PRÉPARATION ET SÉPARATION DES MATIÈRES EXTRACTIVES
Les muscles, privés de sang par une injection de chlorure de sodium de 1 p. 100 dans les vaisseaux, sont soigneusement débarrassés des aponévroses, tendons,
(1) Kühne, Arch. f. Pathol. Anat., t. III, p. 79.
nerfs, vaisseaux et graisses; on les réduit en menus morceaux au couperet ou à la machine à hacher, on délaye la pâte dans cinq à six fois son poids d’eau et on laisse macérer 12 heures au frais. On passe à travers un linge, puis on exprime à la presse. On reprend de nouveau la masse exprimée par une nouvelle quantité d'eau, on laisse reposer quelques heures et l’on filtre encore. On épuise enfin le résidu par l’eau jusqu’à ce qu’il ait pris une teinte grisâtre et que l’eau de lavage soit incolore. Les liquides d’expression et de lavage renferment tous les éléments solubles du muscle, qu’on sépare les uns des autres par la méthode exposée plus loin.
Séparation des principes extraits par Veau froide. — Un certain nombre de méthodes, toutes très complexes, ont été proposées par MM. Liebig, Stœdcler, Neubauer, etc., pour la séparation des matières extractives du muscle (1). Nous n’en indiquerons qu’une seule, générale, très voisine de celle de Neubauer (2) et qu’on peut également appliquer à l’extrait de viande [Extractum carnis, Liebig) (3).
Les eaux du lavage de la viande, fait à froid, sont portées à l’ébullition, pour coaguler les albumines qui entraînent avec elles la matière colorante du sang.
Le liquide est filtré, concentré, et additionné d’un léger excès d’acétate neutre de plomb qui précipite les chlorures, phosphates, sulfates et l’acide urique (a).
On filtre et l’on traite le liquide par du sous-acétate de plomb ammoniacal; le nouveau précipité renferme l’inosite, la dextrinc, le sucre musculaire et un peu de sarcinc [b].
Le filtratum correspondant est débarrassé de l’excès de plomb par un courant d’hydrogène sulfuré, évaporé à sirop au hain-marie et abandonné au frais. La créatinc se sépare en petits cristaux qu’on lave à l’alcool à 88'’ et qu’on purifie parle noir animal; on concentre de nouveau le liquide qui peut donner un nouveau dépôt de créatine. Les eaux mères de la créatinc sont acidulées par l’acide sulfurique et agitées à différentes reprises avec de l’éther qui dissout l’acide sarcolactique. La solution éthérée, évaporée et saturée à chaud par le carbonate de zinc, puis refroidie après filtration, donne du sarcolactate de zinc cristallisé dont on fait l’analyse.
Le nouveau liquide acide est concentré pour chasser l’éther, neutralisé par l’ammoniaque, puis traité par le nitrate d’argent ammoniacal. Il se forme un précipité floconneux qu’on lave avec de l’ammoniaque, puis avec de l’eau; on le dissout ensuite dans l’acide azotique de densité 1,10 et l’on concentre. Il se dépose des cristaux d’azotate d'hypoxanthine et d’argent. Les eaux mères sont précipitées par un excès d’ammoniaque et le précipité lavé est décomposé par l’hydrogène sulfuré. On filtre bouillant; la xanthinc cristallise par refroidissement.
On peut extraire l’acide urique du premier précipité plombique (a) en le décomposant par l’hydrogène sulfuré, filtrant à l’ébullition et laissant refroidir; l’acide urique cristallise dans le liquide acide. On pourrait le doser au besoin à l’aide du permanganate (voir Urines, p. 78).
(1) Voir Hoppc-Seyler, Chimie analytique, trad. française, p. 31.4 et 317:
(2) Neubauer, Zeitschr. fur anal. Chemie, 1863, p. 26; 1867, p. 33.
(3) Ritter, Chimie pratique, 1874, p. 374.