‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 195 sur 206 · I . DÉTERMINATION DE LA OTANTITÉ d’eAU · texte numérisé non relu

I . DÉTERMINATION DE LA OTANTITÉ d’eAU

Il semble a priori qu'il soit bien facile de déterminer la quantité d'eau contenue dans un liquide ou un tissu; et qu’il suffise de clia.sser cette eau par évaporation à la température de 100", et de déterminer la perte de poids. Néanmoins en pratique, la détei-mination rigoureuse de cet élément est presque impossible. Kn effet, certaines matières organiques que l'on rencontre fré- ([uemment dans l'organisme, l'albumine, les matières collagènes, etc., ne perdent leur eau qu'avec une extrême lenteur, et la présence de sels déliquescents, cblorure de calcium, par exemple, ajoute une nouvelle difficulté à cette di'dermination. On ne peut d'ailleurs songer à dépasser notablement la température de tOO" pour obtenir une dessiccation plus rapide et plus parfaite, car on court l'iscpie de décomposer certains éléments très altérables, ou de provoijuer des iractions ehimiques qui changent complètement la natui'c de l'extrait sec. C'est ainsi, par exemple, qu'il est impossible de doser exactement l'eau dans l'urine par évapor.ation à la chaleur, à cause de la décomposition que subit l'iiréc sous l'influence du phosphate acide de sodium qui la dédouble en acide carbonique et ammonia- ([ue, tous les deux volatils (voir p. bo). Dans un autre cas, l'extrait si'c dôin li(iuide, l'cpris par l’eau laissera une partie insoluble; ce sera par exemple du carbonate de chaux qui avait été tenu en dissolution dans le liejuide primitif, grâce à la présence de l’acide carbonique, actuellement éliminé par la chaleur, ou encore de l’albumine qui deviendra insoluble, parce que la dessiccation aura été ('tfectuée au-dessus de b0°.

On a cherebé, sinon à éviter complètement ces inconvénients, du moins à les réduire à leur minimum, en se servant de bains-marie sur lesquels on chautfe

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à 100” les capsules contenant la substance à dessécher ou le liquide à évaporer, puis d’étuves à air à température constante (voir P’réscnius, Anai;/-se quantitativ(- : Jungfleisch, Manipulations de chimie, etc.) permettant de maintenir aussi longtemps qu’on le veut une température uniforme de 105° au maximum (sauf poulies matières albuminoïdes qu’on doit chauffer à 120°) à laquelle on soumet la capsule dont le contenu a déjà perdu la plus grande partie de son eau au bainmarie. Au sortir de l'étuve, les capsules sont couvertes d’un mince obturateur en verre rodé et introduites sous un dessiccateur à acide sulfurique où elles se refroidissent à l’abri de l'humidité. On fait une première pesée après deux ou trois heures do chauffe à l’étuve, puis l’on continue àchaufferpendantuneheure; on s’arrête si la nouvelle pesée ne diffère de la précédente que d’une quantité insignifiante, 1 milligramme par exemple, à moins qu’on n’ait opéré sur très peu de substance, auquel cas l’approximation doit être poussée plus loin.

On a conseillé aussi de faire l’évaporation dans des appareils clos permettant de recueillir les gaz produits par une altération partielle des substances organiques dans des liquides appropriés (voir Urines, p. 55).

Le seul procédé qui soit exact, mais malheureusement trop long, est celui de M. Magnier de la Source (t), plus ou moins modifié par divers auteurs (Gautier, etc.).

On pèse entre deux verres de montre bien rodés t, 2 ou 5 grammes du liquide ou de la substance, on enlève le verre supérieur et l’on place le verre inférieur sous un dessiccateur à acide sulfurique dans lequel on fait le vide à l’aide d’une trompe d’eau. Au bout do 24 heures, on enlève l’acide sulfurique qu’on remplace par de l’anhydride phosphorique, et on laisse encore le même temps au boni duquel le résidu est le plus souvent complètement desséché; on refait la pesée entre les deux verres de montre et l’on obtient l’eau par différence.

On peut accélérer l’évaporation dans le vide en élevant la température du verre de montre à l’aide d’un serpentin parcouru par un courant de vapeur d’eau qui pénètre dans la cloche à dessiccation (Yvon) (2).

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