agite et l’on sépare par filtration le précipité formé. Le filtratum, saturé de carbonate de soude, est distillé pour en retirer l’alcool, et le résidu évaporé au bain-marie est distillé en présence d’acide sulfurique dilué. Ce procédé est également applicable à la reclierche des acides gras volatils contenus dans les fèces.
Dans le cas du sang, ou d’organes riches en sang, il faut encore éliminer les matières albuminoïdes et le pigment sanguin dont les produits de décomposition volatils pourraient également vicier les résultats. Le meilfeur procédé à employer consiste à ajouter au sang, ou aux organes riches en sang, coupés en menus morceaux, de l’alcool froid, de battre et de mélanger fortement, de filtrer à froid et de traiter le liquide alcoolique comme précédemment.
La distillation au contact de l’acide sulfurique doit être poussée jusqu’à empâtement du résidu de la cornue; si le produit qui passe en ce moment à la distillation sent encore fortement les acides gras, on ajoute de l’eau dans 1» cornue et l’on continue la distillation.
Le produit de la distillation peut contenir des acides gras volatils depuis l’acido formique, jusqu’à l’acide caprique; il ne renferme que des traces des acides supérieurs. On procède à la séparation de ces divers composés d’après les méthodes suivantes indiquées par lloppc-Seyler (1).
On commence par chasser l’excès d’eau en saturant le liquide de carbonate desodium, évaporant à siccitô et épuisant par l’alcool. La solution alcoolique évaporée laisse un résidu qu’on redissout dans une petite quantité d’eau.
1) Recherche de l’acide formique. — Une minime partie de la solution aqueuse est traitée par l’acide sulfurique dilué et quelques gouttes de nitrate d’argent, puis chauffée; en présence do l'acide formique, il se produit un précipité ou un dépôt métallique d'argent.
2) Recherche de l’acide acétique. — Une coloration rouge, produite dans le liquide primitif par l’addition de quelques gouttes de chlorure ferrique, indique l’acide acétique on l’absence d’acide formique. Si le liquide renferme ce dernier composé, on l'élimine en faisant bouillir la liqueur primitive avec de l’acide sulfurique dilué et de l’oxyde de mercure (formiate mercurique insoluble), saturant par du carbonate de chaux, filtrant et traitant par le perchlorure de fer.
3) Le restant du liquide primitif est traité par de l’acide sulfurique dilué; au bout de quelque temps, il se forme à la surface des gouttelettes huileuses ou une masse floconneuse d'acide caprique, caproique, capryiique; on ajoute un peu
(1) Hoiipr-Sevler, Analyse chimique, trad. française, I877. r. 92.