‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 159 sur 206 · C. Acide cholalique. (Acide cholique · texte numérisé non relu

C. Acide cholalique. (Acide cholique

Acide sulfurique et sucre (réactif de Peltenkofer): .Succession de teintes rougecerise, carmin, pourpre, violet, comme pour les deux précédents acides. Les deux acides biliaires ainsi que celui qui résulte de leur dédoublement se comportent donc d’une manière identique en présence du réactif de Pettenkofer.

Acide chlorhydrique. Chauffé pendant longtemps avec de l'acide chlorhydrique à l’ébullition, l’acide cholalique finit par se transformer en dyslisine, poudre blanche soluble dans l’eau.

Acide azotique. En traitant l’acide cholalique par l’acide azotique, il se pi’oduit de l’acide acétique, des acides valérianique, caprylique, caprique, nitrocholalique et du chloracrol que l’on peut recueillir par distillation.

Chlorure de calcium : précipité amorphe (caractère différentiel des glycocholates et taurocholates.

Azotate d'argent: précipité floconneux soluble dans l’eau bouillante; se dépose de nouveau à froid sous forme do fines aiguilles.

Chlorure de baryum : pas de précipité.

D. Bilirubine. (Biliphéine, cholépyrrhine, cholophéine.)

Se présente sous forme de poudre jaune orange ou de cristaux microscopiques rouge foncé avec reflets irisés bleuâtres.

Insoluble dans l’eau, très peu soluble dans l’alcool et l’éther; soluble au contraire dans le chloroforme, le sulfure de carbone et la benzine.

Acide azotique. Quand on ajoute a une solution alcaline de bilirubine de l’acide azotique chargé de vapeurs nitreuses, on observe une série de colorations se succédant toujours dans l’ordre suivant : vert, bleu, violet, rouge rubis, jaune.

La solution chloroformique jaune orange de bilirubine traitée par une ou deux gouttes d’acide azotique devient rouge rubis. En y ajoutant de l’alcool, la teinte devient bleue foncée, quelquefois verte ou rouge (Gmelin, Heintz, Brücke, Staedeler, Maly).

Le produit ultime de la réaction est la choléléline C‘®Il'“NO'.

La limite de la réaction s’étend jusqu’à f/80.000.

Quand on traite une solution ammoniacale de bilirubine, moyennement concentrée par de l’acide azotique chargée de vapeurs nitreuses, on obtient un précipité bleu verdâtre (Staedeler).

La coloration verte est le résultat d’une oxydation que l’on peut exprimer par l’équation suivante :

C“H‘»NO’ -f H*0 -H O =

Les carbonates alcalins produisent également la coloration verte dans les solutions de bilirubine.

Une solution alcoolique de brome fait naître dans une solution chloroformique

de bilirubine les mêmes colorations que l’acide azotique azoteux. Lorsqu’on cesse d’ajouter le réactif au moment où apparaît la teinte bleue, il ne se produit plus d’autres couleurs. En évaporant le liquide, on obtient un résidu que l’alcool redissout avec une teinte d’un bleu superbe. Si alors on ajoute de l’acide azotique et que l’on chauffe modérément, la couleur bleue disparaît et fait place lentement à du violet, du pourpre, puis à du brun clair (Maly).

La solution alcoolique bleue précipite en vert foncé en présence de l’acétate triplombique.

La potasse fait virer le précipité au vert sale et l’acide chlorhydrique au bleu.

Le chlorure de calcium ammoniacal produit dans la même solution bleue un précipité couleur indigo.

L’iode en solution alcoolique ajouté à une solution de bilirubine produit une teinte vert émeraude qui, au bout d’une demi-heure, est remplacée par du rouge et du jaune (Maréchal).

L’acide sulfurique concentré dissout la bilirubine avec une coloration brunâtre qui passe peu à peu au violet et au vert (.Staedeler).

En ajoutant do l’eau au mélange, il se produit des flocons verts, solubles dans l’alcool. Le liquide alcoolique prend alors une teinte violette.

L’acide chlorhydrique concentré colore la bilirubine en bleu pâle.

Le chlorure de calcium, ajouté à une solution ammoniacale do bilirubine, donne un précipité rouille qui, après dessiccation, prend un reflet verdâtre brillant.

Le chlorure de baryum se comporte de même; le précipité est brun rouge foncé.

Le nitrate d’argent précipite la solution ammoniacale de bilirubine sous forme do flocons brun violet (Staedeler).

Sulfo-diazobenzol. Quand on ajoute le réactif suivant : (l gramme d’acide sulfurique, 15 centigrammes d’acide chlorhydrique et 0*',! de nitrite de sodium, dissous dans 1 litre d’eau), dans une solution chloroformique de bilirubine et de l’alcool en quantité suffisante pour faire disparaître le trouble qui se forme au début, on obtient une coloration rouge qui passe au violet, puis au bleu vif sous l’influence de nouvelles quantités d’acides ajoutées goutte à goutte. Cotte propriété constitue un caractère différentiel pour la bilirubine et les autres matières colorantes de la bile (P. Ehrlich) (1).

E. Biliverdine. (Bilifulvine.)

La biliverdine est une substance amorphe vert foncé, insoluble dans l’eau, l’éther et le chloroforme, soluble dans l’alcool avec une teinte d’un beau vert (Staedeler, Tudichum). L’acide azotique concentré colore la solution alcoolique de biliverdine en bleu, violet, rouge et finalement en jaune sâle (Staedeler).

Les alcalis caustiques dissolvent la biliverdine : leur solution est verte et foui'nit par addition d’acide chlorhydrique un précipité vert.

(1) Jahresb. f. Thier Chemie, 1884, p. 336.

E^'CYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — G.4RMER ET SCHLAGDENHAUFFEN.

F. Biliprasine.

Elle se présente sous forme d'une masse cassante, dont la poudre est noir verdâtre- Elle est insoluble dans l’eau, l’éther et le chloroforme, et facilement soluble dans l’alcool. Ses solutions sont d’un beau vert (Staedeler).

Acide azotique. — On obtient les mêmes colorations qu’avec les autres matières colorantes, à l’exception toutefois du bleu qui n’apparaît que difficilement.

Les alcalis caustiques dissolvent la biliprasine avec une coloration brune.

h'ammoniaque se comporte de même.

L’addition d’un acide à ces solutions alcalines précipite de nouveau la bilipi’asine sous forme de flocons verts.

3 . RECHERCHE DE l’ALBUMINE , DE l’hÉMOGLOBINE, DE LA GLUCOSE, DE l’uRÉE, DE LA LEUCINE, DES ACIDES VOLATILS ET DE LA T.ADRINE.

A. Albumine.

a. On ajoute à la bile une quantité suffisante d'eau, on sature le liquide par de l’acide acétique étendu et l’on fait bouillir. S’il se forme un précipité, il est dû à la présence de l’albumine.

h. On précipite le liquide biliaire par de l'alcool. Il se produit un dépôt floconneux contenant du mucus et de rall)umiuc qui entraînent plus ou moins de matières colorantes. On lave d'abord à l'alcool pour dissoudre les pigments et puis on .emploie de l’acide acétique concentré pour dissoudre l’albumine. On filtre et l’on évapore le liquide qui passe ; on ajoute du sulfate de soude en solution concentrée en vue de précipiter totalement l’albumine (Iloppe-Seyler).

B. Hémoglobine.

Comme la bile jouit de la propriété de dissoudre facilement les globules ■sanguins à la température de 37° environ, et de transformer l’bémoglobine en hématine et en matières albumino'i’des principalement insolubles, il est aisé de voir qu’on ne doit pas y trouver la matière colorante du sang intacte. Néanmoins on y rencontre de l’hémoglobine modifiée ; car, en dissolvant à l’aide de réactifs appropriés, d’une solution de soude par exemple, les dépôts plus ou moins grumeleux contenus dans la vésicule et en soumettant le liquide à Tappareil spectral, on peut reconnaître les produits de dédoublement de l’hémoglobine.

En traitant ultérieurement la solution par l’acide acétique, puis par les acides et les alcalis, et en faisant bouillir avec de l’acide azotique, on parvient sans difficulté à caractériser l’albumine en même temps que l’hématine.

G. Glucose.

On évapore la bile jusqu’à consistance sirupeuse et on y ajoute de l’alcool en excès, on jette le précipité sur filtre, on décolore la liqueur à l’aide du noir animal.

ANALYSE DES PRODUITS DE SÉCRÉTION. — BILE. 2i9

011 filtre une seconde fois, on distille et l'on examine si l'extrait agit ou non sur la solution cupro-potassique.

D. Urée.

Pour y déceler la présence de l’urée, on évapore la bile à siccité au bain-marie. On reprend le résidu par l'alcool et l’on précipite le liquide alcoolique par de l’éther. On abandonne au repos pendant 24 heures, on décante le liquide éthéré et on l’évapore au bain-marie à siccité. On redissout le résidu dans une petite ([uanlité d’eau, on filtre et l’on dose l’urée par l’une ou l’autre des méthodes connues.

E. Licuciiie et tyrosine.

La bile évaporée au bain-marie en consistance sirupeuse est additionnée d’alcool en excès. La liqueur limpide filtrée est distillée pour enlever la majeure partie de l’alcool et précipitée ensuite par un mélange d'acétate triplombique et d’ammoniaque. On filtre, on enlève l’excès de plomb du liquide par un courant d’hydrogène sulfuré et l’on évapore jusqu’à cristallisation.

On examine alors les cristaux au point de vue microscopique et chimique.

F. Acides gras volatils.

Évaporation de la bile en consistance sirupeuse. Reprise du résidu par de l’alcool en excès. Filtration du liquide alcoolique et distillation de l’alcool. .Addition d’hydrate de baryte en excès à la solution aqueuse de cette opération. Ébullition prolongée pendant 12 heures. Sursaturatioii du liquide par de l’acide sulfurique dilué pour précipiter l’acide cholalique et le sulfate de baryte. Filtration du dépôt et enfin distillation du liquide filtré qui doit renfermer les acides gras.

G. Taurine.

La taurine constitue un produit de dédoublement de l’acide taurocholique; elle n’existe pas à l’état libre dans la bile fraîche. Si donc l’analyse révèle la présence de ce composé, cela prouve, de deux choses l’une, ou bien que la bile examinée n’est pas fraîche ou bien qu’elle renferme un taurocholate en voie de transformation.

Sa recherche s’effectue de la manière suivante : on évapore la bile au bainmarie, on traite l’extrait par l’alcool, on filtre, on évapore le liquide alcoolique et l’on ajoute de l’acide acétique. On obtient de la sorte un précipité d’acide cholo’idique et d’acide cholalique qu’on jette sur filtre ; ou évapore à siccité la liqueur filtrée et l’on traite par l’alcool le produit de l’évaporation. Si le résidu insoluble et examiné au microscope se présente sous forme de prismes à quatre ou à six pans, s’il est soluble dans 15 parties d’eau froide, s’il ne précipite pas par l’azotate de baryum, et qu’après calcination avec le nitre et la potasse caustique il donne naissance à un précipité, le composé soumis à l’analyse ne peut être que de la taurine.

E.N'CYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARNIER ET SCIILAGDENHAUFFEN.

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