SACCHARIMÈTRE A PÉNOMBRE DE M. JELLETT
Comme dans l’appareil de Soleil, le saccharimètre à pénombre construit par Duboscq comprend deux parties. La première, tournée vers la source de lumière, fournie cette fois par l'introduction du chlorure de sodium dans un bec de Bunsen, se compose : 1” d’une lame de bichromate {b) destinée à débarrasser la lumière jaune des rayons verts, bleus ou violets; 2° d’un nicol polariseurp; 3“ d’un prisme de Jellett (3) (/).
La partie tournée vers l’observateur contient (voir fig. 12) ; 1» un nicol analyseur (a) ; 2° un système lenticulaire g formant lunette de Galilée pour la mise au point.
Le nicol analyseur (a) est mobile su'- un cercle divisé portant deux espèces de divisions. La division supériruire, àdril:edu zéro, placée suivant un diamètre ver-
(1) Hoppe Sevl T, ZeiUch. f. nnal. Chem., 1876.
(2) Landolt, \>ns oplische DrehungsveimS /en organischer Substanzen, Brunswig, 1879.
(3) Phgs’f/ue de Jamin, 3' édit., t. III, p. iôi.
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — (LiUMER ET SCllLACDENHAL'FFEN.
tical marquée sucre cristallisable et à gauche du zéro sucre incristallisable, correspond (?) à la division du saccharimètre de Soleil et donne en centièmes, pour une épaisseur de 10 centimètres, la quantité de sucre cristallisable. La graduation inférieure, destinée aux expériences de laboratoire est en demi-degrés, avec vernier donnant le 1/10 de degré.
Installation de l'appareil. — On place dans le saccharimètre éclairé par une flamme monochromatique au sodium, un tube de 20 centimètres plein d’eau distillée, et l’on met en regard le 0 fixe du cercle et le 0 du vernier mobile qui entraîne dans sa rotation le nicol analyseur (a) ; puis on met au point la lunette de Galilée sur la ligne noire verticale qui sépare les deux demi-disques éclairés en jaune. La teinte de ces demi-disques doit être rigoureusement égale; si l’im est plus foncé que l’autre, l’appareil restant au zéro, on établit l’égalité de teinte à l’aide d’un bouton molleté qui imprime au nicol (a) un mouvement de rotation micrométrique dans sa gaine.
Observation. — Le liquide à examiner, décoloré au préalable, est introduit dans un tube de 20 centimètres, et placé dans l’appareil réglé au zéro. S’il imprime une déviation au plan de polarisation, l’un des demi-disques devient plus ou moins noir. On fait mouvoir l’alidade qui porte le nicol analyseur sur le cercle gradué, jusqu’à rétablissement de l’égalité de teinte, et on lit la déviation qui est droite, si l’alidade a été déplacée à droite du 0 ; gauche, dans le cas contraire.
Interprétation des résultats. — Nous avons à considérer l’emploi de la graduation supérieure et celui de la graduation inférieure.
1» Graduation inférieure. — La graduation que porte la moitié inférieure du disque fixe sur lequel se déplace l’alidade du nicol (a) est mai-quéc en degrés et demi-degrés, avec vernier donnant le dixième de degré.
Considérons le cas du dosage de la glucose dans une urine diabétique. La déviation spécifique du sucre de diabète étant -F 32%b pour une épaisseur de 20 centimètres et une richesse de 100 p. 100, la solution à ce titre marquera lOb" sous une épaisseur de 20 centimètres, et 1» de déviation représentera ^ = 0,9325 lie glucose anhydre p. 100 ou 98'',,325 par litre.
Il suffira donc do multiplier ce coefficient 9,.325par la déviation observée, exprimée en degrés et dixièmes de degré, pour obtenir la richesse de l’urine en glucose.
Pour la même raison,on verra que, sous une épaisseur constante de 20 ceniimètres,
P représente ;3g^ = 0,8928 d’albumine p. 100.
— .^' 2^x 2 “ 0,8591 de lactose p. 100.
2» Graduation supérieure. — Cette graduation est destinée, suivant le constructeur, à donner immédiatement le p. 100 en saccharose d’une solution de sucre candi. Il semble donc que, pour obtenir la valeur de ce nouveau genre de degré en glucose, il suffirait de multiplier par le rapport inverse des déviations spécifiques correspondantes mais nous allons opérer autrement et calculer