Journal des savants, 1759, p
t Éq. : (C4H4)C4H404.
I At. : C2H5.G2H502.
HISTORIQUE
Scheele1 2, en 1782, prétendit que la formation directe de l’éther acétique était impossible, et que la présence d’un acide minéral, acide chlorhydrique ou sulfurique, la rendait au contraire très facile. Gœrner en 1800, Buchloz en 1805, Schultz et Lichtemberg en 1806, confirmèrent cette assertion. Cependant, à la même époque, Fourcroy5 avait repris les expériences de Lauraguais relativement à l’éthérification directe de l’alcool par l’acide acétique et vérifié leur exactitude.
Ce fut Thénard, dans son étude sur les éthers composés, qui jeta le premier jour sur le mode de préparation et les propriétés de ce corps ; ce furent Dumas et Boullay, dans leur fameux mémoire sur les éthers composés, qui établirent sa constitution.
FORMATION
1. L’éther acétique se produit pendant la fermentation alcoolique du raisin; on le rencontre en quantité notable dans la plupart des vins et dans le vinaigre de vin. (Pontier.)
2. Il se forme quand on fait réagir l’acide acétique cristallisable sur l’éthylsulfate de potassium, ou sur un mélange d’acide sulfurique et d’éther ordinaire; il se forme probablement dans le second cas, et passagèrement, de l’acide sulfovinique. (Liebig.)
5. On fait réagir l’iodure d’éthyle sur l’acétate d’argent (Würtz), ou sur l’acétate de potassium à 200° en vase clos. (Schlagdenhaufen.)
PRÉPARATION
On fait réagir sur l’alcool en présence d’acide sulfurique l’acide acétique ou un acétate alcalin.
1. On distille un mélange de 20 p. d’alcool à 90 %> 20 p. d’acide acétique (D=l,063) et 6 p. d’acide sulfurique concentré. Le produit distillé est purifié comme dans le procédé suivant. (Thénard.)
2. On introduit dans une cornue 10 p. d’acétate de sodium fondu et pulvérisé, ou 20 p. d’acétate de plomb desséché ; on verse dessus, par petites quantités, un mélange fait à l’avance et refroidi, de 6 p. d’alcool à 95 % et de 15 p. d’acide sulfurique concentré; on distille tant qu’il passe de l’éther acétique. (Liebig.) On agite le produit avec une solution concentrée de chlorure de calcium additionnée d’un lait de chaux, afin d’absorber à la fois l’alcool et l’acide non combinés entraînés par la distillation. On décante, on fait digérer sur du carbonate de potasse fondu pour enlever l’eau, on décante de nouveau et on rectifie à point fixe.
Lorsque le produit distillé renferme beaucoup d’alcool, l’éther acétique se sépare difficilement même en présence d’une grande quantité d’eau, et comme
1. Expérimenta atque adnotationes super ætherisnaturam. Nova acta reg. suec. 1782. Opuscula chymica, t. II, p. 132.