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Dosage de l’hémoglobine par le fer

Les analyses de C. Schmidt (o), lloppc-Seyler (6), Kossel (7), Biicheler (8),

(1) Iloppe-Seyler, Med. chem. Untcrsucb, Hcfl II, Tubingen, 1868.

(2) Dyhkowski, Ibid., Hefl I, 1866.

(3) Preyer, De hemoglobino observationes, de... Diss. Bonn, 1866, p. 19.

(4) Hüfner, Journ. f. prakt. Chem., t. XXII, p. 36-2. — J. Otto, Zeitschr. f.phtjswl. Chem., t. Yll, p. 37, 1883. — Hüfner et Büchelcr, Ibid., t. YllI, p. 358, 1884.

(3) A. Bôttchcr, Ueber Blutkryslalle. Dorpat, 1862, p. 33.

(6) Hoppe-Seyler, Med. chem. Unters. Tlibingen, p. 370.

(7) Kossel, Zeitschr. f. physiol. Chem., t. 11, p. 130.

(8) Büeheler, Beitraye zur Ken7it7tiss d. Pferdeblulfabsioff's. Dissert, inauy. Tüblngcn, 1883, p. 13.

montrent que les proportions de fer que renferment les diverses especes d'hémoglobine sont les suivantes :

Homme. 0,42 p. 100 de fer.

Rœuf. 0,42 —

Chien. 0,43 —

Oie. 0,43 —

Cheval. 0,47 —

Cobaye. 0,48 —

Si donc on admet que tout le fer contenu dans le sang provient de l’hémoglobine et si l’on désigne par f la quantité de fer déterminée dans les cendres de 100 grammes de sang, le poids x d’hémoglobine qui correspond à ce poids de fer sera, s’il s’agit par exemple de sang humain :

Tel est le principe. Le manuel opératoire proposé par Pclouze est le suivant. On évapore doucement, dans une capsule de platine d’un quart de litre de capacité, une quantité pesée de sang, de 100 à 130 grammes. Le résidu est calciné au rouge sombre pendant deux heures, puis épuisé à chaud par 10 centimètres cubes d’acide chlorhydrique étendus de leur poids d'eau. On ajoute ce liquide par portions, que l’on transporte chaque fois à l’aide d’une pipette sur un petit filtre (le Berzélius installé sur un ballon gradué. Chaque épuisement est suivi d’une calcination, et ces opérations sont répétées jusqu’à ce que le charbon ait entièrement disparu. Finalement on calcine le filtre lui-môme; sa cendre est traitée par l’eau acide, et la liqueur claire qui en résulte est jointe directement à celles qui proviennent des opérations précédentes. Cette solution, étendue à 300 centimètres cubes, est additionnée de 10 centimètres cubes d’une solution de sulfite de soude à 10 p. 100, puis chauffée et maintenue à l’ébullition pendant trois à quatre minutes. Le liquide refroidi est étendu au litre, et le sel ferreux qu’il contient est dosé à l’aide du permanganate de potasse.

11 est avantageux d’opérer la calcination du résidu dans un fourneau à moufle de Wiesnegg et de ne pas dépasser le rouge faible. Lorsque la calcination a été faite à une trop haute température ou qu’elle a duré trop longtemps, la dissolution de l’oxyde ferrique est très lente et exige pour être complète toute une journée et même davantage. Il faut se rappeler, en outre, que le dosage du fer par le permanganate n’a toute l’exactitude désirable qu’en solution sulfurique, ainsi que l’a démontré Frésénius (I).

En solution chlorhydrique, le dosage n’est possible qu’en présence de quantités d’acide très faibles et fortement diluées. Pour cette raison, il est préférable de traiter les cendres par de l’acide sulfurique dilué, auquel on ajoute une quantité aussi faible que possible de chlorate de potasse. On chauffe ensuite pendant un temps suffisant pour éliminer tous les produits chlorés, et on procède à la réduction à l’aide de quelques fragments de zinc exempt de fer (2). 11 est bon de ne pas

(1) FriSsdnius, Traité Ctanalyse chimique quantitative; traduction de Forthoramc, 4‘> édition, p. 236.

(2) On évite ainsi l'emploi du bisulfite et l’élimination de l’acide sulfureux qui exige une ébullition assez prolongée.

ANALYSE DU SANG. — DOSAGE DE L’HÉMOGLOBINE

prendre la solution de permanganate trop étendue, mais telle que i centimètre cube corresponde environ à 0s'',002 de fer; 25 centimètres cubes de la solution sont capables alors de peroxyder le fer d’environ tOO grammes de sang. En se servant d’une burette graduée au 1/20 de centimètre cube, on peut restreindre la prise de sang à 50 grammes, et dissoudre les cendres dans un volume total de liquide de 100 centimètres cubes. On pourra faire ainsi trois ou quatre essais successifs sur 20 ou 25 centimètres cubes chaque fois.

Ce procédé présente le très grave inconvénient d’exiger une trop grande quantité de sang, de nécessiter des manipulations chimiques longues et délicates. En outre, par suite de la faible teneur en fer de l’hémoglobine, les erreurs sont multipliées par le facteur 238. Le plus fort écart que présentent les dosages de Pelouzc est de 0*'’,0014 de fer pour 100 grammes de sang, ce qui correspond à 0 ®l 33 d’hémoglobine. Enfin, il est probable que le sérum contient de petites quantités de fer en voie d’élimination, puisque, d’après Magnier (1), l’urine de l’homme à l’état de santé contient de 0*',01 à 0*'',003 de fer par litre. Ce procédé constitue néanmoins un contrôle utile des autres méthodes.

Nous devons signaler encore, parmi les procédés chimiques, le procédé décolorimélrique de M. Quinquaud (2), fondé sur l’action décolorante que l’eau de chlore exerce sur le sang. Cette action est malheureusement variable selon la concentration de l’eau chlorée, la rapidité du dosage, etc... (3).

B. Métliodes ebromométriques.

Elles sont fondées sur ce principe, vérifié par l’expérience, que si deux solutions examinées dans les mêmes conditions d’épaisseur et d’éclairement présentent la même intensité de coloration, leur richesse en matière colorante est la même. D’une manière plus générale, on peut dire que deux solutions qui, dans les memes conditions, présentent un même effet optique déterminé, contiennent des quantités égales de matière colorante.

Ceci posé, il y a deux façons générales d’opérer.

On peut étendre d’eau le sang à examiner jusqu’à ce qu’il soit arrivé à une couleur type, ou en général à un effet optique donné, auquel correspond une richesse connue en matière colorante. Dans cette catégorie rentrent les procédés lloppe-Seyler, de Worm-Müller, de Jolyet et Laffont, de Bizzozero, de Dreyer et Lesser. Ce sont les méthodes à étalon fixe.

On pourra, au contraire, étendre le sang d’un volume d’eau toujours le même, et approcher successivement la solution obtenue d’une série d’étalons colorés, jusqu’à ce qu’on en ait trouvé un dont la teinte soit identique à celle de la dilution sanguine. La valeur de chaque degré de l’échelle colorée étant connue, on pourra évaluer ainsi la quantité d’hémoglobine contenue dans le sang. Ce sont les méthodes à étalon variable.

Dans cette deuxième catégorie prendront place les procédés de YVelcker, Hayem, üuincke, Mantegazza et Malassez.

(1) Magnier, Ber. d. d. chem. Gesellsch., Vif, p. 1796.

(2) Quinquaud, Soc. de Biol., 1882.

(3) Lambling, Des procédés de dosage de l’hémoglobine, Th. Nancy, 1882, p. 66.

Pour un grand nombre de ces procédés, le point de départ est fourni, soit par une numération des globules (appareils ou procédés de Welker (t), de llayem (2j, de Mantegazza (3), soit par la comparaison avec un sang « normal « (appareil de Worm-Müller (4), de Quincke (o), de Bizzozero (6). Or, il semble bien prouvé aujourd’hui que le globule physiologique n’est pas une unité d'une puissance colorante invariable. Il est également inexact d'admettre qu'à l'état normal la richesse du sang en hémoglobine est assez constante pour que la couleur d'un sang normal puisse servir de point de départ dans la graduation d'un appareil chromométrique (7). Tous ces procédés donnent donc, pour ces deux raisons, des résultats incertains, qu’il est impossible de comparer entre eux d’un appareil à l’autre, souvent même, pour un appareil donné, d’un observateur à l’autre (8). Ces procédés doivent donc être écartés. Quant aux autres, nous allons les j)asser rapidement en revue.

i. Procédé de Hoppe-Seyler (9).

Ce procédé consiste à comparer le sang à analyser avec une solution titrée d’oxyhémoglobine cristallisée, bien pure, préparée à l’aide du sang de chien, d’oie ou, mieux encore, de cheval. Le sang et la liqueur normale sont introduits dans de petites cuves en verre, à faces parallèles, que Ton observe par transparence sur un fond blanc. Il faut pour arriver à l’égalité de teinte ajouter peu à peu de l'eau au liquide sanguin, ce que l’on fait à l’aide d une burette graduée et en agitant le mélange avec soin. Des volumes égaux des deux solutions sont supposés contenir alors la même quantité d'hémoglobine.

On a déjà été amené à dire précédemment (p. 10) quel est le phénomène d’optique qui rend ce procédé peu sensible. En outre, la solution normale ne se conserve pas pendant plus de huit jours; sa préparation exige beaucoup de temps et ne saurait se faire commodément qu'en hiver. Uajewski (10) a essayé de remédier à cet inconvénient en remplaçant la liqueur normale d'oxyhémoglobine par une solution de picrocarminate d'ammoniaque. Mais cette solution, quoique beaucoup moins altérable, pâlit néanmoins au bout d’un certain temps, ce qui rend nécessaire un nouveau titrage à l’aide d’une liqueur normale d’hémoglobine.

(1) Welker, Yierleljahrssch. f. d. prakt. Heilkunde, t. XLIV, 1834.

(2) Hayeni, C. R. de la Soc. de Riol., 1877.

(3) Malas.scz, .irclt. de phijsiol., 1877.

(4) Voy. Ibid.

(3) Quincke, .irch. f. path. anal., t. LIV, 1872.

(6) Bizzozero, .iUi d. R. Acad. d. Scienze di Torino, 1879.

(7) C est eo que iléinontrent surabondamment les dosages de fer exécutés par Becquerel et Rodier chez l'iiommc sain (voy. Gautier, Chimie appliquée à la physiologie, etc., et les dosages d'hémoglobine de Leichtenslern IJJeher den llæmoglobutingehalt des Blutes in gesumlen u. kranken Zuslænden. Leipzig, 1878).

(8) Voy. Lambling, loc. cil., p. 133 et suiv.

(9) Hoppe-Seyler, Traité d'analyse chimique appliquée à la physiologie, etc., traduit par Schlagdenhauffen. Paris, 1877, p. 437.

(10) Rajeivski, Arch. de Pflûger, 1873, t. XII, p. 73.

ANALYSE DU SANG. — DOSAGE DE L'HÉMOGLOBINE

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