‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 162 sur 206 · CALCULS BILIAIRES · texte numérisé non relu

CALCULS BILIAIRES

Les calculs biliaires sont des concrétions que l'on rencontre ordinairement dans la vésicule biliaire et qui peuvent passer dans l’intestin par l’intermédiaire du canal cholédoque et provoquer le plus souvent des coliques hépatiques.

Masius (1) cependant en a trouvé dans divers organes d’un enfant ictérique; ils étaient formés presque uniquement de bilirubine critalliséo. Schultzen et Liebreich (2), de leur côté, ont constaté des concrétions analogues portant un noyau central de cholestérine et de matières colorantes biliaires, entouré di' phosphate de chaux, d’urée et d’une couche d’acide urique, dans la vessie d'une femme, sans que l’urine analysée au moment de la lithothricie ne révélât la moindre trace de principes biliaires ni de cholestérine.

Leur nombre peut varier de 1 à 100 et même au delà. Leur poids est généralement inversement proportionnel à la quantité : il oscille entre Os^S et

Leur aspect est très variable ; tantôt ils sont blancs ou jaune cireux, ovoïdes ou bosselés, translucides ou opaques; tantôt ils se présentent sous forme di^ tonneau, avec une cassure cireuse sans trace de cristallisation. On y reconnaît parfois des paillettes cristallisées de cholestérine enchâssées dans une gangue de matière colorante; d'autres fois ils sont constitués par des couches alternatives et bien distinctes de cholestérine amorphe et de matières colorantes. Dans certains cas on n'y trouve que du mucus et de la bilirubine avec traces seulement (ie cholestérine; dans d’autres enfin ils sont d’un gris sale, à structure amorphe, très durs et ne se laissent pas rayer à l’ongle.

(1) Jahresb. f. Thier Chemie, 1878, p. 261.

(2) Jahresb. f. Thier Chemie, 1876, p. 151.

Cholestérine, matières organiques, sels fixes. — Pour rechercher d’une manière sommaire les quantités de cholestérine, de matières organiques et de sets fixes qu'ils renferment, on prend iin poids déterminé du calcul, finement pulvérisé et on l’épuise par l’éther absolu. Les solutions éthérées sont évaporées. Le résidu donne le poids de la cholestérine.

La partie non dissoute est chauffée modérément d’abord, et incinérée plus tard, puis pesée. Ce résidu constitue donc la somme des sels fixes.

En retranchant leur poids ainsi que celui de la cholestérine du poids primitif, on obtient la totalité des matières organiques.

En employant successivement l’alcool éthéré, l’éther et l’eau bouillante, l’acide chlorhydrique et le chloroforme, et en traitant convenablement les diverses solutions ainsi obtenues, on parvient à séparer les divers éléments compris dans l’analyse sommaire précédente, sous la rubrique « matières organiques ».

1. L’alcool éthéré, en effet, dissout les corps gras et des traces de cholestérine seulement.

2. L’éther, employé après coup, enlève la totalité de la cholestérine.

3. L’emploi de l’eau bouillante fournit d’une part une solution A dans laquelle se trouvent le glycocholate de soude, les autres matières biliaires solubles et les sels solubles, et un résidu insoluble B qui contient la chaux, certaines matières organiques et le restant des matières colorantes insolubles.

Solution A. — Pour déterminer le poids de ces divers éléments, on évapore la moitié de la solution A jusqu’à siccité, on prend le résidu et l’on incinère. La différence des pesées donne le poids dos sels solubles et des matières biliaires solubles dans l’eau.

L’autre moitié est évaporée également et reprise par l’alcool; la solution concentrée, traitée par l’éther, fournit un précipité de glycocholate de soude. Le résidu B est traité par l’acide chlorhydrique qui dissout la chaux et certaines matières organiques. En évaporant à sec, incinérant et posant, on peut obtenir le poids de ces dernières. Quant à la chaux, elle est déterminée directement par la précipitation, au moyen de l’oxalate d’ammoniaque do la solution chlorhydrique des cendres.

La partie non dissoute par l’acide chlorhydrique est lavée, desséchée et épuisée par le chloroforme. On obtient ainsi :

1“ Une solution a renfermant la bilirubine et la bilifuscine, que l’on sôiiare en épuisant par l’alcool le résidu de la solution chloroformique; la bilifuscine seule se dissout;

2° Un résidu insoluble h dont on enlève la bilifuscine par l’alcool. La partie non dissoute est formée par de la bilihumine.

Les cendres des calculs biliaires présentent toujours une réaction alcaline très prononcée. Cette alcalinité provient, en majeure partie, de combinaisons organiques de la chaux avec les pigments et acides biliaires, car l’analyse des calculs avant l'incinération ne révèle qu’une quantité de chaux, sous forme d’oxalate, bien inférieure à celle que l’on obtient après cette opération.

L’analyse des calculs d’une même vésicule montre qu’en général leur composition est à peu près identique et permet de conclure que, presque toujours, ils sont de formation simultanée; ils ont d’ailleurs tou; b m’me poids.

Lorsque les calculs se sont formés à des époques différentes, leur poids et leur composition chimique diffèrent, mais ceux qui présentent une composition semblable possèdent également le môme poids (iîil/er).

§ VI. - sue INTESTINAL ET CONTENU DE LTNTESTIN.

A. suc INTESTINAL.

Le suc intestinal est le produit de sécrétion des glandes en tubes de Lieberkülm et de Brunner.

Obtenu à l’aide de fistules, il contient un liquide très fluide, limpide, jaune clair, à réaction fortement alcaline.

Il renferme de l’eau, des matières albuminoïdes et d’autres composés organiques, puis des sels fixes formés en majorité par des carbonates alcalins.

Comme il jouit de propriétés digestives très accentuées, il doit renfermer les éléments nécessaires au dédoublement des composés amylacés et à la peptonisation des matières albuminoïdes. Mais les nombreuses expériences contradictoires de Bidder et Schmidt, Thiry et Leube, Eichhorst et Paschutin, ne nous ont pas encore fait connaître les méthodes parfaites pour la préparation de ces divers ferments. I.’étude chimique, relative aux principes constitutifs de ce liquide, reste donc encore à faire.

Quant à l’analyse des divers éléments y contenus, elle peut s’effectuer d’après la méthode générale d’analyse des sérosités.

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