‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 151 sur 206 · Analyse quantitative des peptones · texte numérisé non relu

Analyse quantitative des peptones

Dans un travail très complet sur l’analyse quantitative des peptones, Kœnig (2) procède de la façon suivante pour le dosage de leurs principes constitutifs :

La quantité d’eau est déterminée d’après la perte de poids de la matière chauffée à l’étuve à i 03".

L’azofe total s'obtient par calcination du résidu sec avec de la chaux sodée ou par décomposition à l’aide de l’anhydride sulfurique (Kjeldahl, voir p. 73) (3).

Pour doser les corps gras, on épuise la matière dans un appareil à déplacement continu au moyen de l'éther.

L’eau bouillante dissout les matières albuminoïdes solubles et la peptone.

En ajoutant au liquide de l’acétate ferrique, on obtient un précipité renfermant les matières albumino'idcs solubles (Schmidt-Mulheim). On dessèche, on traite par la chaux sodée et l’on détermine l’azote. Multipliant ensuite le nombre trouvé par 6,23, on obtient le poids correspondant des matières albumino'ides. Quant à la peptone qui se trouve dans le liquide filtré après précipitation de la solution primitive par l’acétate ferrique, on la précipite à son tour par l’acide phosphotungstique, et après le dosage par la chaud sodée, on multiplie le nombre trouvé par 6,41.

Les sels fixes enfin s’obtiennent par incinération.

A l'aide de ce procédé opératoire, l'auteur arrive aux résultats suivants pour diverses peptones commerciales :

(1) Journ. de chim. et de pharm., 1881, t. I, p. 203.

(2) Jahresb. f. Thier Ctiemie, 188.5, p. -HT.

(3) Sur la possibilité d’une application générale de la méthode de Kjeldahl, Berliner Berichte, t. XIX, p. 367 et p. 832.

Quant aux peptones sophistiquées renfermant soit de la gélatine, de la glucose ou de la glycérine, Defresne (1) opère de la manière suivante pour déterminer la proportion de ces diverses substances :

Dosage de la gélatine'. — On sature la peptonc à chaud par du sulfate de magnésie. Si la matière contient de la gélatine, celle-ci remonte à la surface sous forme d’une masse élastique et peut être recueillie. Il faut avoir recours alors au dosage de l’azote : le poids de l’azote dû à la gélatine, retranché de celui de l’azote total, donne un chiffre qui, multiplié par la constante 6,05, exprime le poids de peptone sèche et pure.

Nous fei’ons remarquer que les dosages de la peptone effectués par les divers auteurs ne s’accordent pas, puisque les multiples de l’azote trouvé varient de 6,05 à 0,41.

Le dosage d’une peptone, au point de vue de la richesse en gélatine, peut s’effectuer suivant Salkowsky (2), d’après la quantité de soufre contenu dans le produit. A cet effet, on opère sur la matière sèche, on calcine avec un mélange de nitre et de potasse caustique, on reprend par l’eau, on acidifie par l’acide chlorhydrique et l’on précipite par le chlorure de baryum.

Dosage de la glucose. — Quand l’essai préliminaire a fait reconnaître que le produit était glucose, on ne peut pas se servir d’alcool pour arriver à la précipitation, car les résultats seraient erronés. Il faut avoir recours, comme dans le premier cas, au dosage de l’azote et multiplier comme ci-dessus par 6,05 pour avoir le poids de la peptone sèche.

Dosage de la glycérine. —On prend 10 grammes de peptone suspecte, on y verse 100 grammes d’alcool absolu et l’on agite, puis on vcrse50 grammes d’éther et on laisse reposer pendant 3 heures. Au bout de ce temps, on décante avec soin.

On dessèche le précipité à 100» sur un filtre taré et l’on rapporte le poids trouvé à 100 grammes de solution ; opération qui fournit le poids de la peptone. Quant à la glycérine, il suffit d’évaporer la solution éthéro-alcoolique, pour l’obtenir presque entièrement pure.

Matières cle vomissement.

La composition des matières de vomissement est très complexe. Elle comprend tout d’abord les produits de sécrétion des glandes pepsiques et muqueuses

(1) Journ. de chim. et de pharm., 1881, t. II, p. 343.

(2) JahresO. f. Thier Chemie, 1883, p. 388.

(le l’estomac, ainsi que les liquides de l'œsophage, du pharynx et de la bouche, et contient par conséquent du mucus de l’estomac, du suc gastrique, des mucosités de l'œsophage, les liquides parotidien et salivaire. On y trouve en outre les produits de sécrétion de la-partie supérieure de l’intestin grêle et tous ceux qui se rendent dans cette région, puis les contenta de l’estomac et de l'intestin grêle, mêlés à des matières alimentaires plus ou moins digérées.

I.es principes chimiques qu’on y trouve communément sont donc indépendamment de ceux du mucus, du suc gastrique et de la salive, des peptones, de la dextrine, de la glucose, des acides gras volatils principalement les acides acétique, propionique. butyrique et lactique.

Ou y rencontre de plus les principes constitutifs de la bile ; acides biliaires et matières colorantes biliaires à la suite de l'administration de vomitifs, d’affections urémiques ou de phlegmasies de diverse nature ;

Puis les principes constitutifs du sang tels que l'albumine, la fibrine, l'hémoglobine, souvent aussi ïhémaline quand l'épanchement sanguin présente l’as pect de marc de café.

Knfin, la présence de l’urée et de carbonate d'ammoniaque ont été signalés dans les cas de choléra et d’urémie. A coté de ces principes définis, révélés par l’analyse chimique, on trouve une quantité d’éléments organisés reconnaissables au microscope : tels que cellules épithéliales de toute nature, granulations amylacées et chlorophyliennes, débris de fibres musculaires et lisses, de fibres élastiques du tissu conjonctif, globules sanguins, globules de pus, des coagulums fibrineux, de la sarcine en grande quantité surtout dans les affections carcinomateuses de l’estomac et des ferments organisés.

Analyse c{nalitative des matières vomies.

Les divers principes contenus dans les matières de vomissement peuvent être décelés à l’aide des méthodes précédemment décrites à propos de l’analyse des sérosités en général. Nous n’avons donc rien de nouveau à ajouter et nous rappellerons seulement qu’il importe, dans chaque cas particulier, d’éliminer les composés dont la présence pourrait gêner la réaction de celui qu’on se propose de déterminer.

Recherche des peptones. — On précipite les matières par une solution de tannin. Après 24 heures de repos, on jette sur filti-e le précipité obtenu et on le lave avec de l’eau additionnée, d’un peu de tannin et de sulfate de magnésie. On triture ensuite le composé insolul)le avec une solution saturée d'eau de baryte, dans une capsule, et l’on chauffe. .Après filtration du liquide encore chaud, on verse dans la solution quelques gouttes de sulfate de cuivre qui fait apparaître une coloration rouge ou violette dans le cas où la matière à analyser renferme des peptones (1).

On peut remplacer le tannin par du phosphotungstate de sodium additionné d'acide chlorhydrique. 11 se produit un précipité qu'on filtre, lave à l'acide sulfuricpie à S p. 100 et mélange ensuite avec un excès d'hydrate de baryte comme précédemment.

(1) Zeitschr. f. Phys. Chemie, l. IV, p. 2.33.

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