PRormÉTÉs cuimiques de la bile
La bile est soluble en toutes proportions dans l’eau.
Elle est précipitable par l’alcool. Ce précipité renferme principalement des sels inorganiques, cblorures, sulfates et phosphates, ainsi que de la mucine.
Evaporée au bain-marie à siccité, elle abandonne un résidu poisseux cassant et très hygroscopique qui se ramollit facilement à la chaleur.
Les alcalis eu chaTigent la couleur sans produire de précijjité, tandis que les acides y font naître des précipités abondants, constitués par un mélange de mucus et d'acide glycocholique.
L’acide sulfurique concentré redissout le précipité primitivement formé et produit une solution brune au début qui devient plus tard fluorescente avec une teinte verte.
Le chlorure de bai'yum ne précipite la bile que dans le cas oii elle possède une réaction alcaline très prononcée ou quand elle contient de l’acide cholalique.
L’acétate neutre de plomb fait naître un précipité, renfermant principalement du glycocholate de plomb. En filtrant la liqueur et traitant par l’acétate tri|fiombique, on précipite le taurocholate de plomb.
Lorsqu’on évapore la bile au bain-marie à siccité et que l’on traite le résidu par l’alcool, l’extrait alcoolique concentré précipite abondamment par l’éther; il se forme un précipité poisseux qui finit par se transformer au bout d’un temps variable en un amas d’aiguilles cristallines. La couche alcoolique laisse apparaître, après plusieurs jours ou plusieurs mois, des cristaux d’acides glyco-
cholique et taiirocholique, tandis que la couche éthérée dissout la lécithine, la cholestérine et les corps gras.
Plus la cristallisation de l'acide glycocholique est rapide, plus la quantité de produils est considérable. En remplaçant en outre l’éther par la benzine, la séparation s’effectue plus rapidement.
Quand la cristallisation ne s’effectue pas, on a la certitude de la présence d’une quantité considérable d’acide taurocholique qui, dans ce cas, semble agir suil'acide glycocholique et faire obstacle à la cristallisation (Emich).
3 . RÉACTIONS DES ACIDES BILIAIRES ET DES MATIÈRES COLORANTES BILIAIRES.
1. Réaction de Peltenkofer. — Quand on ajoute à l’extrait alcoolique de la hile une goutte de solution de sucre au quart et de l’acide sulfurique concentré, on observe tout d’abord un trouble en raison de la mise en liberté des acides biliaires. L’addition d’une quantité plus forte d’acide fait disparaître le louche primitif et provoque dans la solution des phénomènes de coloration très accentués. La teinte d'abord ronge-cerise, passe au carmin, au pourpre et finalement au violet. En chauffant modérément le mélange, la succession de couleurs se présente avec beaucoup de netteté, mais elle perd de son éclat quand on dépasse 30".
.Avec l’acide sulfurique sans addition de sucre, on obtient encore une coloration rouge, mais non violette (Van der Brœk, Lehmann).
La présence des agents oxydants, tels que nitrate et chlorate de potasse, empêchent la réaction (Iluppert).
Neukomm a rendu la réaction de Pettenkofe.r plus sensible en opérant de la manière suivante : Verser une goutte d’acide sulfurique sur une goutte d’une solution alcoolique dos acides biliaires au quart, ajouter ensuite au mélange une trace de solution sucrée et chauffer doucement. Ce procédé permet d’évaluer O^s^OG d'acides biliaires.
2. Réaction de Tiedmann et Gmelin. — Quand on traite une solution aqueuse de hile par de l’acide azotique, on obtient une suite de cfii^orations qui passent par le vert, le bleu, le violet, le rouge et le jaune. Cette réaction est assez sensible pour déceler des quantités extrêmement faibles de liquide biliaire.
Quand on a soin de ne pas agiter le flacon dans lequel s’effectue la réaction, les couches diversement colorées se superposent dans l’ordre que nous venons d’indiquer.
Quoique très sensible, cette réaction pourrait néanmoins induire en erreur si l’on opérait en solution alcoolique, puisque l’acide azotique en réagissant sur l’alcool produit également des phénomènes de coloration, voir p. 103.