PROPRIÉTÉS CUIMIQUES ET ANALYSE QUALITATIVE
Chauffée au bain-marie bouillant, la salive se trouble, et ne s’éclaircit pas après addition d’acide azotique.
La salive de la glande sous-maxillaire additionnée d’une grande quantité d’eau et traitée par un courant d’acide carbonique fournit un précipité floconneux de matières albuminoïdes qui se redissout après agitation au contact de l’air.
La salive filtrée précipite par l’alcool, le tannin, l’acétate neutre et le sousacétate de plomb, le sublimé corrosif et le nitrate mercureux. L’acide acétique, le cyanure jaune, les acides chlorhydrique et sulfurique, la potasse, l’ammoniaque et l’alun ne donnent lieu à aucune réaction caractéristique.
Le chlorure ferrique la colore en rouge en raison du sulfocyanate qui y est contenu. L’acide indique mélangé d’empois d’amidon la colore en bleu. Solera a reconnu que cette réaction était d’une sensibilité extrême et qu’elle permettait de déceler 0,0000004 de sulfocyanate.
Or, comme d’après cet auteur, le sulfocyanate des laboratoires se comporte de même et que les autres principes contenus dans la salive, ainsi que la ptyaline et le mucus donnent des résultats négatifs, il est hors de doute que c’est uniquement à ce sel qu’il faut attribuer la réaction.
(1) Munk, Verhandl. d. phys. Ges. z. Berlin, 1876; — Maly T/ner Chemie, 1876, p. 270.
(2) Boucheron, Comptes rendus, 1881.
2U ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — G.YP.NIER ET SCHLAGDENHAUFFEN.
La salive humaine parotidienne pure donne la coloration la plus intense, tandis que la salive sous-maxillaire pure ne fournit qu’une teinte très faible. Chez le chien la salive mixte ainsi que la salive pai’otidicnne ne redissout l’acide iodique que faiblement; la salive sous-maxillaire est complètement inactive (1).
Boettger (2) a montré, il y a fort longtemps, que la salive se colorait en bleu au contact de la teinture de ga'iac et d’une solution étendue de sulfate de cuivre.
Un mélange d’iodure de potassium, d’amidon et d’eau oxj'génée bleuit également la salive fraîche, mais la coloration est moins prononcée quand la salive renferme une plus forte proportion de sulfocyanate.
Lorsqu’on ajoute à de la salive un peu d’iodure de potassium, quelques gouttes d’acide sulfuricpic très dilué et de l’empois d’amidon, on obtient une coloration bleue qui est due à la présence des nitrites alcalins (Schoenbein) (3).
La salive mixte transforme l’amidon en dextrine et en glucose, mais non d’une manière constante. La vitesse d’écoulement du liquide, sa composition et sa température, sont autant de facteurs qui peuvent influencer la rapidité de cette transformation.
La matière glycogène soumise à l’action de la salive se transforme en glucose de la même manière que l’amidon.
Les modifications qn’éprouvent ces corps sont occasionnées par la présence d’un ferment diastasique qui se trouve dans la salive mixte et dans les glandes sous-maxillaire et parotidienne.
La ptyaline constitue un ensemble de matières muqueuses et albuminoïdes précipitables par l’alcool, le chlorure mercurique et l’acétate triplombiquc. Elle est encore incomplètement étudiée au point de vue chimique.