‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 94 sur 206 · Dosage de l’hémoglobine par l’oxygène absorbé · texte numérisé non relu

Dosage de l’hémoglobine par l’oxygène absorbé

L’hémoglobine forme avec l'oxygène une combinaison cristallisée, chimiquement bien définie, qui est l’oxyhémoglobine. Cette combinaison se dissocie en oxygène et en hémoglobine chaque fois que, pour une température déterminée, la tension de l’oxygène ambiant tombe au-dessous d'une certaine valeur. Ainsi, à la température de 3:; degrés, la dissociation de l’oxyhémoglobine de sang de chien commence sous une pression en oxygène de 23 millimètres de mercure. Sous l’action du vide, aidé surtout d’une élévation de température, cette dissociation est rapidement complète, et la quantité d’oxygène ainsi recueillie est évidemment dans un rapport défini avec le poids de matière colorante qui l’a fournie. 11 résulte de là que tout procédé de dosage de l’oxygène dans le sang pourra servir à la détermination de l’oxyhémoglobine, à condition que l'on connaisse le volume d’oxygène fixé par l’unité de poids d’hémoglobine.

•A la vérité, le sérum tient en dissolution une petite quantité d’oxygène, soit environ, d’après des déterminations faites par Ilüfner, 0",38 pour tOO centimètres cubes de sérum à 10 degrés. A 37 degrés, la proportion de gaz dissous est plus faible encore et parfaitement négligeable, si l’on considère les autres causes d’erreur que comporte une détermination de gaz du sang. Ajoutons enfin que la forme particulière et inconnue (combinaison avec la lécithine?), sous laquelle l’hémoglobine existe dans le globule sanguin, n’exerce aucune influence sur la ([uantité d’oxygène fixée, puisque la capacité respiratoire d’un sang frais reste la même après destruction du globule et dissolutipn de la matière colorante dans le plasma.

Reste donc à déterminer la quantité d’oxygène que peut fixer t gramme d'hémoglobine. — Ce chiffre peut être prévu par les considérations théoriques suivantes : si l’on admet qu’à un atome de fer dans l’hémoglobine correspond un atome d’oxygène, le rapport constant qui doit a priori exister entre ces deux éléments sera :

Fe 56

d’où :

O = Fe X 0,2837.

Donc, si fOO grammes d’hémoglobine, d’une certaine espèce animale, contiennent 05',42 de fer, la quantité théorique d’oxygène, fixée sera 0*^42 x 0,2837 ou O*',!2 d'oxygène, ce qui fait 0",8369 d’oxygène (1) pour l gramme d’hémoglobine. Or ce chiffre est inférieur à tous ceux qui ont été fournis par l’expé-

(1) Tous les volumes gazeux cités dans ce chapitre sont ramenés, sauf indication contraire, à 0» et à 760-“.

ANALYSE DU SANG. — DOSAGE DE L’HÉMOGLOBINE

rience. Si donc on ne. veut pas admettre de rapport compliqué entre l’oxygène et l'hémoglobine, on peut supposer qu'à un atonie de fer correspondent deux atomes d’oxygène, ce qui ferait 0s%24 d’oxygène pour tOO grammes d’hémoglobine ou 1",67 d’O pour 1 gramme de matière colorante.

Hoppe-Seyler (1), Dybkowski (2), Preyer (3), Hüfner (4) ont cherché à vérifier ces vues théoriques par l’expérience directe, soit en soumettant à l’action du vide ou de l’oxyde de carbone des solutions titrées d'oxyhémoglobine, et mesurant le volume d'oxygène éliminé, soit en déterminant, au contraire, par voie absorptiométrique, le volume d’oxygène absorbé par des solutions d’hémoglobine de richesse connue. Les expériences les jilus exactes, qui sont celles de Hüfner et de ses élèves, ont fourni les résultats suivants: 1 gramme d’hémoglobine, en se transformant en oxyhémoglobine, fixe les quantités d'oxygène suivantes, che/. les diverses espèces animales :

Chien. 1",58

Porc. 1 ,68

Cheval. 1 ,83

L’iiémoglobine de cheval, qui contient la plus forte proportion de fer (06%47 p. 100), fixe aussi, comme on le voit, le plus gj-and volume d’oxygène. Le volume théorique, calculé comme il a été dit plus haut, est de 1",85.

Ces données permettent de calculer la richesse en matière, colorante d'un sang dont on a déterminé la capacité respiratoire, c’est-à-dire la quantité maxima d’oxygène fixée après agitation du sang à l’air. Les procédés de dosage de l'oxygène dans le sang ont été étudiés ailleurs. Nous nous contenterons de rappelciici que le procédé à riiydrosulfite et l’exti'action par la pompe à mercure ne fournissent jamais des résultats concordants. 11 se produit, en effet, dans b' second cas, par suite de phénomènes d’oxydation, une consommation d’oxygène qui peut atteindre 4 à G centimètres cubes de gaz pour 100 centimètres cubes de sang. Cette circonstance rend très incertaine la transformation en poids d’bémoglobine des résultats fournis par la pompe à mercure. Le procédé à l'hydrosulfite est beaucoup plus exact, mais les résultats qu’il fournit ne pourront, en toute sécurité, être traduits en poids d'iiéiiioglobine, que lorsqu’on aura dosé à l’hydrosulfite l’oxygène fixé par des solutions titrées d’hémoglobine et déterminé à nouveau, par ce moyen, les constantes que. nous venons de citer.

Page 1