Recherche du ferment peptonique
Stolnikow (Petersb. med. Wochenschr. 1878) avait constaté dans les crachats gangréneux et purulents la présence d’un ferment peptonique qu’il envisageait comme existant tout formé dans les tissus. Cette assertion toutefois a été combattue d’abord par Kühnc et Filehne et plus tard par Escherlich (1). Les recherches nouvelles de ce savant confirment la première partie du travail de Stolnikow, mais en infirment la seconde : la trypsine, en effet, ne se présente pas dans les tissus, elle ne se produit que dans leurs déchets.
Pour déceler la présence du ferment, l’auteur avait fait des expériences comparatives avec des crachats de nature diverse, battus dans un mortier avec le quart de leur poids de glycérine, le tout additionné d’une même quantité de fibrine, de carbonate de soude à 1,8 p. 100 ou d’acide chlorhydrique à 0,1 p. 100 et maintenu au bain-marie entre 38 et 40°. La fibrine n’a été dissoute que dans les tubes à essai contenant les crachats de phtisiques au troisième degré. Ce n’est donc que dans des milieux contenant des tissus en voie de désorganisation, c’est-à-dire dans les crachats eux-mêmes que la trypsine prend naissance.
B. Analyse microscoi)i«iuc.
Indépendamment de ces composés qui peuvent se trouver accidentellement dans les crachats et dont l’analyse qualitative et quantitative n’est pas sans
(1) Ja/iresb. f. Thier Chemie, 1883, p. .501.
valeiii’ pour le clinicien, il en est d'autres dont la constatation a une importance bien plus considérable : ce sont des éléments organisés d’une ténuité extrême. Complètement inconnus aux anciens, ces infiniment petits, répandus dans tout l’organisme et notamment dans les produits d’excrétion de la bouche, sont devenus, dans ces derniers temps, un objet d’études vraiment passionnées pour un grand nombre de savants. Aussi des physiologistes et des micrograplies d’une haute autorité scientifique nous ont-ils indiqué la manière de les reconnaître. C’est grâce aux perfectionnements des instruments dont l’œil doit être armé, grâce également à la découverte des propriétés de certains colorants susceptibles de se fixer sur les tissus organiques, que l’on connaît actuellement des méthodes sûres et capables de les déceler.
Nous empruntons à l’excellent traité de bactériologie du professeur Crookshank, de Londres, traduit par Bergeaud, médecin-vétérinaire de Paris, les procédés techniques les plus employés.
i. PROCÉDÉ GÉNÉRAL DE RECHERCHES.
On frotte un couvre-objet sur un crachat, ou bien on porto, à l’aide d’une aiguille à cataracte, sur un couvre-objet, un fragment du crachat à examiner. On applique un second couvre-objet contre le premier de façon à réduire en couche mince la matière, pressée entre les deux lames de verre; on les fait glisser l’un sur l’autre, puis enfin on les sépare, et chaque couvre-objet porte sur un côté une couche mince du crachat. On fait sécher. Apres quelques minutes, on les prend avec des pinces, le côté préparé étant toujours dessus, et on les passe rapidement trois fois dans la flamme d’une lampe à alcool ou d’un bec de Bunsen. Pour les colorer, il faut verser deux ou trois gouttes d’une solution aqueuse de fuchsine ou de violet de méthyle sur la coupe et, après une minute ou deux, enlever l’excédant de matière colorante avec de l’eau distillée. On retourne le couvre-objet sur un porte-objet, on enlève l’excès d’eau avec du papier à filtre et l’on essuie la surface extérieure des verres; enfin on examine à un grossissement de 230 diamètres environ, et s’il est nécessaire d’avoir un plus fort grossissement, on place une gouttelette d’huile de cèdre sur le couvre-objet et l’on examine avec une lentille à immersion.
Si l’on veut faire une préparation permanente, il faut maintenir le couvreobjet par un coin avec le pouce et avec un linge doux, essuyer convenablement l’huile de cèdre; ensuite on verse de l’eau distillée sur la préparation, par un de ses bords, puis on place le couvre-objet debout sur un des côtés, sur une feuille de papier filtre que l'on a placée d'une certaine façon et l'on fait sécher. Quand la pièce est tout à fait sèche, on la monte avec du haume de Canada.
Quand il est nécessaire de colorer pour longtemps, on place une solution colorante dans un verre de montre, en laissant nager la préparation à la surface le côté préparé en dessous.