‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 59 sur 206 · ANALYSE DES URINES. — ACÉTONE. — ALCOOL · texte numérisé non relu

ANALYSE DES URINES. — ACÉTONE. — ALCOOL

diabétiques, ce composé proviendrait, ainsi que l'alcool qu’on a pu extraire en petite quantité par la distillation fractionnée de ces urines, de l'éther éthyldiarétique de Geuther, lequel, sous l'influence des acides forts et des alcalis, se décompose, en effet, comme le montré la formule ci-dessous, en alcool, acétone et acide carbonique :

CH’.CO.CIP.CO.O.CMl' + IFO = CIF.CO.CH’ + C*HhOIl + CO*.

Et l’on a attribué les accidents du coma diabétique (1) à la présence dans l’économie de quantités trop considérables soit de cet éther, soit de son dérivé l’acétone. Cette question a soulevé de sérieuses objections : la coloration brune, par le chlorure ferrique, de l’urine diabétique dans laquelle l’acétone prend naissance est iden différente de la coloration rouge violet que donne l’éther éthyldiacétique. Cotte coloration se produit aussi avec des urines de diabète simple au début et même avec quelques urines non diabétiques (Garnier), ainsi que pendant la période éruptive des maladies exantliémateuses (von Jachsch) (2). On peut exti-aire l’acétone d’urines diabétiques en dehors de la période finale comateuse (le l’affection. Enfin, Cornillon et Mallat (3) ont démontré que les réactions du sel l'errique et de l’acide sulfurique ne se produisent que dans les cas de diabète accompagné d'amaigrissement prononcé et non chez les diabétiques gras, et (|u’elles ne sont dues à aucun des composés suivants : acétone, éther éthyldiacélique, acide acétique, alcool, peptones, etc.

b. Procédés de recherche de l'acétone.

F Emploi de l'iode. — La méthode des distillations fractionnées, appliquée à oO litres au moins d'urine, permettra seule d’obtenir une quantité suffisante du produit pour le caractériser. Jacksch distille simplement un litre d’urine après forte acidulation par l’acide tartrique, de façon à obtenir environ tOO à fSO" de li(iuide qu’il traite ensuite par la potasse et l’iodo pour obtenir la réaction do l'iodoforme. Il est évident que ce procédé n'est pas très exact, puisque l’alcool (jui peut et doit même se trouver dans l'urine, ainsi que d'autres produits, donnent indifféremment la réaction de Lieben. Suivant Jacksch, l’alcool ne fournit dans ces conditions de l’iodoforme qu’au bout de quelques minutes, tandis que l’acétone en donne rapidement.

2“ Emploi de la fuchsine. — A la réaction de riodoforme, il est préférable de substituer la suivante due à M. Chautard ; l’acétone, comme les aldéhydes, fait virer au violet une solution aqueuse do fuchsine (0,2o pour bOO d’eau) décolorée par l’acide sulfureux sans excès. On ajoute à 20 centimètres cubes d’urine qtielques gouttes, 1" au plus, de réactif sulforosanilique; la coloration violette se produit infailliblement s’il y a do l'acétone. Mais la teinte violette, encore sensible avec 1/10.000'd’acétone dans un liquide incolore, peut être masquée par la teinte jaune do l’urine; en ce cas, on distille 200" d'urine très lentement et l'on soumet à la réaction les quinze premiers centimètres cubes du liquide qui passe (4).

(1) Hagen, Coma diabétique, thèse inaugurale, 1884.

(2) Von Jacksch, Malys Jahresherischt, t. II, p. 261.

(3) Cornillon et Mallat, Journ. de pharm. et de c/iim., 1883, t. VIII, p. 49.5.

(4; Chaulard, Bull, de la Soc. chim., 1886, t. XLV, p. 83.

Ce procédé a l’avantage d’être très sensible et de ne rien donner avec l’alcool.

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