‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 164 sur 206 · C. CALCULS INTESTINAUX · texte numérisé non relu

C. CALCULS INTESTINAUX

On rencontre quelquefois dans l’intestin des concrétions sphériques ou ovales, de grandeur variable, de couleur jaune ou jaune brun, formées de couches concentriques, à noyau central. Celui-ci est le plus souvent constitué par un corps étranger, tel que : pépin de fruit, fragment d’os, morceau de silice ou d’un corps dur quelconque.

Ces calculs sont formés généralement de phosphate ammoniaco-magnésien, de phosphate de calcium et de matières gra.sses; quelquefois aussi de cholestérine et de pigments biliaires.

Dans le cas où la concrétion se forme ensuite de l’existence d’un coaguluin sanguin ou d’un dépôt fibrineux, on y trouve principalement des composés albuminoïdes. Les calculs, dans lesquels dominent les restes d’aliments, contiennent des masses de débris de cellules et de fibres végétales cimentées par du mucus intestinal.

L’analyse de ces dépôts exige toujours l’emploi du microscope. Quant à la méthode à suivre pour y déceler les principes constitutifs chimiques, elle est la même que celle que l’on emploie pour l’analyse des excréments.

11 existe enfin une espèce de concrétion intestinale très rare, connue sous le nom de bézoard, mais dont nous n’avons pas à nous occuper puisqu’on no la trouve que chez certains ruminants d’Asie et d’Amérique. Elle est formée principalement d’acideslithofollique et lithobilique (1) associés à du mucus.

D. FÈCES,

GÉXÉIIAI.ITÉS.

Les fèces contiennent le résidu non digéré et non absorbé des aliments ainsi que des proportions variables des produits de sécrétion du tube digestif.

On y trouve donc des matières solides et liquides. La quantité de ces matières est d’autant plus considérable que le séjour des aliments dans l’intestin est de plus courte durée; elle varie avec leur affinité pour l’eau, avec les substances qui proviennent des réactions et avec leur vitesse de diffusibililé à travers les parois de l’intestin.

(1) Jahi-esh. f. nier Chemie, 1879, j). 2».

Principes constitutifs normaux. — Les composés que l'on rencontre normalement dans les fèces de l’homme sont : de l’eau, du mucus, quelquefois de faibles proportions de principes albuminoïdes, des sels biliaires, tauro- et glychocolat'e de sodium, des matières colorantes biliaires, des matières grasses, des acides gras volatils, tels que l’acide butyrique, l’acide isobutyrique, l’acide acétique, l’acide lactique à l’état de sels alcalins, de Vhêmatine, delà cholestérine, de la chlorophyllane, du phénol, de l'indol, du skatol, de l’amidon, de la glucose, des matières gommeuses, de la kératine, de Vélastine, de la nucléine et enfin des sels fixes formés de chlorures de potassium et de sodium, des carbonates et sulfates alcalins, des phosphates terreux, du phosphate ammoniacomagnésien, du phosphate de fer et de la silice; des débris épithéliaux, des cellules végétales, des grains amylacés, des faisceaux musculaires, des fibres du tissu conjonctif, des globules graisseux, des débris de tissu adipeux, des cristaux de phosphate amoniaco-magnésien, des champignons en voie de prolifération et des amas plus ou moins nombreux de bactéries.

Dans les fèces pathologiques on trouve, à côté de ces memes éléments, des matières albuminoïdes en proportion beaucoup plus considérable, souvent beaucoup plus A'hématine, de matières colorantes biliaires et de l’urée. Les selles de cholériques contiennent une proportion de chlorure de sodium supérieure au poids total des matières organiques, de la leucine et de la tyrosine.

Les fèces des nourrissons renferment des graisses et des savons, principalement des oléates, un peu moins do palinitates et do stéarates; des pepiones en petite quantité. On y rencontre aussi do la mucine, de la bilirubine, de la biliverdine, do la cholestérine, de l’acide cholique et do l’acide lactique, des traces de ferments pancréatique et diastasique. .

Le méconium, c’est-à-dire le contenu intestinal du fœtus à terme, excrété après la naissance, constitue une masse presque noire de nature poisseuse, sans odeur fétide et d’une saveur fado. Sa réaction est souvent acide et rarement neutre.

11 contient le quart environ de son poids de matières solides formées principalement de mucus et d'épithélium, des matières biliaires, des corps gras et de la cholestérine. On y trouve, en outre, des sels fixes avec prédominance de sulfates; les phosphates et chlorures y existent en moins grande proportion.

A. Analyse «jualîtatlve et «fiiantitative des fèces, a. Fèces normales.

Hoppe-Seylcr a indiqué une méthode générale pour la recherche des principes chimiques contenus dans les fèces qui consiste à opérer de la manière suivante :

Mucine. — On prend une certaine quantité de matière que l’on transforme en bouillie liquide au moyen d’un volume déterminé d’eau, on y ajoute un même volume d’eau de chaux, on jette sur filtre et l’on précipite le liquide filtré par de l’acide acétique. On recueille sur filtre le précipité obtenu, on le lave à l’eau aiguisée d’acide acétique, on dessèche, on pèse et l’on rapporte à la totalité dos fèces le poids de la mucine ainsi déterminé.

E.NCYCLOP.

Acides biliaires. — Une antre partie des fèces est épuisée par de l’alcool.

Au bout d’un certain temps de contact, on filtre les licjuides et l'on distille. Lorsque la majeure partie de l’alcool a passé à la distillation, on ajoute à la solution aqueuse de l’acide chlorhydrique et puis de l’hydrate de haryte en excès. On dirige dans le liquide un courant d’acide carbonique et l’on fait bouillir. On filtre à chaud, on épuise le précipité à plusieurs reprises par de l’eau èt l’on réunit les eaux de lavages. Cela fait, on concentre la solution et on l’abandonne au repos. 11 se dépose au bout d’un certain temps un précipité de cholalate de baryte et il reste en dissolution du taurocholatc et du glycocholate de baryte.

Dans cette opération, les acides gras combinés à la baryte, c’est-à-dire les oléate, stéarate et palmitate de baryum restent sur filtre en même temps que le carlionate.

Pour caractériser les taurocholatc et glycocholate de baryum, il suffit d’ajouter à la solution de l’acide sulfurique et une trace de solution sucrée pour obtenir la succession de couleurs variant du rouge cerise au violet (réaction de Pettenkofer).

Urobiline. — On ajoute aux fèces de l’alcool et quelques gouttes d’acide sulfurique. On filtre, on ajoute à la solution un même volume d’eau et une certaine quantité de chloroforme. On agite le mélange dans un entonnoir à robinet et l’on soutire le liquide inférieur.

La solution est jaune brunâtre; à un certain degré de dilution elle est jaune; plus étendue encore elle parait rosée. Elle présente une fluorescence verdâtre qui devient plus prononcée quand on y ajoute quelques gouttes de chlorure de zinc et un petit excès d’ammoniaque.

Examinée au spectroscope, elle présente une bande d’absorption très foncée, à contours mal délimités entre le bleu et le vert, correspondant aux raies b et F.

Quand on ajoute à ses solutions ammoniacales un peu de chlorure de zinc, de manière à redissoudre le précipité primitif, on remarque que la solution fortement fluorescente fournit au spectroscope la bande d’absorption très foncée des solutions alcalines, nettement arretée du côté du rouge et dégradée au contraire vers la partie plus réfrangible du spectre.

La quantité d’urobiline des fèces de 24 heures peut s’élever jusqu’à 0«^36, d’après les observations spectophotométriques de Vierm-dt (Jahresb. f. Thier Chem., 1875, p. lo2).

Môhu (t) obtient l’urobiline en ajoutant à la bouillie aqueuse des fèces filtrées du sulfate d’ammoniaque additionné d’acide sulfurique à 2 p. 100.

Les fèces renferment, outre l’urobiline, un dérivé des acides biliaires, d’aspect noir et résineux dont la solution alcoolique saturée de chlorure de zinc n’est pas dichro’ique. L’examen spectroscopique ne révèle pas de bande d’absorption dans le bleu, mais dans le violet.

La stercobiline, que Masius et Vauclair avaient envisagée comme matière colorante spéciale des fèces, en raison de son spectre d’absorption, n’est autre chose que de l’urobiline. Les ditférences optiques signalées par les auteurs sont dues uniquement aux concentrations plus ou moins grandes des liquides sur lesquels ont porté les observations.

(1) Jotirn. de pkeenn. et de chim., 1878, t. II, p. 158.

Acides gras volatils, phénol, indol, skatol. — On fait avec les fèces une nouvelle bouillie liquide et on distille le tiers du produit, soit A la partie distillée et B la matière qui reste dans la cornue.

A. Liquide distillé. — On le sursature avec du carbonate de soude et on distille le phénol, l'indol et le skatol se rendant dans le récipient {liquide a), tandis que les acides gras (acétique, butyrique) restent dans la cornue sous forme de composés sodiqnes.

On reprend le produit distillé {liquide a), on y ajoute de la potasse, en léger excès, et l’on distille de nouveau. On obtient de la sorte l’indol et le skatol.

La séparation des deux peut se faire, d’après Salkowski (1), en se basant sur la différence de leurs propriétés physiques et chimiques.

Le skatol est plus facilement entraîné par la vapeur d’eau que l’indol, donc eu opérant la distillation avec ménagement on peut l’obtenir presque complètement dans les premiers produits.

Leurs degrés de solubilité dans l’eau diffère assez notablement : l’indol y est très soluble, tandis que le skatol l’est très peu au contraire.

Leurs points de fusion varie d’environ 40°, puisque le skatol no fond qu’à 92° tandis que l’indol fond déjà à 52°.

L'indol peut se reconnaître dans le shalol au moyen de l’acide nitrique chargé de vapeurs nitreuses, qui ne colore pas le skatol isolément, mais qui fait apparaître une coloration rouge intense avec l’indol.

Une réaction plus sensible encore, indiquée par Legal (2), permet de reconnaître une très faible proportion d’indol dans le skatol. On traite la solution par du nitroprussiatc de sodium jusqu’au moment où elle est jaune, on ajoute quelques gouttes de soude caustique diluée et l’on obtient aussitôt une coloration violette magnifique qui passe au bleu par addition d’un acide.

Le skatol ne se comporte pas de même. Le liquide reste jaune en solution alcaline; il ne change pas de couleur au moment de l’addition d’un acide à froid, mais quand on le traite par le quart de son volume d’acide acétique cristallisablo et qu’on chauffe à l’ébullition, il prend peu à peu une teinte violette. Ce composé violet se dissout aisément dans l’éther acétique et peut être enlevé au mélange par agitation dans un entonnoir à robinet.

B. Résidu de la cornue. — Le tiers do la bouillie primitive ayant été retiré par distillation, il reste dans la cornue les deux autres tiers qui renferment une grande quantité de produits solides. Pour les séparer et les analyser isolément, on commence par concentrer le liquide après l’avoir sorti de la cornue, on le sursature par de l’acide sulfurique et on le traite d’abord par de l’alcool, puis par de l’éther. On obtient de cette façon une solution éthéro-alcoolique qui contient des acides gras libres, des corps gras, de la cholestérine, des acides biliaires, des glucosides, peut-être de l’hématine et de la chlorophyllane, tandis que la partie insoluble dans ce véhicule peut contenir de la nucléine, de la kératine, de l’élastine, de la cellulose, des matières gommeuses amylacées ainsi que des débris d’éléments organisés de toute nature, des micro-organismes, des bacilles et des bactéries.

(1) Jahresb. f. Thier Chemie, 1881, p. 506.

(2) Jahresb. f. Thier Chemie, 1884, p. 507.

EXCÏCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARXIER ET SCHLAGDENHAUFFEN.

Nous examinerons successivement ces deux résidus.

I. Partie soluble dans le mélange d’alcool et d’éther pouvant contenir des acides gras libres, des corps gras, de la cholestérine, des acides biliaires, des glucosides, de la chlorophyliane et de l’hématine.

On sursature le liquide avec du carbonate de soude, on chasse l’alcool et l’éther par distillation, on ajoute de l’ean et l’on reprend la solution par de l’éther dans un entonnoir à robinet. On soutire de cette façon les corps gras de la cholestérine. On distille le liquide éthéré et l'on saponifie le résidu au moyen de la potasse alcoolique; puis on reprend le savon par l’eau, on le verse dans un entonnoir à robinet avec de l’éther, on agite à plusieurs reprises et l’on obtient finalement dans la couche éthérée la totalité de la cholestérine qui n'avait pas été attaquée par la potasse lors de la saponification.

Quant aux savons dissous, on peut reconnaître la nature de leurs acides au moyen des procédés connus.

La solution alcalinisée par le carbonate de soude provenant de la précédente opération est additionnée d’acide sulfurique puis soumise à la distillation. Le liquide qui passe peut renfermer des acides gras volatils qui ont échappé à la distillation faite au début de ces traitements.

Le résidu de la cornue peut contenir des acides acétique, palmitique et stéarique, ainsi que des acides biliaires. Ces derniers se reconnaissent facilement à l'aide de la réaction Gmelin. Quant aux autres, on peut constater leur présence après refroidissement du liquide et formation d'une couche huileuse ou solide à la surface.

Pour constater si l’extrait renferme ou non des glucosides, il suffit d’examiner la solution au moyen de la liqueur de Barreswil.

L’hématine peut être caractérisée dans l’extrait éthéro-alcoolique au moyen de ses bandes d’absorption.

IL Résidu insoluble dans le mélange éthéro-alcoolique. — Ce résidu peut contenir des matières amylacées et gommeuses, de la cellulose, de la nucléine, de la kératine et de l’élastine.

On traite le résidu par de l’eau bouillante et l'on filtre. On reconnaît la présence de l’amidon au moyen de l’iode.

Si l’on n’obtient pas de coloration bleue, on fait bouillir le liquide avec de l'acide sulfurique dilué, on sature de nouveau avec de la soude et l’on traite par la liqueur cupro-potassique. S’il y a réduction, on peut en conclure que la solution primitive contenait soit de Yamidon, de la dextrine ou de la gomme.

Pour caractériser la cellulose on traite le résidu, insoluble dans les réactifs précédents, par de l’acide sulfurique concentré, on triture dans un mortier et l’on fait bouillir ensuite dans 20 fois son poids d’eau ; on concentre de nouveau,. on sature par du carbonate de soude et l’on examine à l’aide du réactif de Barreswil s'il y a eu ou non formation de glucose.

La présence de la nucléine peut être décelée de la manière suivante : une partie des fèces, épuisée par l’alcool et l'éther, est additionnée d’acide chlorhydrique et traitée à plusieurs reprises par le mélange acide. Après lavage suffisant, on dessèche la masse et on la chauffe vigoureusement avec un mélange de nitre et de soude caustique. On reprend le résidu de la.fusion par l’eau et l'on examine

si la solution renferme ou non de l'acide pliosphorique. Dans le cas où l'analyse révèle sa présence, ce dernier ne peut provenir que de la nuclélne. Le traitement qu’on a fait subir à la matière avait pour but d'enlever tous les composés phosphatés solubles et insolubles, à l'exception de celui qui est caractérisé par la réaction ci-dessus.

p. Fèces pathologiques.

L’analyse dos fèces pathologiques n’cst pas sans importance; on doit tenir compte tout d'ahord de leur couleur et de leur consistance.

La couleur noire peut indiquer l’ahsorption d’une préparation minérale, transformée par le sulfure d’ammonium en sulfures colorés insolubles, mais elle peut tenir également à du sang modifié. La coloration noire disparaît dans le premier cas par l’addition d’un acide.

La coloration verte, que l’on observe souvent chez les enfants à la suite d’une purgation par le calomel, serait due à de l’oxysulfure vert de mercure ou à une sécrétion plus abondante des matières colorantes de la bile.

Les fèces décolorées ou grisâtres indiquent l’absence de bile dans le canal intestinal. Elles peuvent être colorées en rouge, brun ou noir sous l’influence du sang, suivant les modifications que ce dernier aura subies dans son passage à travers les diverses parties du tube digestif. On doit s’assurer si le sang est répandu d’une manière uniforme dans toute la masse ou s’il ne forme que des stries cxtérieui’es.

L’examen spectroscopique démontrera la nature du principe colorant.

La consistance des excréments fournit également dos indications précieuses relativement à leur richesse on eau ou en graisse.

La recherche du pus et du mucus se fait au moyen du microscope.

Quant à celles des autres principes : matières albuminoïdes, hématine, matières colorantes biliaires qui peuvent s’y trouver en proportion plus considérables que dans les fèces normales, il suffit de se reporter au tableau analytique précédent.

y. Méconium.

La recherche qualitative et quantitative du méconium peut avoir son importance au point de vue médico-légal surtout.

Les taches de méconium sont d'un brun verdâtre et se laissent assez facilement détacher des tissus à l’aide de légères frictions. Elles ne marquent pas d’une manière sensible sur le revers du tissu à cause de leur consistance épaisse. Elles sont sans odeur et n’en développent pas après un traitement préalable à l’eau.

Chauffées avec l’acide sulfurique dilué, elles dégagent une odeur manifeste, tout différente de celle des excréments de l’homme.

La partie soluhle dans l’eau constitue un liquide jaune verdâtre filant, difficile à filtrer, renfermant en suspension des masses brunes à réaction neutre. La solution ne se trouble pas à l’ébullition et donne un louche persistant en présence de l’acide acétique en excès.

L’acide azotique azoteux donne la réaction caractéristique des matières colorantes biliaires (réaction do Gmelin).

.Avec un mélange d’acide sulfurique et de sucre, on obtient la réaction des

E^■CYCL0PÉD1E CHIMIQUE. — GARNIER ET SCHLAGDENHACFFEN.

acides biliaires, mais jamais avec toute sa netteté (réaction de Pettenkofer).

Quand on ramollit la tache suspecte avec de l’eau et un peu de potasse caustique, on obtient une solution trouble d’un brun jaunâtre qui développe à la chaleur une odeur semblable à celle de la bile de bœuf.

Traitées par de l’alcool aqueux, les taches fournissent une solution jaune verdâtre précipitable par l’acétate neutre de plomb. L’acétate triplombique fournit un nouveau précipité dans la liqueur filtrée.

L’éther ne se colore pas en présence de ces taches au bout d’un temps plus ou moins long; mais quand on évapore le liquide éthéré, on obtient un résidu de matières grasses.

Pour doser, au besoin, l’un ou l'autre principe du méconium, on pourrait suivre en tous points la méthode de Iloppc-Seyler pour l’analyse quantitative des fèces de l’homme.

B. iViialyse microscopicfiie des fèces.

Indépendamment des principes constitutifs des fèces que nous pouvons retrouver à l'aide des réactifs chimiques, il en est d’autres qui nous sont révélés par le microscope seulement. La constatation do ces derniers, clans beaucoup de cas, n’est pas moins utile que colle des premiers et peut même, le plus souvent, avoir une importance capitale, tant au point de vue de l’hygiène publique ciuc de la pathologie générale.

On sait depuis longtemps que les fèces humaines renferment des éléments organisés, cellules ou débris de cellules végétales, granulations amylacées épithélium dos parois intestinales, globules graisseux, fibrilles du tissu musculaire et du tissu conjonctif, etc., etc.; mais dans ces derniers temps l’attention s’est portée surtout sur l’examen do champignons, do micrococcuset do bactéries qu’on y rencontre quelcjnefois en grand nombre et cela surtout dans des conditions pathologiques.

Dans le méconium de fœtus à terme, mort-nés, on n’a pas trouvé trace de germes. Dans d’autres cas, quatre ou sept heures après la naissance, on a pu y constater la présence de bactéries.

Au bout do 24 heures l’apparition de ces dernières devient très manifeste, leur développement s’accentue do plus en plus et donne naissance à des espèces distinctes. Celles-ci se présentent alors sous forme de bâtonnets fins de 4 à 7 qui, lors de leur prolifération, produisent des spores elliptiques, sous forme bacillaire, offrant la plus grande analogie avec les bacillus subtilis, ou enfin à l’état de micrococcus dont l’injection hypodermique chez le cobaye et le lapin ne joue aucun rôle pathogénique.

Quand l’alimentation lactée du nourrisson est établie, les micro-organismes des fèces sont remplacés par une seule espèce caractérisée par des bâtonnets courbes, de 1 à 0 [JL de long et de 0,3 à 0,4 g de diamètre, exécutant des mouvements très lents et qui provoquent en peu de temps l’acétification du lait et la fermentation alcoolique de la glucose. .A côté des Sac/, coli commune, ainsi que les appelle Escherlich (1), s’en produit plus tard une nouvelle espèce, Bact, lactis

(1) Jahresb. f. T/iier C/temie, 1883, p. ôi-

aérogène, très voisine du bacille de l'acide lactique, mais qui diffère néanmoins do ce dernier par un certain nombre de caractères.

Le Bact. lactis aérogène, dont le siège principal est l'intestin grêle s’y développe au dépens du sucre de lait, mais disparaît plus tard et fait place au Bact. coli commune que l’on trouve aussi bien dans le méconium que dans les fèces de l'adulte.

Les fèces normales de l’homme contiendraient, d’après Bienstock (1), rien que des bacilles, dont les espèces, au nombre de cinq, se différencient entre elles tant par leur forme que par leur mode de développement. Deux de ces espèces examinées isolément présentent la plus grande analogie avec le bacillus siibtilis, mais leur disposition en colonies prend un aspect .tout différent. Leurs spores se colorent de la même manière que celles du bacille de la tuberculose de Koch. Elles ne sont point pathogènes et n’ont aucune action sur les liquides sucrés.

La troisième espèce est caractérisée par sa ténuité extrême, par son inactivité fermentative et ses propriétés pathogéniques pour le lapin.

Dans l’espèce suivante, l’auteur compi-cnd le bacille qui provoque la décomposition des matières albuminoïdes. Scs colonies d’un aspect nacré, scs spores sphériques d'abord et cllipsoïdiqucs, plus tard, leur disposition sous forme de chapelet dont les chaînons isolés sont susceptibles de se transformer en autant de filaments extrêmement ténus, constituent scs propriétés physiques. Quant à son rôle chimique, le bacille en question agirait sur la molécule albumine et fournifait non seulement les produits ultimes de dédoublement mais encore toute la série intermédiaire.

La pratique opératoire pour la reconnaissance des divers bacilles dont il vient d'èti’e question, consiste à prélever dans une selle molle, à l’aide d’une aiguille stérilisée, une certaine quantité de matière, à l'ajouter à un volume d’eau prélablemcnt stérilisée, contenant une solution faite avec 1,3 p. 100 de agaragar, de 1 p. 100 de peptone, 0,5 p. 100 d’extrait de viande et du carbonate de soude jusqu’à légère alcalinisation. On porte à l’étuvc à 37-39“ et après un temps plus ou moins long on procède à l’examen microscopique.

On prélève une gouttelette du liquide et l’on procède ultérieurement comme pour le préparation des bacilles contenus dans les crachats Ipathologiques.

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