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C. Schmidt avait trouvé 3 p

Pour contrôler la valeur de son titrage, Rabuteau opère sur une autre partie du suc primitif qui avait servi à faire la première expérience, et la traite comme ci-dessus. Le sel de quinine repris par le chloroforme est évaporé à siccité et redissout par l’eau; la solution aqueuse additionnée d’acide sulfurique étendu, est agitée ensuite avec de l’éther. La solution éthérée évaporée ne fournit pas trace d'acide lactique.

11 s’ensuit donc que Tacidc chlorhydrique se trouve à l’état libre dans le suc de l’estomac et que ce dernier ne contient pas d’acide lactique : résultat qui

(1) Union phannac., fév. 1888, p.

s’accorde avec ceux que Braconnot, Proust, Lassaigne et G. Schmidt avaient signalés antérieurement.

Le suc gastrique qui avait servi à ces opérations provenait de chiens, restés a jeun depuis 24 heures, auxquels on avait fait avaler quelques tendons pour provoquer la sécrétion de la muqueuse gastrique et qui avaient été tués après section de la moelle.

Remarque. — L’expérience de Rabuteau est un argument puissant en faveur de la présence de l’acide chlorhydrique libre; mais pour être complète, elle demanderait à être répétée dans des conditions variées et ne pas rester limitée à l’examen d’animaux à jeun.

Procédé Reoch (t). — Elle repose sur la propriété que possèdent les acides inorganiques de décomposer le tartrate ferrico-potassique en présence du sulfocyanate d’ammonium et de donner naissance à du sulfocyanate de fer, tandis que les acides organiques ne provoquent pas de changement de couleur.

D’apres cela, si l’addition du suc gastrique au mélange des deux sels fait apparaître une coloration rouge, celle-ci ne peut provenir que de la présence de l’acide chlorhydrique.

Pour le dosage de l’acide libre, on peut opérer par comparaison en employant une solution chlorhydrique d’un titre déterminé.

Remarque. — Le procédé ne peut servir que dans le cas où il s’agit de solutions qui ne renferment que de l’acide chlorhydrique. Mais quand on a affaire à des mélanges de cet acide avec des phosphates et des sels de fer, il se forme nécessairement du phosphate ferrique jaune et la couleur rouge du sulfocyanate de fer n’apparaît pas.

Procédé Ewald (2). — L’auteur se sert de violet d’aniline et de tropéoline qui, sous l'influence de quantités déterminées d’acide chlorhydrique libre, prennent des colorations particulières.

Le premier de ces réactifs devient bleu en présence de GUI à .t/1.000, et même quand la dilution atteint 1/2.000.

La tropéoline 00 prend une coloration rouge rubis ou brun rouge quand on y ajoute de l’acide chlorhydrique aux mêmes degrés de dilution.

Le réactif peut donc, au dire de l’auteur, servir à des dosages coloriinétriques par comparaison en employant simultanément un même volume de suc gastrique ou d’acide chlorhydrique d'un titre connu pour un volume déterminé de colorant.

Or, comme les autres acides, acétique, butyrique et lactique, qui peuvent se trouver dans le suc gastrique, n’agissent sur les réactifs qu'à des degrés de concentration beaucoup plus élevés, 20 p. 100 au moins, il s'ensuit que pour examiner si le mélange du liquide stomacal renferme ou non de l’acide chlorhydrique, il faut toujours ramener l'acidité totale à 1 ou à 0,5 p. 100. Si alors le réactif devient bleu, on peut en conclure que le suc gastrique renferme en tous cas de l’acide chlorhydrique (Reichmann) (3).

Remarque. — Le dosage de l’acide chlorhydrique libre ne peut pas s’effectuer

(1) Jaliresb. f. Thier Chenue, 1877, p. 269.

(2) Jahresb. f. Thier Chemie, 1882, p. 25 ).

(3) Jahresb. f. Thier Chemie, 188-1, p. 290.

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — G.4RNIER ET SCHLAGDENHAÜFFEN.

à l’aide de ce ppocédé, parce que les colorations varient suivant la nature des liquides sur lesquels on opère.

Ainsi, par esemple, quand on ajoute de l’albumine ou do la peptone à une solution chlorhydrique teinte en rouge par de la tropéoline, on voit la teinte passer an jaune. Par conséquent, si le suc stomacal que l’on se propose d’examiner, tout en contenant de l’acide chlorhydrique libre, renfermait l’un ou l’autre de ces éléments, on ne verrait pas de changement de couleur en présence du réactif.

De plus une solution de pepsine, de peptone ou d’albumine, devient bleue en présence du violet de méthyle, sans addition préalable d'acide chlorhydrique.

La présence du sang empêche la réaction bleue de se produire. On ne pourrait donc pas employer cette méthode colorimétrique pour rechercher l’acide chlorhydrique dans le cas d'un suc gastrique pathologique.

I.a présence de la leucine et de la tyrosine empêche la coloration bleue du violet de méthyle (Ewaid) (1), assertion confirmée par Seemann (2).

Celle d'un phosphate acide entrave également les colorations rouge de la tropéoline et bleue du violet de méthyle i Kietz) (3).

Procédé Kietz (4). — Pour doser la quantité d’acide chlorhydrique contenu dans ce suc gastrique, l’auteur opère sur trois portions de liquide filtré, chacune de 2o-'.

11 acidifie légèrement la première par l’acide azotique et dose l’acide chlorbydrique par une solution de nitrate d’argent en présence du chromate de potasse.

La seconde est évaporée au bain-marie, reprise par l’eau et titrée au sel d’argent.

On neutralise, la troisième, on évapore à siccité et l’on y détermine la quantité d’acide chlorhydrique.

L'expérience prouve qu’il y a identité de résultats relatifs à la teneur en acide chlorhydrique pour les essais 1 et 3. Mais on obtient un chiffre moins élevé pour l’essai 2.

Cette différence en moins tient à la volatilisation de l’acide chlorhydrique pendant l'évaporation. Elle se rapporte à l’acide chlorhydrique libre.

Remarque. — Quoique rigoureuse en apparence, cotte méthode cependant est inférieure à celle de C. Schmidt que nous indiquerons plus loin.

Procédé Seemann (8). — On salure exactement le suc gastrique à l'aide d'une solution titrée de soude caustique au 1/10; on évapore à siccité et l'on calcine le résidu.

On redissout le résidu dans l'eau et l'on opère un deuxième titrage à l’aide de la solution sulfurique au 1/10. Cette opération permet d'évaluer la proportion d’acides organiques transformés en carbonates pendant l’incinération.

On retranche le nombre de centimètres cubes de la solution alcaline de la

(1) Jahresb. f. Thier Chemie, 1882, p. 2.'>1.

(2) Jahresb. f. Thier Chemie, 1882, p. 248.

(3) Jahresb. f. Thier Chemie, 1881, p, 276.

(4) Inaugur. Dissert., Erlangen, 1880.

(3) Jahresb. f. Thier Chemie, 1882, p. 248.

première opération de celui des centimètres cubes de la solution acide de la seconde, et la différence indique la quantité d’acide chlorhydrique libre.

Remarque. — Ce dosage laisse à désirer puisque, d’une part, il y a perte de matière par suite de la volatilisation des chlorures alcalins et que, d'autre part, les sels à acides organiques contenus dans le liquide à examiner fournissent par leur incinération une augmentation d’alcalis.

De toutes les méthodes actuellement connues, il n’y en a aucune, au dire des hommes les plus autorisés, tels que Hoppe-Seyler et Corup-Besanez, qui donne des résultats aussi nets que celle de C. Schmidt, quoiqu’elle date déjà d’une trentaine d’années.

Procédé Schmidt. — On prend un volume déterminé de suc gastrique bien filtré et on le traite en solution azotique par du nitrate d’argent afin de précipiter la totalité de l’acide chlorhydrique y contenu, tant sous forme de combinaison qu'à l’état libre. Ou chauffe de manière à rassembler le précipité, on filtre et on lave jusqu'à ce que les eaux de lavage ne soient plus troublées par l’acide chlorhydrique; on dessèche le précipité à l’étuve et l’on calcine avec le filtre. Il n’est pas inutile de rappeler ici les précautions à prendre pour le dosage du chlorure d'argent qui, chauffé et fondu dans un creuset de porcelaine, se réduit quelquefois et contient alors de l’argent métallique. La masse fondue refroidie doit être traitée par quelques gouttes d’acide azotique. Après addition d’un peu d’eau, on traite par une gouttelette ou doux d’acide chlorhydrique, on évapore dans le creuset avec précaution, puis on fond de nouveau le chlorure qui sort maintenant au dosage.

Cela fait, on évapore à siccité le liquide filti-é dans une capsule en porcelaine et l’on incinère le résidu qui contient de la chaux, de la magnésie, de la potasse et de la soude, ainsi que les acides sulfurique et phosphorique combinés à ces bases. On dose ces divers éléments d'après les procédés habituels.

11 importe en outre d’effectuer le dosage de rammoniaque que le liquide peut contenir. xV cet effet, on en sursature une quantité déterminée soit par de la baryte caustique ou de la magnésie, on distille et l’on reçoit les vapeurs alcalines dans une solution chlorhydrique. On précipite par du chlorure de platine et l’on dose le chloroplatinate obtenu d’après les prescriptions des autours.

Les opérations étant terminées, on rapporte par le calcul à lOO" les poids des acides et des bases. On considère l’acide sulfurique comme combiné à la potasse et à la soude. Quant aux autres bases, chaux et magnésie, on admet qu’elles se trouvent dans les cendres sous forme de phosphates acides P.MH-0‘ et de chlorures. Le surplus de chlore non combiné aux métaux se rapporte alors à l’acide chlorhydrique libre.

Quoique très compliquée et longue, cette méthode est la seule qui conduise à un résultat certain.

Procédés Cahn et de Mehring (1). — De ces deux procédés tout récents, l’un est, pour ainsi dire, calqué sur celui de Rabutcau, car il consiste à saturer le suc gastrique par de la cinchonine et à procéder ensuite au dosage de ce sel.

(1) Deulsch. Arc/i. f. Klin. Med., in Journ. de pharm. (TAls.-Lorr., mai 1887.

2'!2 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARNIER ET SCHL.AGDENHAUFFEN.

Le second, facile à exécuter, comprend les opérations suivantes ;

1) Distiller à feu nu 50" de suc gastrique filtré jusqu’à ce que les trois quarts du liquide aient passé; remplir une seconde fois le ballon jusqu'à 50" et opérer comme précédemment. Filtrer les liquides distillés et y effectuer le dosage des acides volatils à l’aide de la solution alcaline normale.

2) Agiter le résidu de chaque distillation avec 50" d’éther et répéter cinq fois cette opération. Distiller l’éther, reprendre le résidu par l’eau et titrer l’acide lactique y contenu à l’aide de la liqueur normale alcaline.

3) Traiter la couche inférieure de l’operation précédente, par la solution alcaline, pour avoir la quantité d’acide chlorhydrique libre qu’elle renferme.

La vérification de l’exactitude du procédé se fait en dosant directement au moyen de la solution alcaline une même quantité de suc gastrique que précédemment. Le nombre de centimètres cubes employés est égal à celui des opérations 1, 2, 3.

B. Dosage de la pepsine.

La pepsine constitue le ferment du suc gastrique capable d’opérer la digestion des matières albuminoïdes. Elle est soluble dans la glycérine et insoluble dans l'alcool. Elle n'est précipitée ni par l’acide acétique ni par un mélange d’acide acétique et de cyanure jaune, mais par l’acétate neutre de plomb.

Sa réaction caractéristique est la modification particulière qu'elle fait éprouver aux matières albuminoïdes en présence d'une faible proportion d'acide chlorhydrique; c’est elle qui sert de base aux procédés de dosage décrits ci-dessous.

Procédé Brücke. — On dissout un morceau d’albumine, de forme cubique, de dimension donnée, dans une solution chlorhydri([ue à 1 p. tOO; on détermine le temps nécessaire pour opérer cette dissolution et l'on envisage comme unité la quantité de pepsine contenue dans ce liquide normal.

Cela fait, quand il s’agit de rechercher la quantité de pepsine dissoute dans un autre liquide plus chargé que le précédent, on en prend un volume déterminé, on l’étend d'eau acidulée à f p. 100 et l'on opère identiquement comme dans le prenWor cas. La comparaison des temps nécessaires à effectuer la dissolution de l'albumine permet d’évaluer la valeur de la pepsine.

Procédé Grünhagen. — L’auteur traite la fibrine du sang, parfaitement lavée à l’acide chlorhydrique à 2 p. 100 jusqu'à ce. qu’elle se transforme en gelée de consistance épaisse. On l’exprime, puis on la divise en portions égales sur des filtres placés sur des entonnoirs, au-dessus d’éprouvettes à pied qu’on place dans des étuves chauffées entre 37 et 40", et l’on verse sur la fibrine la pepsine à examiner. La rapidité avec laquelle s’effectue la dissolution de ces gelées, ainsi que leur vitesse d'écoulement à travers les filtres, indique le pouvoir digestif des liquides et jiartant la qualité plus ou moins bonne de la pepsine y contenue.

Procédé A. Petit (I). — A la suite d’une étude approfondie sur l'action digestive de la pepsine, à diverses températures, et en présence de quantités

(1) Journ. de chimie et de pharm., 1880, t. I, p. 89.

variables d’acide, rauteiir indique le procédé opératoire suivant pour reconnaître la valeur d’une pepsine.

Prendre 25“ d’un acide chlorhydrique à 3 p. 100, y ajouter 5 grammes de fibrine de mouton, blanche et fortement essorée, additionnée de quantités variables de pepsine allant de 0s'',10 à O^^OO dans plusieurs flacons. Chaulfer à 50» et agiter toutes les demi-heures jusqu’à solution complète.

Une bonne pepsine ne devra plus donner de précipité par l’acide azotique après 12 heures de chauffe dans les flacons qui en contiennent de 23 à 30 centigrammes, et après 6 heures dans ceux qui renferment de Os^SO à Os',60.

G. Pepsines et peptones commerciales.

La pepsine introduite dans la thérapeutique française en 1854 par le D"' Corvisart et les peptones employées avec le plus grand succès dans le traitement des affections stomacales, ayant acquis une importance si considérable dans ces dernières années, nous ne pouvons manquer de donner ici quelques indications relatives à la provenance et au mode de préparation de ces substances en môme temps qu’à la manière de reconnaître leur degré de pureté.

a. Propriétés et titrage des pepsines (1).

Pepsine anglaise. — Ce produit s’obtient par le raclage des estomacs de porc, de veau ou de mouton et en faisant dessécher le magma obtenu à une température de 35 à 40°.

Cette pepsine est insoluble. Elle doit transformer en produits solubles cinquante fois son poids d’albumine de l’œuf, cuite et réduite en pulpe fine.

J'epsine allemande. — a. On la prépare en traitant les estomacs des mêmes animaux que ci-dessus par une eau acidulée à l’acide sulfurique ou à l’acide phosphorique. On filtre et l’on traite le liquide par de l’eau de chaux. Il se forme un précipité de sulfate ou de phosphate de chaux mélangé à de la pepsine.

Le produit ainsi préparé est donc nécessairement impur.

b. Le commerce allemand fournit, en outre, sous la dénomination de pepsine, un produit qui ne mérite pas ce nom, puisqu’il ne constitue qu’un simple mélange de poudre de viande et d’amidon de légumineuses.

Pepsine américaine. — On fait macérer pendant plusieurs jours des estomacs de porc dans de l’eau acidulée à l’acide chlorhydrique, on filtre, on ajoute à la liqueur deux fois son poids de chlorure de sodium. Ensuite de cola, le liquide est devenu plus dense et laisse surnager la pepsine. On l’exprime, on lave et l’on mélange après dessiccation avec du sucre de lait.

Ce procédé ne donne qu’un faible rendement.

Procédés français. — Comme le Codex français ne donne pas de procédé de fabrication officiel de la pepsine, les produits varient avec le nom des industriels.

Petit traite les raclures d’estomacs, pendant quelques heures, par de l’eau

(!) Nouveaux remèdes, i" juin 1886. Leçon du D' Bardet.

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alcoolisée à 4 p. 100. Il filtre et évaporé. Cette pepsine se dissout entièrement dans l’eau.

Chassaing fait tremiier la pulpe d’e.stomac dans de l’alcool ou de l’éther afin de coaguler le sang; il passe à travers un tamis fin, laisse égoutter le résidu et le reprend par l’eau tiède acidulée à l’acide chlorhydrique au 1/1000. 11 filtre la solution et obtient un produit soluble dans l’eau et de bonne qualité.

Chappoteaui, an lieu d’éliminer le sang parla coagulation, prend les raclures de muqueuse stomacale, les dessèche dans un courant d’air et les réduit en poudre. 11 traite pAr l’éthcr pour enlever les corps gras et dessèche une seconde fois. Le produit obtenu est de bonne qualité; il est soluble, mais il a toujours un aspect rougeâtre à cause du sang dont il n’a pas été débarrassé.

A ces marques spéciales s’en ajoute une quantité d’autres, mais les préparations de ces fabricants sont la reproduction plus ou moins fidèle de celles que nous venons de décrire.

Les pepsines présentent, au point de. vue, de leur aspect physique, diverses formes, connues dans le commerce français sous les noms de pepsine en paillette, produit jaune, en écailles demi-transparentes à odeur particulière; de pepsine extractive, plus ou moins foncée, généralement jaune de miel, à odeur un peu plus forte que la première, mais sans parfum putride; de pepsine amylacée, poudre blanche à odeur faible; de pepsine saccharure îailc pourprés.mter la forme américaine, mais soluble, tandis que celle qui se fabrique en Amérique ne l’est pas; enfin de pepsine liquide obtenue par une solution de pepsine dans la glycérine et l’alcool faible.

La digestibilité des pepsines est évaluée d’après ce qu’on est convenu d’appeler leur litre, c’est-à-dire par la valeur numérique qui représente le poids de fibrine qu’elles sont capables, non de dissoudre, mais de peptoniser ou en d’autres termes de transformer en un produit soluble non précipitable par l’acide azotique.

Le Codex français prescrit le titre 20 pour la pepsine amylacée, cela veut dire que 20 grammes de fibrine doivent être peptonisés par 1 gramme de pepsine.

Ce titre peut s’élever jusqu’à 50, 60, 100 et même jusqu’à 1.000.

Certaines pepsines ne titrant que 4 ou 6 peuvent néanmoins dissoudre 50 ou 00 grammes de fibrine, mais cette particularité tient à ce que la dissolution de la fibrine est obtenue par l’addition frauduleuse d’un acide. 11 ne s’agit dans ce cas que de dissolution et non de peptonisation.

Le dosage d’une pepsine ou, ce qui revient au même, son titrage s’efifectue d’après le Codex de la manière suivante :

On met dans un petit flacon 10 grammes de fibrine de porc fraîchement essorée avec 0s'',60 d’acide chlorhydrique, 60" d’eau distillée et 0'",o0 de pepsine. On place le flacon dans une étuve à 50“ pendant 6 heures et l’on agite de temps en temps. Au bout de ce temps, la peptonisation doit être complète, ou en d’autres termes, facide nitrique ne doit pas troubler la liqueur filtrée.

A ce procédé de dosage, qui est à peu près le même que celui de M. Petit, on peut substituer indifféremment ceux de Brücke ou de Griinhagen.

p. Peptones.

Les peptones constituent les produits ultimes de la digestion pepsique des matières albuminoïdes. La fibrine, l’albumine, la caséine et d'aulres matières protéiques coagulées, soumises à une température de 37“ environ à l’action du ferment pepsique de l’estomac, avec ou sans addition d’acide chlorhydrique très dilné, se transforment en effet en produits nouveaux qui ne jouissent plus des propriétés des albuminoïdes d’où ils dérivent.

Le ferment pepsique du pancréas mis en présence des mêmes matières albumino’ides, dans les mêmes conditions opératoires, produit également des peptones qui présentent les plus grandes analogies avec les premières.

Les propriétés communes de ces produits sont : leur coagulabilité par l’alcool, leur solubilité dans l’eau, leur incoagulabilité par la chaleur et l’acide azotique, leur non précipitabilité par le cyanure jaune, l’acétate de plomb et l’alun.

Leurs différences résident principalement dans la variation de leur pouvoir rotatoire.

Adamkiewicz, Maly, Küline, Defresne, Salkowsky, Strohmer, Kœnig et beaucoup d'autres ont indiqué la manière de préparer ces composés. Tantôt on se sert de pepsine de l’estomac et d'acide chlorhydrique dilué, tantôt de l’extrait glycériné du pancréas, tantôt enfin de papaïne et d’acide chlorhydrique dilué que l’on fait bouillir avec de la viande hachée sous pression. De ces trois modes difi’érenls de préparation, la première fournit le produit le, plus agréable et en même temps le moins altérable.

Les peptones à la papaïne présentent toujours une odeur plus ou moins repoussante, due à la présence d’une trace d’un composé huileux qui agit comme anthelmintique; elles ne dissolvent du reste que peu de matière albuminoïde.

Des industriels en très grand nombre se sont empressés de livrer dans le commerce des peptones dont la composition varie considérablement, et au lieu d’imiter les sages prescriptions des savants pour arriver à la préparation de produits purs, ils ont cherché à y incorporer dos matières étrangères : la gélatine, la glucose et la glycérine constituent les fraudes les plus usuelles.

d. Analyse qualitative des peptones.

H. Defresne, qui s’est beaucoup occupé en France de l’étude des peptones, insiste sur la nécessité de commencer par des essais préliminaires tondant à montrer la présence des matières ajoutées frauduleusement avant de procéder à leur dosage.

11 fait remarquer tout d’abord qu’on ne peut se servir ni de l’acide nitrique, ni du réactif de Millon, ni de l’alcool, ni du cynaure rouge, de l’acétate de plomb ou do l’alun, puisqu’en présence des réactifs, la gélatine se comporte absolument do la même manière que les peptones.

La liqueur de Barreswil agit d’une façon différente ; elle donne avec les peptones pures une coloration rose, rouge, rouge-violet qu’un excès de réactif ramène au bleu, tandis qu’avec les peptones gélatinées la coloration reste bleue; mais il est facile de voir que l’on ne pourrait pas distinguer la fraude à l’aide de ce moyen.

236 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARNIER ET SCHLAGDENHAüFFEN.

Dos expériences minutieuses ont fait connaître que 100 grammes d’une solution de pcptone pure marquant 10" à l'aréomètre fournissent 17 grammes de matière solide et que, dans le cas de sophistication par la gélatine, la densité restant toujours à 12", le produit d’évaporation pouvait s’élever à 33 grammes (Defresne) (1).

On a constaté également qu’une solution do peptonc pouvait sans inconvénient être additionnée d'une forte proportion de sulfate de magnésie, tandis qu’une peptonc fraudée par la gélatine était précipitée abondamment. Cette réaction différentielle conduit naturellement à une méthode de dosage pour le produit sophistiqué.

Les peptones glucosées se colorent en présence de l’eau iodée.

Les peptones glycérinées enfin cèdent la glycérine à un mélange d’alcool et d’éther.

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